Le parquet de Rennes a requis, jeudi 19 mars 2026, trois ans de prison ferme à l’encontre du fils d’un commissaire aux comptes de Paimpol (dans les Côtes-d’Armor) soupçonné d’avoir subtilisé des centaines de milliers d’euros en ouvrant des comptes bancaires sous de fausses identités, autour de Rennes.
Comparu libre
Glenn avait en fait été condamné en son absence à quatre ans de prison ferme en septembre 2025 ; faute de pouvoir mettre la main sur cet homme, la Justice avait donc décerné un mandat d’arrêt à son encontre. Son ex-compagne, Stephie, avait, elle, écopé de deux ans d’emprisonnement.
Une fois retrouvé par les forces de l’ordre, cet homme, qui s’apprête à fêter ses 40 ans, a donc formé « opposition » à ce jugement. Me Amina Saadaoui, qui assure sa défense avec Me Morgan Loret, lui avait au préalable évité l’incarcération. Le prévenu a, dans ces conditions, comparu libre devant le tribunal correctionnel de Rennes, jeudi 19 mars 2026.
232 000 euros de préjudice
Chez lui et sa compagne – installés à Saint-Jacques-de-La-Lande – de nombreuses cartes d’identité « perdues ou volées » par des particuliers avaient été retrouvées : ils s’en servaient pour fabriquer de « fausses fiches de paye » et « justificatifs de domicile » pour ouvrir des comptes bancaires dans de nombreuses agences bancaires autour de Rennes, mais aussi à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ou encore Guingamp et Paimpol. Ils pouvaient ainsi, par la suite, faire des retraits d’argent ou contracter « des crédits à la consommation ».
Une fois le « remarquable » travail de tri opéré par la procureure de la République – et salué unanimement par les avocats de la défense – « 47 ouvertures de comptes » demeuraient « imputables » à Glenn pour « 105 000 euros de préjudice » auxquels s’ajoutent « 22 000 euros d’achats à crédit », du point de vue des autorités judiciaires. Le parquet de Rennes estime aussi que sa compagne Stephie a, quant à elle, ouvert « 44 comptes » et contracté « 20 000 euros d’achats ».
Au total, les préjudices qu’ils ont engendrés s’élèvent donc respectivement à 127 000 euros pour lui et 105 000 euros pour elle. La procureure de la République a requis deux ans de prison – dont un ferme aménageable sous la forme d’un bracelet électronique – à l’encontre de cette mère de deux enfants, dont un qui est « autiste ».
« Je reçois sans cesse des coups de fil, on ne me croit pas »
À cause de leurs méfaits, de nombreuses personnes se sont ainsi retrouvées « interdites bancaires » faute d’avoir remboursé les prêts contractés par ces « escrocs », a rappelé Me Antoine Hellio, l’un des avocats des parties civiles.
Une jeune femme a ainsi fait « quatre heures de route depuis Paris » pour venir raconter au tribunal correctionnel de Rennes le « mal » que lui ont fait ces gens. « Je reçois sans cesse des coups de fil, on ne me croit pas », a soufflé celle qui s’est retrouvée avec « cinq ouvertures de comptes » jamais sollicitées.
Son « mépris des petites gens »
Dans les conversations du couple interceptées par les enquêteurs, Glenn ne cachait pas son objectif de « devenir millionnaire ».
Il ne faisait pas mystère non plus, sur les réseaux sociaux, de son « mépris des petites gens », n’hésitant pas à partager la photo d’un « vieil homme » chargé de l’entretien de sa piscine en Espagne. « Cela fait deux semaines qu’il n’a rien fait, je le tape ou je le mets dans l’eau ? » avait commenté ce fils adoptif d’un commissaire aux comptes de Paimpol, toujours « aidé » par ses parents, à ce jour.
« Honte »
C’est en fait sa compagne de l’époque qui avait attiré les soupçons d’un conseiller bancaire de Mordelles (Ille-et-Vilaine) le 4 septembre 2019 : elle était « porteuse d’une perruque » et tentait d’ouvrir un compte. L’employé de banque avait appelé la gendarmerie et la mère de famille avait été interpellée, de même que Glenn qui se trouvait dans les parages.
Ce jeudi 19 mars 2026, ils ont donc partiellement reconnu les faits : Glenn a dit sa « honte » d’avoir commis de tels faits, tandis que son ex-compagne de 35 ans s’est « excusée ».
L’homme de 40 ans a expliqué avoir agi « sur instructions » de « tontons » implantés en région parisienne. Depuis, il est retourné s’installer chez son père à Paimpol avec l’enfant commun du couple et projette d’y ouvrir « une auberge de jeunesse » avec ses proches. Son ex-compagne, qui est restée à Creil (Oise) avec son autre enfant, s’est désormais mise à « travailler »…
Une décision d’ici deux mois
Me Martin Mechin, son avocat, a sollicité « une peine de sursis simple ou de sursis probatoire » pour cette femme qui a servi de « chair à canon » en « allant au charbon » et en « montrant sa tête ».
Mes Amina Saadaoui et Morgan Loret ont ensuite pris la parole pour Glenn, relativisant l’ampleur de ce dossier tout sauf « pharaonique » et « sans commune mesure par rapport à d’autres dossiers de cavalerie » : leur client n’encourt que « cinq ans de prison ». Son père, qui était présent à l’audience, a pour sa part dit « découvrir l’ampleur » de l’affaire.
« C’est une évidence, il faut payer quand on a pris l’argent facilement », a convenu l’avocate de Glenn. Son client reste un « bon père », mais qui « perd pied dès qu’il s’éloigne de sa famille, de son cadre » et qui s’est retrouvé embarqué dans « une quête d’identité » en se rapprochant de « pairs ».
Le tribunal correctionnel de Rennes, qui a mis sa décision en délibéré, se prononcera d’ici deux mois.
CB et GF (PressPepper)
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