Des multiples domaines, il ne reste plus entre ses mains que celui de Cazilhac, au Bousquet d’Orb, dans l’Hérault. Les Leroy-Beaulieu comptent des ingénieurs, députés, gérants de fortune et comédiens avec Philippe et sa fille Philippine, l’une des têtes d’affiche de la série "Emily in Paris".
Pierre Leroy-Beaulieu, par héritage ou par achat, était à la tête de trois propriétés d’envergure dans l’Hérault : le château de Cambous, à Viols-en-Laval, celui de Montplaisir aux portes de Lodève, et celui de Cazilhac, au Bousquet d’Orb.
Sur fond de guerres successorales, ne reste désormais que le dernier cité. C’est l’arrière-petit-fils Arthur, 35 ans, gérant de fortune bruxellois, qui en a hérité. Un cèdre du Liban vieux de plusieurs siècles vous accueille. Pénétrer dans le château revient à faire une plongée dans l’histoire… Un lustre d’antan peuplé de chaises d’époque, de tapis moelleux et, aux murs, de tableaux des ancêtres.
L’un d’eux a plus marqué les esprits que les autres. Michel Chevalier « avait une fortune colossale« , explique son descendant. Il fut député, sénateur et président du Conseil général de l’Hérault. L’une de ses filles épousa un Leroy-Beaulieu, Paul. Mais ce dernier, moins doué que son beau-père et que son fils Pierre, a régulièrement échoué dans la course à la députation.
Michel Chevalier, conseiller de Napoléon III, était un ardent promoteur du libéralisme. Il avait imaginé un tunnel sous la Manche bien avant qu’il se réalise. Il était parti aux États-Unis s’inspirer du développement du chemin de fer en 1820. C’est probablement lui qui a planté les germes américains chez son petit-fils Pierre. Tous les deux étaient brillants, polytechniciens et innovateurs dans l’âme.
Dans la famille, on se transmettait de génération en génération un bec-de-lièvre héréditaire et la fièvre de la politique. Un autre Pierre a repris le flambeau : il fut député-maire d’Agde de 1971 à 1989. Une autre branche a opté pour le cinéma, avec le comédien Philippe Leroy-Beaulieu et sa fille Philippine, la maman du film Trois hommes et un couffin en 1985 et l’une des têtes d’affiche de la série Emily in Paris.
La tradition politique familiale s’est perdue, tout comme la transmission des mêmes prénoms, Pierre et Paul, en sautant à chaque fois une génération. Mais Arthur Leroy-Beaulieu n’a pas dit son dernier mot. La politique ? « ça me taquinera un peu plus tard ». Il espère convaincre son épouse de baptiser son prochain enfant, si c’est un garçon (il a déjà deux filles), du prénom de Paul ou de Pierre. Il ne ferme pas non plus la porte à un rachat de l’immense domaine de Montplaisir, aujourd’hui aux mains d’un oligarque russe mais dont la rumeur court qu’il pourrait être remis à la vente. Arthur Leroy-Beaulieu se voit bien transformer les lieux en résidence hôtelière. Et il ne s’interdit pas de demander à ses enfants, aujourd’hui en bas âge, de le vouvoyer, comme il le faisait avec ses parents.








