"Laisser un enfant sans surveillance, c’est inhumain" : une jeune Nîmoise enferme son fils de 2 ans dans la chambre pour faire la fête à Montpellier

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La jeune mère, âgée de 22 ans, a été jugée ce lundi 23 mars pour avoir laissé son jeune enfant seul, sans surveillance, à son domicile à Saint-Gilles. Une mise en danger qu’elle ne reconnaît pas totalement. Elle a été condamnée à une peine de sursis simple par le tribunal de Nîmes.

Une mère irresponsable ? C’est ce qu’a tenté de déterminer le tribunal correctionnel de Nîmes, ce lundi 23 mars. Dans le box des prévenus, une jeune femme, âgée de 22 ans, jugée pour avoir laissé son enfant de deux ans et demi, seul, pendant toute une nuit, à son domicile à Saint-Gilles, pour faire la fête à Montpellier.

La prévenue se défend d’avoir abandonné son fils

« Ce sont les policiers municipaux qui ont retrouvé votre fils enfermé à clé dans la chambre. Quand ils vous ont appelé, vous étiez sur la route du retour, vers Lunel, en train de conduire, bien que vous n’ayez pas le permis », précise Fabien Chenevier, le président du tribunal. Une infraction que la prévenue confirme, expliquant que son compagnon avait trop bu et avait consommé des stupéfiants. Il ne pouvait, par conséquent, pas prendre le volant. Les dépistages la concernant se sont, eux, avérés négatifs.

En revanche, en ce qui concerne « l’abandon » de son enfant, elle apporte une explication différente. « C’est mon frère qui devait le garder. Il devait arriver quand on partait », déclare-t-elle face au tribunal. Sauf qu’en plus de l’absence de message sur son téléphone confirmant cette thèse, le frère conteste cette version. « Je ne comprends pas pourquoi il dit ça », maintient-elle.

« Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières mais… »

Une situation inquiétante qui a conduit le tribunal à s’interroger sur le comportement de cette mère et, surtout, sur le risque pour son enfant. Le président a ainsi décortiqué son parcours de vie : placement en foyer dès son plus jeune âge, une mère absente, un père récemment décédé, et un fils qu’elle élève seule, le père de l’enfant ne l’ayant pas reconnu à la naissance. « Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières, mais tout ça, ça fait beaucoup pour une jeune adulte », rebondit alors son avocat, Me Grégory Loiron. Pour lui, s’il reconnaît le moment de faiblesse de sa cliente, il rappelle que ce fait est isolé.

Le président poursuit sur le casier judiciaire de la prévenue, qui ne fait état d’aucune mention. Seul un stage de sensibilisation à la sécurité routière lui a été imposé après une précédente infraction liée, là encore, à une conduite sans permis. « Je n’ai pas le choix, se défend alors la jeune femme, les larmes aux yeux. Depuis la mort de ma grand-mère, mon grand-père est alité. C’est pour ça que je suis revenue à Saint-Gilles. Si ce n’est pas moi qui lui donne à manger, il refuse de se nourrir. »

« C’est effrayant »

Un récit de vie marqué par de nombreuses épreuves, qui, pour le procureur Philip Ughetto-Porteglio n’enlève rien à la gravité des faits reprochés. « Que Madame s’occupe avec beaucoup de bienveillance de son grand-père âgé, c’est tout à son honneur. Mais pour le reste, c’est effrayant. Partir en soirée, on ne peut pas vous le reprocher. Mais laisser un enfant sans surveillance, c’est inhumain. C’est à tomber de sa chaise », insiste-t-il. Il requiert huit mois de prison assortis d’un sursis simple et la confiscation du véhicule. Une peine confirmée par le tribunal. « L’objectif n’est pas de vous accabler davantage, mais de vous faire comprendre que si vous commettez d’autres faits, vous finirez en prison », avertit, en guise de conclusion, le président.

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