Les deux frères ont été jugés ce lundi 23 mars par le tribunal correctionnel de Nîmes. Il est notamment reproché, pour l’aîné, le rôle de nourrice. Quant au cadet, il est suspecté d’avoir blanchi près de 13 000 euros. Leurs avocats ont obtenu des relaxes partielles.
« Ils participent tout bonnement au trafic de drogue », martèle Philip Ughetto-Prteglio, le procureur du tribunal correctionnel de Nîmes, ce lundi 23 mars. Face à lui, debout, derrière la vitre du box des détenus, deux frères âgés respectivement de 20 et 23 ans. Ils ont été interpellés mardi dernier par les policiers de la brigade anticriminalité (Bac) de Nîmes, après une perquisition assez fructueuse.
Ce jour-là, après un renseignement anonyme, les policiers se rendent avec un équipage cynophile dans une résidence située en centre-ville de Nîmes. Rapidement, le chien marque un appartement, celui des deux frères. Dans une des chambres, tout un arsenal : « savonnette », couteau, balance électronique, cinq iPhone, une clé de voiture de la marque Mercedes, et près de deux kilos d’herbe et de résine de cannabis. Une importante somme d’argent est également saisie, en l’occurrence, 27 440 euros en espèce.
L’un reconnaît le rôle de nourrice, l’autre conteste formellement
Ce lundi, face au tribunal, l’aîné reconnaît que, traversant « une mauvaise période », il a accepté d’être nourrice pour des trafiquants, c’est-à-dire « stocker » de la drogue contre rémunération. Pour ce cas précis, il devait empocher 400 euros pour la semaine. « Je reconnais que ce n’était pas très bien joué », admet-il à l’audience. Son frère, en revanche, nie toute implication et nie avoir eu connaissance de ce que tramait son frère. « Vous n’avez rien senti ? », l’interpelle alors le président Fabien Chenevier, rappelant la quantité de stupéfiants retrouvée dans le domicile. « Si mais je n’ai pas cherché à savoir », soutient-il.
En plus du transport, de la détention et de l’offre de stupéfiants, reprochés aux deux prévenus, le plus jeune des frères est également poursuivi pour blanchiment d’argent. En effet, plusieurs transactions ont attiré l’attention des enquêteurs, notamment 13 000 euros qui auraient fluctué jusqu’au Maroc. Mais là encore, le cadet conteste et explique qu’il encaissait de l’argent « d’amis », sans chercher plus d’explications.
Relaxes sur le trafic et le blanchiment
Des explications qui, pour le procureur, manquent de crédibilité. Il souligne notamment le passé judiciaire du cadet, déjà condamné à plusieurs reprises pour des infractions liées aux stupéfiants. Il requiert à l’encontre des deux prévenus trois ans de prison ferme, assortis d’un maintien en détention.
Les avocats de la défense, Mes Abdelghani Merah et Hemza El Moujaddide, contestent toutefois la qualification de trafic, mettant en avant l’absence de preuves concrètes telles que des surveillances, des témoignages ou des transactions établies avec des clients. Ils insistent également sur le fait qu’aucun signe extérieur de richesse ou d’organisation structurée n’a été relevé.
Après délibération, le tribunal a relaxé les deux frères des faits de trafic et de blanchiment, faute d’éléments suffisants. Ils ont en revanche été reconnus coupables de détention de stupéfiants et de refus de communiquer les codes de leurs téléphones. L’aîné a été condamné à douze mois de prison aménageables sous bracelet électronique, avec assignation à domicile en dehors de Nîmes. Le cadet, en raison de ses antécédents, écope, lui, de dix-huit mois de prison ferme avec maintien en détention. Les sommes et objets saisis ont été confisqués.








