Pour sa 35e édition, le Millau jazz festival a fait le pari des musiques hybridées, métissées, débridées !

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Pour sa 35e édition du 12 au 18 juillet, le Millau jazz festival a misé sur les projets les plus hybrides, et pas les moins fous : Pulciperla, AMG, James Brandon Lewis, Léa Maria Fries, Living Being, LéNo, Arat Kilo…

Ça vaut le déplacement. Si l’est un festival qui mérite que l’on prenne au pied de la lettre cette expression un peu galvaudée d’avoir été justement employée à tort, travers et la légère, c’est bien le Millau jazz festival ! Bien sûr, il y a le Nîmes Métropole jazz festival, Jazz en pic Saint-Loup, Jazz à Vauvert, le volet jazz du Festival Radio France, Jazz à Sète et Jazz à Junas, mais le jazzophile sera toujours bien inspiré d’entrer la manifestation sud-aveyronnaise dans son assistant de navigation GPS car c’est là aussi que ça se passe ! “Ça” ? « Une musique ni élitiste ni tournée vers le passé, mais ouverte, généreuse et audacieuse, capable de rassembler bien au-delà des cercles d’initiés et de s’adresser à toutes celles et ceux qui aiment être surpris et bousculés », tel est le jazz qu’entend défendre et promouvoir l’association Millau en jazz qui organise depuis trente-cinq ans ledit rendez-vous.

De ce point de vue, sa 35e édition, prévue du 12 au 18 juillet, s’avère exemplaire qui parie systématiquement sur des projets à la fois hybrides et débridés ! Ainsi, si l’on s’en tient ici aux seules têtes d’affiche des soirées dans les jardins du château de Sambucy (celles qui valent clairement le déplacement : une fois que vous l’aurez fait, vous n’aurez plus qu’à profiter du reste), c’est avec Pulciperla que les festivités commenceront véritablement le 15 juillet. Projet mash-up né de la rencontre entre le quartet toulousain Pulcinella et le trio de chanteuses-percussionnistes La Perla, de Bogotá, ce septet produit un cocktail ultra-euphorisant, et sans doute un peu psychotrope, de grooves de transes sud-américains.

Le plus passionnant quintet

Le 16 juillet, on attend beaucoup du jeune quartet parisien (saxo, piano, contrebasse, batterie) AMG qui a emprunté son sigle à l’« autophysiopsychic music gate », une théorie musicale élaborée par le saxophoniste Yusef Lateef (ne nous demandez pas…), et produit un mix de spiritual jazz, free jazz et hard bop qui ouvre les chakras de nos pavillons. On restera dans cette veine spirituelle, et décoiffante, avec le James Brandon Lewis Quartet. S’il a clairement biberonné du John Coltrane, du Sonny Rollins, du Albert Ayler et du Ornette Coleman, le saxophoniste afro-américain insuffle à leur héritage quelque chose d’urbain et de contemporain, disons, groovy et catchy !

Changement d’horizon, voire de dimension le 17 juillet, avec Lea Maria Fries, dont on est infichu de dire si elle relève du jazz vocal, de l’indie rock ou de la pop expérimentale. à l’instar de Mélanie de Biasio ou Jeanne Added, la chanteuse suisse allemande met son énorme technique, et son inspiration indocile, au service de compositions aventurières palpitantes. Dans la foulée de cette découverte (pas loin d’être majeure : écoutez son album Cléo, paru au printemps 2025, quelle claque !), le public aura le privilège de retrouver le quintet le plus passionnant du jazz français. Conduit par l’accordéoniste Vincent Peirani, Living Being (qui est aussi le titre des trois albums dudit groupe) réunit Émile Parisien (sax), Tony Paeleman (claviers), Julien Herné (basse) et Yoann Serra (batterie) pour une exploration syncrétique et post-moderne de la musique actuelle. Pop, musette, punk, balkanique, soul, dub, psyché… rien n’échappe à leur soif de beau, forcément, on n’en loupe pas une goutte.

Pour le dernier soir, on se régalera d’abord du dialogue entre le pianiste de jazz d’origine brésilienne Leonardo Montana et le batteur d’origine guadeloupéenne Arnaud Dolmen. Déjà immortalisée sur disque (LéNo, en 2024), leur conversation où chacun parle sa propre langue et s’avère compris de l’autre, bronze le moral par sa générosité et son alacrité. Enfin, il reviendra au collectif parisien Arat Kilo qui, depuis 2009, se fait le chantre de l’ethiojazz, la version éthiopienne du jazz psychédélique teinté de funk électrique très populaire au milieu des années 1970. Renforcé par la chanteuse malienne Mamani Leïta et par le rappeur américain Mike Ladd, le groupe s’autorise toutes les manières de groove dès lors que celui-ci délivre le corps, l’âme et un message positif. Joie, alors, de ceux qui auront fait le déplacement car à destination, ils le seront encore, déplacés, remués, bougés… Positivement ! millaujazz.fr

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