Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné ce jeudi 19 mars 2026 un habitant du quartier Bellevue, à Nantes (Loire-Atlantique), pour avoir « incendié un véhicule », « dégradé les serrures » et « harcelé » ses voisins entre janvier 2025 et janvier 2026.
Les gendarmes étaient intervenus le 21 décembre 2025 sur un parking privé de la rue de Joigny après l’incendie d’une Dacia et des dégradations sur une Volkswagen Polo appartenant à deux membres du conseil syndical : sur les caméras, ils avaient vu que l’auteur des faits était entré sur le parking « grâce à un badge », avant d’incendier la voiture à l’aide « d’un jerrican ».
La propriétaire du badge avait expliqué que l’objet avait été volé par son voisin de palier : Michel B, qui lui faisait vivre « un cauchemar » depuis 2022. Ce retraité de 66 ans avait notamment apposé « la photo, l’identité et le métier » de Patricia B. dans des « courriers diffamatoires », qu’il avait ensuite distribués « dans les 167 boîtes aux lettres de la résidence ».
Cette surveillante pénitentiaire était également la cible de propos sexistes, comme le jour où il avait évoqué « ses belles fesses ». Mais Patricia B. a « beaucoup d’imagination », a répliqué ce jeudi 19 mars 2026 Michel B. lors de son procès : il avait « simplement flatté son leggings », a-t-il assuré.
Un groupe WhatsApp « pour savoir s’ils peuvent sortir les poubelles »
Jocelyne D., propriétaire de la Volkswagen Polo endommagée, a elle aussi décrit le prévenu comme un homme qui « harcèle » et « espionne » toute la copropriété. La situation est devenue « intenable » pour cette femme qui « n’ose plus sortir » de chez elle et dont la santé « se dégrade ». Cinq autres membres du conseil syndical – dont le prévenu avait été évincé en 2019 faute de réélection – avaient aussi subi les affres de Michel B. : ils ont dû « changer leurs serrures » après que des « fils de fer » ou « tiges de cuivre » y ont été insérés.
La Citroën de Jean-Yves C. avait elle aussi eu « trois pneus crevés », tandis que la Dacia d’Hubert C. avait vu sa vitre « brisée » et de la « peinture » enduite « sur sa carrosserie » avant d’être finalement incendiée quinze jours plus tard.
Devant le tribunal correctionnel de Nantes, cet homme a expliqué avoir préféré « arrêter de répondre » à Michel B., pensant qu’il « se calmerait »… mais il se dit aujourd’hui « très inquiet ». « Je ne vois pas comment il peut revenir vivre à la résidence pendant que nous, on y sera », confie Hubert C.
Les habitants de la résidence de la Harlière – qui ont « fait un groupe Whatsapp pour savoir s’ils peuvent sortir leurs poubelles » – se disaient d’autant plus « inquiets » qu’ils ont appris « dans le journal » que le prévenu avait « aspergé deux SDF d’essence ». En effet, Michel B. a été condamné en octobre 2022 pour des « violences avec arme » après avoir tenté de faire fuir deux sans-abris que « le syndic avait laissés s’installer dans les issues de secours ».
Il est « la cible de forces invisibles »
« J’allais en réveiller un qui manquait de m’attaquer avec une seringue », a recontextualisé Michel B.
Je me suis doté d’une bouteille d’essence et de gaz, je suis retourné les voir et ils se sont tous les deux approchés de moi, donc je les ai aspergés.
Son casier fait toutefois état d’une deuxième mention, relative cette fois-ci à d’autres « violences »… commises sur Jean-Yves C., le propriétaire de la Citroën crevée. Mais tout cela relève d’un « complot » selon le prévenu : « en écoutant aux portes », il a compris qu’il s’agissait de « mises en scène »… Quelqu’un de « très initié » s’est même « introduit sur son adresse mail » pour « regarder les dates de ses billets d’avion » et « caler une réunion en sachant qu’il ne serait pas là ».
Pourtant, c’est bien lui qui « pourrit la vie de toute la copropriété », d’après Me Agathe Bignan, avocate des victimes. « C’est l’anti-thèse d’Amélie Poulain, qui elle fait du bien à tout le monde dans l’immeuble », dénonce l’avocate.
Cet ancien agent de maintenance dans une entreprise de chimie a été décrit par un expert psychiatre comme « un homme en grande souffrance » qui « se dit être la cible de forces invisibles ». D’après l’expert, le prévenu « était atteint au moment des faits » par un trouble qui « se rapproche d’une psychose paranoïaque » et qui « a altéré son discernement ». Un traitement « à base de psychotropes » a été recommandé afin de limiter la mise en place d’une « réelle psychose paranoïaque », rappelle la présidente.
Un retraité qui « agit de façon perverse »
La procureure de la République avait requis pour sa part trois ans de prison et trois ans avec sursis probatoire pour ce retraité qui « agit de façon perverse » et qui « a une forte détestation pour ses voisins ».
Le tribunal correctionnel de Nantes – qui a tenu « compte de l’altération du discernement » de Michel B. – l’a condamné à un suivi socio-judiciaire de quatre ans : il sera obligé de suivre des soins, aura interdiction d’entrer en contact avec ses victimes et de paraître à la résidence de la Harlière. Inéligible et interdit de port d’arme pour cinq ans, le retraité encourt deux ans de prison en cas d’inexécution de ces obligations. Il devra enfin indemniser ses victimes.
KL et GF (PressPepper)
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