Ce jeudi, Serge Sécail et Nicolas Bestard se retrouvaient devant le tribunal de Millau pour l’altercation qu’ils avaient eu le 6 septembre dernier en marge du forum des associations.
C’est l’épilogue du différend qui oppose Serge Sécail et Nicolas Bestard. Ces deux figures de Millau étaient convoquées ce jeudi, au tribunal, au sujet de leur entrevue quelque peu musculée au matin du forum des associations, sur le trottoir, devant les grilles du parc de la Victoire.
Jour choisi pour celui qui est connu pour son engagement politique, syndical et citoyen, notamment pour « la non-violence », comme il l’a rappelé à la barre, pour distribuer des tracts. Il invitait à une manifestation contre la baisse des budgets de l’Etat aux associations qui avait lieu quelques jours après. Averti de la présence de Nicolas Bestard, devant les grilles du parc de la Victoire, Serge Sécail, président de Grands causses bénévolat et organisateur de l’événement est allé à sa rencontre. « Il m’a dit socialo de merde, je n’avais pas vu le tract, se défend-il. Je suis simplement arrivé devant lui et je lui ai dit, « Nicolas, c’est ni le lieu ni le moment ». Ça ralentissait les voitures. » En face, par la voix de Me Arnaud Cagnac, la version n’est pas tout à fait la même. « Il lui dit de dégager, il a pris et déchiré le tract. »
« Une action contre tous les systèmes de domination sociale »
De ce bref échange, suit la scène de violence physique pour laquelle les deux individus se retrouvent devant le tribunal. « Un sutemi », confirme Nicolas Bestard. « J’ai fait 20 ans d’arts martiaux, j’ai une considération proportionnée de ce qui est dangereux ou pas. » Il tire donc Serge Sécail au sol et l’attrapant par-derrière. Ce qu’il confirme devant la présidente.« J’ai pété les plombs », dit-il à la barre. « J’ai agi contre tous les systèmes de domination sociale, pour combattre contre les puissants pour les faibles. » Il décrit même le président de Grands causses bénévolat comme « un notable » et son acte, « comme une violence symbolique ». « Il ne voulait pas lâcher une fois au sol, un témoin est venu pour lui tirer sur les bras et l’écarter, c’est un gendarme en civil qui l’a calmé, argument Me Christophe Bringer, pour Serge Sécail. « Il dit qu’il l’a insulté pour justifier son acte, mais il ment. »
Me Arnaud Cagnac, évoque lui aussi de la violence dans sa plaidoirie. « Elle n’a pas besoin de faire mal, elle peut être physique, verbale, ou psychologique, mais la violence y est. Elle est symbolique sur quelqu’un qui exerce ses libertés constitutionnelles sur la voie publique. Il a pris et déchiré le tract, c’est un symbole de violence. » Sur la prise en elle-même, « ce n’était pas la meilleure chose à faire on en convient avec du recul ». Il met en avant la connaissance de son client en matière d’arts martiaux. « Il aurait pu lui faire mal, mais il l’a simplement immobilisé en l’amenant au sol, sur lui. C’est une réponse proportionnée à la violence qu’il venait de subir. »
Le ministère public a requis 300 € à l’encontre de Nicolas Bestard, quand les deux parties ont demandé 1 500 € chacune. Lors de son délibéré, la présidente a tranché à 200€ d’amende, 500€ pour le préjudice et 800€ pour les frais d’avocat. Serge Sécail a été relaxé.






