Originaire du Gard, le metteur en scène Guillaum Vincent de la Cie MidiMinuit présente "La Tour de Constance" à Nîmes et "Fête des mères" à Uzès.
Comment est née cette pièce, « La Tour de Constance » ?
J’étais professeur à l’école du Théâtre national de Bretagne à Rennes. J’avais 20 élèves. Il y en a six avec lesquels j’ai particulièrement accroché. J’ai eu envie d’écrire pour eux.
Par ailleurs, je viens d’Uzès. J’ai passé toutes mes vacances à Port Camargue et à Aigues-Mortes. C’est un lieu que je connais très bien, c’est très sentimental. Quand je suis retourné vivre à Uzès, je me suis souvenu de ce que c’était d’avoir 20 ans dans une petite ville, de finir le lycée, d’aller à la fac, de ces moments où il y a beaucoup d’enjeux autour des études, des choix qu’on va faire qui vont déterminer ce qu’on sera plus tard…
« J’ai voulu saisir leur énergie, leur talent, leur beauté »
Qu’avez-vous voulu saisir de ces jeunes acteurs ?
J’ai voulu saisir leur énergie, leur talent, leur beauté, leur singularité… Cela parle d’eux mais pas vraiment, cela parle aussi de moi quand j’étais jeune.
La pièce se place dans un hôtel d’Aigues-Mortes…
Cela se passe dans plusieurs endroits, on est au bord de la mer, puis la plupart du temps dans les coulisses d’un hôtel. On suit six personnages très différents qui y travaillent, certains pour mettre de l’argent de côté, d’autres parce que ce sera leur vie. Ils n’ont pas les mêmes aspirations.
Vous avez mis en scène Marivaux plusieurs fois. Cela fait partie de vos sources d’inspiration ?
Cela peut faire penser à Marivaux. Dans ses pièces, il y a souvent trois garçons, trois filles et des méandres, des sentiments amoureux. On suit les aléas, les retournements amoureux.
Marivaux était l’un des fils conducteurs. Les histoires d’amour sont contrariées, elles empruntent des chemins détournés, comme dans la vie.
De quoi la tour de Constance, qui donne son titre de la pièce, est la métaphore ?
C’était intéressant de mettre en parallèle des vies très marquantes comme celle de Marie Durand qui est restée enfermée 37 ans dans un tour. Il fallait être forte pour survivre, cela devait être affreux. C’est la métaphore de nos vies, de la manière dont on est enfermé, des murs qui nous encerclent.
J’aimais bien l’idée de parler de Marie Durand, parce que c’est une figure de la résistance.
La résistance fait partie de la vie de ces jeunes gens que vous mettez en scène ?
Choisir d’être comédiens, de faire du théâtre aujourd’hui, c’est un acte fort. C’est un métier pas facile, précaire, il faut être passionné pour s’engager dans cette voie.
La jeunesse est souvent politisée, concernée par les grands problèmes, plus que ma génération je pense.
Vos personnages sont aussi des résistants ?
Ils résistent tant bien que mal à la vie. L’un des personnages principaux est une enfant de l’assistance publique. Certains ont été plus gâtés. Il y a plusieurs identités sociales, plusieurs aspirations.
« Une pièce franchement comique, dans l’esprit Bacri Jaoui »
Parallèlement, à Uzès, vous présentez une autre pièce, Fête des mères ?
C’est une pièce assez différente, une fratrie qui se retrouve à l’occasion de la fête des mères. Il y a les frères et sœurs, leurs conjoints, on est plus sur une pièce franchement comique, dans l’esprit Bacri Jaoui. Même si on évoque des sujets graves, c’est plus drôle.
À nouveau, c’est écrit pour des jeunes comédiens ?
Il y a un mélange des générations. Adèle Royné est une jeune comédienne que j’avais rencontrée quand j’enseignais au cours Florent. J’ai décidé de l’aider à créer ce spectacle, j’ai mis ma compagnie à son service. On a pensé ensemble les costumes, la mise en scène, la distribution.








