Un père de famille de 55 ans a comparu, mardi 10 mars 2026 devant le tribunal de Lisieux (Calvados), pour agression sexuelle sur sa fille, âgée alors de 7 à 9 ans. Les faits que dénoncera la victime plusieurs années plus tard se sont déroulés lors de week-ends qu’elle passait chez lui près de Lisieux, après le divorce de ses parents. Prostrée dans les bras de sa mère pratiquement tout au long de l’audience, l’adolescente est sortie du prétoire à plusieurs reprises pour se réfugier, en larmes, dans la salle des pas perdus.
« Je pense qu’il veut embêter maman »
À la rentrée 2017, la fillette, née en 2008 au sein d’une famille recomposée, refusait définitivement d’aller passer les week-ends et des vacances chez son père « autoritaire » dont elle dit avoir peur. « Il ne m’aime pas. Je pense juste qu’il veut embêter maman » avait-elle expliqué à la psychologue lors d’une enquête sociale qui se soldera par le retrait de son autorité parentale.
Le 10 mai 2022, lors d’une information portant sur la prévention des violences sexuelles dispensée par son collège, l’adolescente de 13 ans confie à l’infirmière avoir subi des attouchements de la part de son père quand elle était petite. Les faits auraient commencé en septembre 2015, peu après la séparation de ses parents, et se seraient terminés environ 2 ans plus tard, quand elle a refusé définitivement de le revoir.
« Je pensais que tous les papas faisaient ça »
L’infirmière fait un signalement au chef d’établissement, puis prend contact avec la mère de l’adolescente. Des enquêtrices spécialisées recueillent ses déclarations. L’ado relate deux épisodes qui se sont déroulés lors de week-ends chez son père. « Je pensais que tous les papas faisaient ça » leur confiera-t-elle.
Le quinquagénaire vivait alors chez sa mère et partageait le même lit que la fillette. Elle lui avait demandé de mettre un matelas sur le sol pour y dormir mais il avait refusé. « C’est mieux de dormir avec son papa » lui avait-il répondu.
Un soir, il s’est approché d’elle, lui a caressé la poitrine et a passé sa main sur son pyjama pour caresser ses parties intimes. Elle dira avoir été pénétrée par un doigt.
La deuxième fois a eu lieu sous la douche, dont elle précise qu’il n’y avait ni verrou ni rideau. Il s’est approché d’elle sous prétexte de lui laver les cheveux et l’a pénétrée à nouveau avec un doigt.
« Il voyait que j’avais peur »
« Il voyait que j’avais peur mais il n’a pas voulu pas arrêter. » Elle précisera n’avoir jamais été frappée, contrairement à ses sœurs et à son frère.
L’examen médical auquel elle a été soumise en novembre 2022 écarte des troubles de la personnalité du comportement et relève une symptomatologie dépressive post-traumatique ainsi qu’un sentiment de honte et de culpabilité. L’examen gynécologique exclura toute pénétration vaginale, sans pouvoir écarter des attouchements.
Il se dit victime d’un complot familial
« Plutôt » psychorigide et ayant une tendance à se présenter en victime, selon le rapport du psychologue qui l’a rencontré, le quinquagénaire s’exprime avec assurance et facilité face aux magistrats du tribunal. « Je l’ai bien élevée, ce n’était pas le bagne. Il faut remettre les choses en perspective. »
Après avoir admonesté le parquet – dont il aurait bien aimé qu’il « travaille un peu mieux » – puis mis en cause la prise en charge de sa fille par sa mère, il se dit victime d’un complot familial. « Le problème, c’est qu’elle a eu un père et une mère si différente dans le cadre de séparation si compliquée. Vous devez être capable de comprendre à travers ce qu’elle ne dit pas… » Un message sibyllin qui n’aura aucun écho.
Deux ans de prison, dont un avec sursis
Condamné par la cour d’appel de Caen en 2019 à un an de prison avec sursis probatoire pendant 2 ans pour atteinte à l’intimité de la vie privée, le prévenu avait également à répondre de harcèlement d’un mineur.
Les juges ont prononcé la jonction des deux dossiers. Il est condamné à 2 ans de prison dont un assorti d’un sursis probatoire pendant 2 ans comportant une obligation de soins et l’interdiction définitive d’exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs.
Le tribunal prononce son inéligibilité pendant 5 ans et constate son inscription au Fijais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles). Il devra verser une provision de 1500 € à son ex-conjointe. L’affaire est renvoyée sur intérêt civil au 18 septembre.
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