À l’entrée de Gigean, la résidence flambant neuve croule sous les malfaçons et les infiltrations

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Portée par Hérault Logement, la résidence Beltrame, sortie de terre en lieu et de place de l’ancienne gendarmerie avec 35 logements locatifs, est pourrie par les malfaçons et les infiltrations. Qui plongent les premiers locataires dans le désarroi.

C’est un projet mixte porté par Hérault Logement qui est sorti de terre ces derniers mois, à l’entrée de Gigean, sur la route de Montpellier. En lieu et place de l’ancienne gendarmerie, 35 logements locatifs aidés, 8 villas en accession sociale à la propriété ont vu le jour, ainsi qu’une clinique vétérinaire, des locaux médico-sociaux et des services départementaux dédiés à la petite enfance. La résidence porte le nom d’Arnaud Beltrame, en hommage au colonel de gendarmerie mort lors des attentats dans l’Aude le 23 mars 2018.

L’autre hommage, dont les locataires se seraient bien passés, a hélas été rendu à une antienne du bâtiment : les malfaçons. Depuis la livraison de la résidence, fin 2025, c’est la bérézina. La liste de choses qui ne vont pas déborde, comme les infiltrations.

L’incompréhension des locataires

Stéphanie est entrée dans son T3 le 4 décembre avec ses deux enfants. Elle raconte. « Les dalles et le carrelage n’étaient pas finis. Dans le hall d’entrée, il y avait un trou au sol. L’installation électrique n’était pas terminée, pas plus que la terrasse et les finitions. »

Surtout, dès les premières grosses pluies, les infiltrations d’eau ont envahi l’appartement, laissant très vite apparaître des traces sur les murs et des moisissures et provoquant des décollements de placo. « Derrière la cuisine, une arrivée d’eau, mise à côté d’une prise, a cramé mon lave-vaisselle. L’humidité est partout et empêche d’installer des cadres. Avec les pluies, le garage a été inondé. Les toilettes du rez-de-chaussée se sont même déversées dans le garage. »

La résidence Beltrame compte 35 logements collectifs et 8 villas individuelles à l’entrée de Gigean, route de Montpellier. Midi Libre – Patrice Espinasse

Stéphanie ne comprend pas comment les locataires ont été invités à prendre possession de leur appartement dans ces conditions si dégradées. Elle n’est pas la seule. Installée depuis le 6 décembre dans un T2, Michèle, 72 ans, pointe « l’absence de carrelage sous le lavabo de la salle de bains », les « moisissures », « les déménageurs qui jonglent au milieu des câbles électriques ».

Tous les mercredis, ils viennent voir et constater. Mais rien ne bouge

Locataire d’un T4 au rez-de-chaussée avec sa famille de deux enfants, Sofiane constate tout autant les problèmes. « En arrivant, on a vu direct les dégâts : des infiltrations d’eau dès qu’il pleut, en contact avec l’installation électrique, des buses des voisins du haut qui atterrissent devant notre porte d’entrée… Mon fils de 17 ans est asthmatique. On a toujours fait en sorte d’avoir un lieu décent pour lui mais là, ce n’est pas possible. On a déjà envoyé deux recommandés à Hérault Logement. Notre assureur ne veut pas intervenir tant que les réparations ne sont pas effectuées au-dessus. Et la demande d’une expertise a été refusée car c’est du neuf et que la garantie décennale doit s’appliquer, sauf que les entreprises se renvoient la balle. On devient fou ! »

Hérault Logement : « Les travaux seront réalisés au plus vite »

Maître d’ouvrage de la résidence Beltrame, Hérault Logement ne cache pas les difficultés rencontrées pour la conception et le montage de ce programme de 35 logements livré fin 2025. "Nous sommes conscients et navrés des désagréments occasionnés pour nos locataires. L’opération a été fortement perturbée par la défaillance du mandataire du groupement en cours de chantier, à laquelle se sont ajoutés plusieurs événements inhabituels (intempéries, défaillance de certaines entreprises…) entraînant des retards dans l’achèvement complet des travaux", indique Hérault Logement.

Les travaux ont été largement perturbés par l’entreprise principale, qui a fait faillite peu après le début du chantier. "Face à cette situation, après avoir déjà décalé à plusieurs reprises l’entrée dans les lieux, nous avons été confrontés à un choix difficile. Nous avons privilégié la solution la plus humaine : permettre aux locataires d’emménager malgré un chantier encore imparfaitement achevé afin d’éviter que plusieurs familles ne se retrouvent sans solution de logement", ajoute Hérault Logement. Qui assure que "les équipes sont pleinement mobilisées pour rétablir une situation normale, informer et accompagner les locataires et suivre les interventions des entreprises".

Reste le problème des infiltrations, toujours pas résolu. "Leur origine reste à identifier précisément – une entreprise spécialisée a été missionnée – ainsi que des reprises sur l’installation TV. Les travaux seront réalisés au plus vite", promet Hérault Logement, qui assure que 85 % des réserves recensées à la livraison ont été résolues.

Les mauvaises surprises s’invitent jusque dans les détails. Embouties par un camion lors d’une manœuvre, quelques boîtes aux lettres délivrent du courrier… mouillé quand il pleut. Le Diagnostic de performance énergétique (DPE), établi avec l’excellente note B, est en décalage avec les consommations électriques : Stéphanie, censée payer entre 510 et 760 € de facture annuelle, a dû régler 280 € pour le seul mois de janvier ! « On ne peut pas dire qu’Hérault Logement n’est pas là. Tous les mercredis, ils viennent voir et constater. Mais rien ne bouge. Et on ne peut pas continuer à vivre comme ça », se lamentent les locataires.

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