Installé depuis deux ans dans sa boutique La Maison du bouquetier, le fleuriste biterrois revendique une fleuristerie artisanale face à la concurrence des grandes surfaces.
Dans sa boutique aux allures de brocante, les plantes, les fleurs, fraîches ou séchées, sont à la parade. Chez Maxime Carmona, artisan fleuriste à Béziers, le bouquet se pense comme une signature.
À l’origine, le jeune Biterrois voulait être styliste. Direction Paris et la Chambre syndicale de la couture, l’école mythique qui forma autrefois Yves Saint-Laurent. Diplôme en poche, la réalité du secteur le rattrape vite : la mode est un milieu exigeant, coûteux, où il est difficile de trouver sa place.
Habiller ses bouquets
« J’ai toujours aimé les fleurs. J’ai fini par me dire que je pouvais m’essayer à un univers artistique autrement. » De retour dans la cité de Riquet, il se forme auprès de Roland Bruniquel, fleuriste bien connu des Biterrois. L’expérience est décisive. Il ouvre bientôt sa boutique, La Maison du bouquetier, qui fêtera ses 2 ans le 14 mai.
Dans son atelier, l’ancienne passion pour la couture n’est jamais très loin. « J’aime habiller mes bouquets, explique-t-il. Les papiers sont choisis avec soin, les rubans noués comme une touche finale. Chaque composition est pensée comme une pièce unique. Il y a un vrai lien entre la couture et la fleuristerie : la matière, la couleur, l’équilibre. »
Manque de visibilité
Dans ce quartier du Champs-de-Mars, animé par le marché du vendredi, le fleuriste a choisi un emplacement pratique, avec du stationnement à proximité. « Ce n’est pas le centre-ville, mais c’est plus accessible. » Pourtant, même après deux ans d’activité, il peine encore à se faire connaître.
Il faut reconnaître que le contexte n’est pas forcément porteur pour le petit commerce local : désertion du centre-ville, crise économique et concurrence forcenée des grandes surfaces… Difficile de s’en sortir face à une concurrence qui propose un bouquet de roses à 5 €.
Travail en circuit court
« On se demande parfois comment c’est possible », soupire l’artisan. Lui privilégie les fleurs de saison, souvent françaises, les spécimens originaux comme cette rose veggie, toute verte, et tente de travailler en circuit court. « La qualité et le travail artistique, certains clients le voient. Mais tout le monde ne peut pas se le permettre. »
Malgré tout, la passion demeure intacte. Dans la boutique, on trouve fleurs fraîches, compositions séchées, plantes, tableaux végétaux ou roses éternelles, ces fleurs naturelles conservées à la glycérine. Tout est réalisé sur place, avec le souci du détail et de l’artisanat.
Joli coquelicot
Quand on lui demande sa fleur préférée, la réponse surprend : le coquelicot. « C’est une fleur qu’on ne peut pas couper, elle meurt aussitôt. » Il en porte même un tatoué sur le bras. Fragile, poétique, presque impossible à dompter. Un peu comme l’art de la création florale qu’il défend chaque jour.
« Avec les fleurs, on peut tout imaginer. » Guirlandes lumineuses, fils de fer, compositions inattendues : l’artisan aime expérimenter. « C’est ça qui fait la différence entre un vendeur et un artisan. »
Le nom de son commerce, La Maison du bouquetier, n’a pas été choisi au hasard. « Maison, comme dans la couture. Et bouquetier, un vieux mot qui désignait à la fois celui qui fait les bouquets et le vase qui les contient. » Une façon de résumer son métier : entre tradition, geste et imagination.






