Pour sa 29e édition, Fiest’à Sète promet d’être le festival des musiques du monde fou, fou, fou, fou !

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La 29e édition du festival des musiques du monde, du 18 juillet au 3 août à Sète et alentour, propose une des affiches les plus originales de l’été dans la région, en privilégiant la qualité sur la notoriété.

Bien sûr qu’il y a toujours une maladresse dans l’appellation “musiques du monde” puisque par celle-ci, on entend toutes les musiques qui ne seraient pas du nôtre. Mais derrière la maladresse, la bonne adresse : Fiest’à Sète ! L’endroit qui met à l’envers. Le meilleur des lieux où découvrir le meilleur des musiques du monde et enrichir, ce faisant, le nôtre, l’élargir, et le sourire aussi ! On ne va se mentir : par les temps qui courent (dans une direction qu’on laisse à votre discrétion lucide), une telle invitation ne se refuse pas, elle se réserve ! Plus que jamais cette 29e édition qui mérite, nous semble-t-il, d’être saluée dès à présent par l’intermédiaire de nos réservations anticipées, pour le choix qu’elle a fait, plus singulier qu’il n’y paraît : privilégier la qualité sur la notoriété.

1 – Rogê + Gilsons

Pour lancer sa série de grandes soirées au Théâtre de la Mer, cette 29e édition a choisi de nous embarquer au Brésil avec Rogê et Gilsons. Figure du renouveau de la Musica populeira brasilia (MPB), frère d’armes de Seu Jorge, désormais installé à Los Angeles, Roger José Cury, dit Rogê, a mis sa voix délicieusement suave au service d’une version moderne, racée, du sambalanço, cocktail carioca irrésistible de samba et de funk.

Quant à Gilsons (un mot-valise), il s’agit du projet de Francisco, João et José Gil, fils et petit-fils de la légende vivante Gilberto Gil : créé en 2018, le groupe compte aujourd’hui parmi les plus excitants du Brésil, grâce à une musique solaire fusionnant pop, samba, reggae, rock, rythmes bahianais et touches MPB. Mercredi 29 juillet. 42 €.

2 – Nana Benz du Togo + Fatoumata Diawara

La deuxième soirée sera féminine, festive et mandingue. Composé de trois chanteuses volcaniques Lady Apoc, Parus Kekeli et Queen Aroufo, et deux musiciens jouant sur des instruments de leur fabrication issus du recyclage d’objets en plastique et en métal, le quintet Nana Benz du Togo délivre sa bonne parole féministe, écologique et émancipatrice sur des rythmes electro-funk garage proches de la transe.

Si la chanteuse et (remarquable) guitariste Fatoumata Diawara a sans doute gagné en popularité en France grâce à sa collaboration avec Matthieu Chedid au sein de Lamomali, son talent ne doit rien à personne. Déjà invitée à Sète (et toujours au top), elle reviendra avec un nouvel album, Massa, semble-t-il très personnel. Jeudi 30 juillet. 46 €.

3 – Robert Finley + Fantastic Negrito

Ce n’est pas si fréquent que Fiest’à Sète nous invite à fouler le territoire états-unien mais ce n’est jamais pour rien. Cet été, ce sera pour applaudir les artistes actuellement les plus géniaux de la soul et du blues réunis. Le premier est un papy Louisianais de 72 ans, grand échalas un peu courbé par l’existence et à moitié aveugle, doté d’une voix chaude, bouleversante, sublime. Hébergé par Dan Auerbach (The Black Keys) sur son label Easy Eye Sound, il a signé quatre albums indispensables en huit ans, le dernier, Hallelujah ! Don’t Let The Devil Fool Ya, ajoutant une nuance gospel à son swamp-blues psychédélique.

Jamais venu dans la région, son cadet Fantastic Negrito, 58 ans, après avoir tout connu (famille très nombreuse, enfance dans la rue, délinquance, drogues, accident de la route, coma, traversée du désert) s’est imposé en dix ans comme la voix la plus originale du blues contemporain. Plume sincère, composition moderne (et soucieuse de la mélodie – une rareté dans le genre), interprétation intense, personnalité excentrique… Le choc de cette édition ? Vendredi 31 juillet. 46 €.

4 – Omar + Michelle David

Révélé il y a trente-cinq ans par There’s nothing like these, tube soul-jazz à la classe soyeuse, le chanteur anglo-jamaïcain Omar Lye-Fook, alias Omar, n’est pas devenu une superstar, façon Seal, mais mieux : un artiste toujours passionnant, jamais pris en défaut d’élégance. Sorti l’an passé, son dernier album en date, Brighter the days, est un parangon de soul sophistiquée qui renvoie aux meilleures années de Stevie Wonder ; pas rien donc !

Moins raffinée mais ô combien euphorisante, la musique défendue par le quatuor américano-néerlandais Michelle David & The True Tones s’inscrit dans la mouvance rétromaniaque de la défunte Sharon Jones ; autrement dit, on jurerait être du côté de Memphis aux alentours de 1965, quand le rhythm’n’blues glisse vers la soul, et on est bien ! Samedi 1er août. 42 €.

5 – Sissoko & Faccini + Dhafer Youssef

Après la fièvre, la rêverie paisible, profonde, spirituelle. Le duo formé par le folk singer cévenol à la voix de velours Piers Faccini et le joueur de kora malien aux doigts de sorcier Ballaké Sissoko, a signé l’un des plus beaux albums de 2025, Our calling, Sur scène, il n’est qu’à se taire et fermer les yeux pour laisser leur magie opérer ; quand on les rouvre, on est ailleurs ou higher. Fin prêt pour Dhafer Youssef dans tous les cas !

Grand maître tunisien du oud, vocaliste hallucinant et compositeur toujours inspiré, cet artiste exceptionnel est lui aussi auteur d’un des plus beaux disques de l’an passé Shiraz, dédié à l’amour de sa vie, sur lequel il est quasi impossible de ne pas pleurer d’émotion ! Dimanche 2 août. 44 €.

6 – Alfredo Rodriguez + Son Rompe Pera

Un Fiest’à Sète sans une soirée latine, et puis quoi encore ? Avec le pianiste Alfredo Rodriguez, virtuose quadra à l’alacrité irrésistible, le jazz afro-cubain déboutonne sa chemise, braque quelques standards à la pop et se dévergonde sur la piste de transe. Il sera en sextette avec aux percussions, le démentiel Pedrito Martinez, et le public, logiquement en sueur !

Après, la foule sera fool, et mûre pour Son Rompe Pera. Originaire de Naucalpan, en banlieue de Mexico, cette formation hallucinante à l’esprit punk place deux marimbas à l’épicentre de sa tornade de rythmes traditionnels mexicains et colombiens, guitares psychédéliques, et éléments de cumbia, danzón, le rock, le ska. Des dingues, probables révélations de cette édition ! Lundi 3 août. 44 €.

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