La Coordination rurale de la Lozère a fait une action symbolique devant la préfecture, à Mende, lundi 23 mars 2026 dans l’après-midi.
Pour la mobilisation organisée lundi 23 mars 2026 par la Coordination rurale de la Lozère, pas de tracteur. « On est à l’économie. Avec le prix du GNR (gazole non-routier, NDLR), on ne peut pas déplacer les tracteurs comme ça », pose Gilles Estevenon, trésorier du syndicat agricole.
« Il a doublé ! »
Et c’est bien ce prix du carburant qui est à l’origine de l’action du jour. « On le payait 70 centimes le litre en janvier, maintenant il peut atteindre 1,40 €. Il a doublé ! », poursuit-il.
Les agriculteurs demandent donc un plafonnement du prix de ce GNR, qui fait tourner les tracteurs et autres machines agricoles. « On réclame le plafonnement à 83 centimes, formule Caroline Pages-Jourdan, pour pouvoir continuer à travailler. Quand il atteint ce prix-là, l’État renonce à ses taxes ou les baisse. »
Des charges en hausse
Elle poursuit : « Le prix du lait a déjà bien dégringolé. On a peur que les autres cours suivent. Inévitablement, les transporteurs vont augmenter leurs tarifs, et on comprend bien pourquoi quand on voit la hausse du coût du carburant. » Et de prédire : « Toutes les denrées alimentaires vont augmenter, mais aussi les engrais ou les plastiques d’enrubannage. » Les agriculteurs craignent que l’augmentation des charges mette le budget de leurs exploitations et leurs revenus en péril.
Si la plupart des agriculteurs ont des stocks de GNR, les réserves vont baisser. « Ça augmente pile au moment où il va falloir aller faire les travaux, regrette l’agricultrice. Sur des systèmes de montagne comme ici, on a plus de charges parce que les terres sont morcelées, il y a plus de kilomètres à faire. »
On n’a pas le choix, on doit sortir les tracteurs
« Au printemps, il y a les semis, les épandages de fumier, d’engrais. Après, c’est la fenaison qui arrive, puis la moisson. On n’a pas le choix, on doit sortir les tracteurs, et eux, ils ne boivent pas de l’eau », énumère Gilles Estevenon.
Contrairement aux chevaux de trait, que les agriculteurs avaient symboliquement amené devant la préfecture, de même que des tracteurs à pédales et des bidons porteurs de messages reflétant leurs inquiétudes et leurs revendications. Ces revendications, ils s’apprêtaient à aller les exposer au préfet de la Lozère, qui leur avait accordé une entrevue.
S’ils avaient appelé les professionnels touchés par l’augmentation du prix du carburant, ainsi que les particuliers, à les rejoindre, seuls les agriculteurs étaient au rendez-vous mardi. Ils espèrent toutefois que d’autres voix viendront se joindre aux leurs.








