Le 18 mars 2026 à 15h17, une femme de 77 ans habitant une rue proche de l’hippodrome de Deauville (Calvados) reçoit un SMS l’informant que sa carte bancaire a été piratée et a fait l’objet d’une transaction frauduleuse. Elle appelle le numéro fixe en région parisienne qui lui est indiqué. Au bout du fil, une certaine Sophie l’informe qu’un coursier vêtu d’un gilet jaune se présentera chez elle à 16h20 pour récupérer la carte en question.
La police arrive au bon moment
À l’heure dite, alors que son interlocutrice est toujours en ligne, la septuagénaire attend devant chez elle quand une Clio grise stationne à proximité. Portant un gilet jaune, le passager avant vient vers elle puis fait demi-tour en voyant arriver une voiture de police.
L’homme reprend sa place et la voiture démarre rapidement, suivie par le véhicule des policiers signaux sonores et lumineux actionnés. La Clio dans laquelle se trouvent trois personnes s’arrête peu après. Un gilet jaune se trouve aux pieds du passager et deux autres dans le coffre de la voiture.
Ils nient toute implication
Les policiers n’ont jamais perdu la Clio de vue. Et le téléphone – équipé d’un logiciel permettant l’envoi de SMS par dizaines – a borné à moins de 2 km de leurs domiciles respectifs à Limay, en région parisienne.
Pourtant, les trois mis en cause nient toute implication dans un quelconque trafic. Plus particulièrement l’homme au gilet jaune qui assure avoir vu « zéro dame ».
Une coïncidence ? « Exactement »
« C’est une coïncidence » suggère la présidente. « Exactement » répond le prévenu, avec aplomb. « Le tribunal peut légitimement s’interroger » insiste la magistrate après avoir rappelé son passé judiciaire.
L’homme, qui se trouve en état de récidive légale, a été condamné à deux reprises en CRPC (couramment appelée « plaider-coupable ») pour escroquerie au faux coursier le 6 janvier 2025 par le président du tribunal judiciaire de Créteil puis, le 25 avril 2025, par celui de Bobigny. « Ce sont des bêtises que j’ai assumées. Maintenant j’ai compris », assure l’individu.
Il est condamné à 8 mois de prison sous bracelet électronique. L’homme qui conduisait la voiture et avait refusé de communiquer le code secret de son téléphone est condamné à 8 mois de prison avec sursis.
Le passager arrière est condamné à 6 mois de prison avec sursis. Les trois écopent chacun d’une amende de 1000 € et ont interdiction de paraître dans le Calvados pendant 2 ans. Le tribunal prononce leur inéligibilité pendant 5 ans.
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