comment les sites sensibles du Cotentin se protègent face à la menace ?

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1. Les faits

La scène s’est déroulée le mercredi 18 mars 2026. Un drone non autorisé était détecté en vol dans une zone interdite de survol (ZIS), aux abords du port militaire de Cherbourg (Manche).

Très rapidement, les services de sécurité de la base navale déclenchaient le dispositif de sécurité. Alertée, la gendarmerie maritime intervenait immédiatement sur zone et procédait à l’interpellation du télé-pilote du drone.

Dans la foulée, ce dernier était placé en garde à vue, puis auditionné dans le cadre d’une enquête menée sous le contrôle du parquet de Cherbourg.

Finalement, l’enquête a établi que l’auteur de l’infraction avait agi « par négligence ».

La procédure a donc vocation à faire l’objet d’une alternative aux poursuites, incluant la réalisation d’un stage de citoyenneté et la confiscation du drone.

Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord

2. Les raisons

Si ce survol s’est avéré « inoffensif » et « non intrusif », il met en lumière l’extrême vigilance qui entoure les sites sensibles du Cotentin. Notre territoire concentre, il est vrai, des structures stratégiques, qui plus est non loin de zones maritimes propices à des incursions sauvages.

En plus de l’enclave « militaire » cherbourgeoise comprenant le chantier de Naval Group et la base navale, on pense évidemment aux installations nucléaires comme le CNPE (Centre nucléaire de production d’électricité) de Flamanville et l’usine de retraitement des combustibles nucléaires usés d’Orano la Hague.

Pour ces trois sites hyper protégés, l’apparition et la multiplication des drones représentent un véritable dilemme en termes de sécurité. D’autant plus, au regard de l’actualité récente.

Les règles à respecter

1 Je ne survole pas les personnes

2. Je respecte les hauteurs maximales de vol

3. Je ne perds jamais mon aéronef télépiloté de vue et je ne l’utilise pas la nuit

4. Je ne fais pas voler mon aéronef télépiloté au-dessus de l’espace public en agglomération

5. Je n’utilise pas mon aéronef télépiloté à proximité des aérodromes

6. Je ne survole pas de sites sensibles ou protégés certains sites sensibles ou protégés

7. Je respecte la vie privée des autres, je ne diffuse pas mes prises de vues sans l’accord des personnes concernées et je n’en fais pas une utilisation commerciale

8. Si la masse de mon aéronef télépiloté est supérieure ou égale à 800 g, je dois respecter certaines obligations légales

9. Je vérifie dans quelles conditions je suis assuré pour la pratique de cette activité

10. En cas de doute, je me renseigne

Les incursions se sont, en effet, multipliées en Europe ces derniers mois. Fin septembre 2025, à Kiel dans le nord de l’Allemagne, c’est une formation de drones qui a survolé la cité portuaire, non loin du chantier de construction de sous-marins ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS).

Deux mois plus tard, début décembre, l’alerte était donnée à l’île Longue, près de Brest (Finistère). Cinq drones étaient détectés aux abords de la base française qui abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de classe Le Triomphant, vecteur de la dissuasion nucléaire française.

Si les cinq aéronefs ont été interceptés grâce au dispositif anti-drones, cette intrusion a marqué les esprits, à l’heure où les tensions internationales sont de plus en plus exacerbées.

Car, au-delà de l’espionnage industriel ou militaire qui existait auparavant, la France constate désormais qu’elle doit se prémunir et se protéger d’éventuelles attaques sur son propre sol, liées à une technologie de plus en plus perfectionnée, furtive et destructrice.

3. Les moyens

Face à la menace « drone », la riposte s’est organisée. Il y a tout d’abord l’aspect réglementaire. De nombreuses restrictions existent pour administrer l’espace aérien français. Les zones sensibles sont ainsi strictement interdites (voir carte).

Cela inclut les centrales nucléaires, les installations militaires, les établissements pénitentiaires, les parcs nationaux, certaines réserves naturelles classées, les zones biotopes, ainsi que les abords immédiats des aéroports. Comme nous l’évoquions précédemment, c’est évidemment le cas de plusieurs sites stratégiques dans la Manche.

Pour Orano la Hague, une zone interdite d’un rayon de 3 km a ainsi été tracée autour de l’usine. Pas très loin à Flamanville, ce sont deux cercles de respectivement 3 et 5 km qui se chevauchent pour la centrale et ses trois réacteurs dont l’EPR.

L’interdiction la plus marquante est celle de Cherbourg en raison de sa base navale et de son chantier naval (sans oublier la maison d’arrêt et le site du Nardouet). Il est de fait interdit de faire décoller et voler un drone dans un rayon de 6 km autour du port militaire.

L’autre parade, évidemment plus dissuasive, est constituée des dispositifs de sécurité mis en place. Compte tenu de la sensibilité des sites, ils sont rarement détaillés. Ainsi, l’industriel Naval Group à Cherbourg (Manche) ne communique pas sur ses moyens disponibles pour contrecarrer ce type d’intrusion.

En interne, le géant de l’armement est cependant en alerte. Selon nos informations, un message avait été envoyé à l’ensemble des collaborateurs après le survol à l’île Longue. L’objet de cette communication ? Alerter et éduquer les salariés à propos de ces éventuelles menaces.

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Du côté de l’armée, on n’en est plus à l’opération de sensibilisation, notamment après l’expérience des Jeux olympiques à Paris. La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord ne masque pas sa vigilance accrue sur le sujet.

Face à cette menace, les armées mettent en œuvre diverses mesures ou moyens visant à protéger les emprises. Ces moyens peuvent être actifs ou passifs. Les moyens passifs visent à détecter un drone ou sa télécommande pour agir sur le pilote ou brouiller son signal de commande. Les moyens actifs visent à détruire le drone ou à l’écarter d’une emprise.

Préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord

Pour cela, la préfecture s’appuie sur plusieurs acteurs. « Tout d’abord, les armées (unités spécialisées dans la protection des emprises militaires telles que la DRSD, Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense). Ensuite, chaque militaire est un acteur de la sécurité de nos emprises. En effet, le maintien d’une posture de vigilance, de détection et d’alerte fait partie intégrante des réflexes du combattant. Enfin, la protection des emprises n’est toutefois pas qu’une prérogative des armées, elle relève bien d’une coordination interministérielle. Les FSI (forces de sécurité intérieure) nous appuient également dans cette mission. »

Si sa dangerosité a été écartée, l’intrusion « par négligence », la semaine passée, continue de mettre en lumière la prolifération de ce nouvel outil et sa menace persistante. Elle permet également de savoir que les mesures de protection et de sécurisation fonctionnent. Voilà qui est rassurant.

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