Le 14 janvier 2025, la cellule de recueil des informations préoccupantes avait été saisie après un appel au « 119 », le numéro d’appel pour l’enfance en danger : une fillette de 12 ans avait raconté avoir reçu « sur tout le corps » des « coups de fil électrique », de « chargeur », de « lattes de lit » ou encore « de claquettes » de la part de sa mère. Elle avait déjà eu « un œil au beurre noir » et recevait des coups « quasi-quotidiens », mais était la seule à avoir droit à ce traitement dans la fratrie : son frère était « trop grand » et sa sœur « trop petite » pour cela.
« Une correction à l’africaine »
La jeune fille avait donc été entendue le 21 février 2025 par les enquêteurs : elle avait confirmé l’existence de ces « violences récurrentes » et expliquait « participer très largement aux tâches ménagères », a-t-il été résumé à l’audience. Cette « correction à l’africaine », selon les mots de sa mère, lui avait valu une incapacité totale de travail (ITT) de plus de dix jours.
La fratrie vivait, à Vertou, dans un logement « insalubre », selon les enquêteurs, qui y avaient retrouvé des « déchets » et des « vêtements sales ».
Toute la famille dormait dans la même pièce.
« La mère et les filles dans un lit » et le grand frère de 15 ans « sur une couette déchirée à même le sol », a-t-il été dit.
En garde à vue, la maman avait reconnu avoir porté « sept coups de câble » à sa fille de 12 ans, affirmant qu’il s’agissait d’une « correction » après un « vol d’argent ».
Je ne savais pas qu’en France c’était interdit.
Pour le reste, cette femme s’estime avant tout victime d’un « coup monté » et de « dénonciations calomnieuses » depuis que sa fille lui a été « enlevée de manière horrible » et qu’elle a été « préparée pour dire ça ».
Elle vit à la rue depuis
La prévenue – qui avait fait venir ses enfants en France en 2023 dans le cadre d’un « regroupement familial » – a depuis quitté Vertou pour vivre « à la rue » dans le 12e arrondissement de Paris. Elle refuse tout suivi psychiatrique, jugeant « illégal de forcer quelqu’un à se soigner », et veut récupérer ses enfants car elle « ne comprend pas » pourquoi on les lui a « enlevés ».
Sa petite dernière de 3 ans était « comme un enfant sauvage » quand elle a été placée en « pouponnière » mais « évolue positivement » depuis, a souligné à l’audience l’administrateur ad hoc désigné pour défendre ses intérêts.
Mais elle « manifeste de l’inquiétude » quand elle revoit sa mère « une fois par mois ». Sa grande sœur, qui avait révélé les faits, connaît, elle, de « nombreux passages à l’acte inquiétants », des « hospitalisations en psychiatrie » et des « difficultés scolaires ». Placée en foyer, elle garde une « position ambivalente vis-à-vis de sa mère ».
Leur frère aîné, placé à Saint-Nazaire, apparaît quant à lui « plus stable » mais « très prudent dans ses propos ». Il reconnaît d’ailleurs « avoir menti pour protéger sa mère », a rapporté l’administrateur ad hoc. Le tribunal correctionnel de Nantes a finalement condamné cette femme à dix mois de prison avec sursis et lui a interdit de recontacter sa fille aînée pendant trois ans. Elle n’aura plus d’autorité parentale sur elle.
Le jugement a été frappé d’exécution provisoire, ce qui signifie qu’il s’applique dès à présent, même en cas d’appel. Sur le plan financier la mère de famille camerounaise devra verser 1 500 € à l’adolescente, mais aussi 300 € à son frère aîné et 1 € symbolique à leur sœur cadette.
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