Un live TikTok a tourné au désastre après un tir de pistolet airsoft à Louviers (Eure). La victime âgée de 20 ans a peut-être perdu son œil blessé. Le certificat médical, qui prescrit une ITT supérieure à 10 jours, ne permet pas d’établir si l’infirmité est permanente. L’auteur du tir a été jugé en comparution immédiate ce mardi 24 mars 2026 à Évreux.
Un pistolet airsoft « pour intimider »
Le 21 mars dernier, une mère de famille réalise une vidéo en live sur le réseau social TikTok, avec une amie, dans un quartier de Louviers.
Le contenu de la séquence déplaît fortement à son plus jeune fils, qui visualise la scène depuis l’appartement familial de Val-de-Reuil sur son téléphone. Aussitôt, il appelle sa mère pour lui signifier son mécontentement. La conversation s’envenime, l’amie en rajoute quand une voix s’élève pour clore le débat : « Si t’es pas content, t’as qu’à venir on va régler ça ». Ni une ni deux, le gamin veut en découdre. Son frère aîné âgé de 25 ans le conduit en voiture, non sans s’être muni d’un pistolet airsoft (pouvant projeter des petites billes en plastique grâce à de l’air comprimé) – « pour intimider », dit-il.
« Dans ma connerie, j’ai tiré »
Dans le box, le jeune manager d’une chaîne de restauration rapide est désolé des conséquences de son acte irréfléchi et reconnaît sa totale responsabilité. Il s’explique : « On est arrivés en bas de l’immeuble. Mon frère a voulu descendre. » Un attroupement s’est déjà formé sur les lieux : « Le groupe était pressant, alors il est remonté sur le siège passager. Ils nous disaient de dégager, alors on est partis et je ne sais pas pourquoi, dans ma connerie, j’ai baissé ma vitre et j’ai tiré dans le groupe sans viser, pour les impressionner ».
Malheureusement, la position assise du conducteur et le bord de la fenêtre surélevé conduisent à un tir ascendant. La bille en plastique, projetée avec une puissance de deux joules dans l’œil droit d’un jeune homme, fait des dégâts considérables.
Des parents dévastés
Ces pistolets airsoft ressemblent à des jouets, mais font malheureusement « beaucoup de victimes par blessure ophtalmique chaque année », se désole l’avocat de la partie civile. Il déplore par ailleurs ce jugement en comparution immédiate au regard de l’infirmité permanente de la victime. Trois opérations ont été nécessaires à ce jour, et selon les parents, le pronostic des médecins est pessimiste : le jeune homme risque de perdre totalement l’usage de son œil.
À l’issue du délibéré, le tireur est reconnu coupable et condamné à 12 mois de prison ferme aménagés en détention à domicile sous bracelet électronique, avec obligation d’indemniser les victimes.
Le tribunal reçoit les parties civiles, ordonne une expertise médicale pour évaluer les dommages, une consignation de 1 500 €, 9 000 € de provision et un dédommagement de 2 500 € pour chacun des parents au titre de leur préjudice moral. Le dédommagement de la victime est renvoyé en audience sur intérêt civil en septembre 2026.
Pour les parents du blessé, la peine est incompréhensible. Ils sortent du tribunal, dévastés et en colère. Le père assène : « Mon fils est blessé à vie, il a perdu un œil et lui – le prévenu – il sera à la maison ».
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