C’est un fléau qui touche l’ensemble de la France et plus particulièrement le Val-d’Oise, un département qui comptabilise à lui seul 5 % des infractions nationales. Pratique devenue récurrente, mais dangereuse, le rodéo urbain et ses adeptes sont dans le viseur des forces de l’ordre depuis plusieurs années.
C’est même l’une des pierres angulaires de la lutte contre l’insécurité au quotidien pour le préfet du Val-d’Oise, Philippe Court, marqué par un terrible accident quelques mois après sa prise de fonction dans le département. Le 5 août 2022, deux enfants de 7 et 11 ans avaient été gravement blessés après avoir été percutés par un individu en motocross à Pontoise. « Lutter contre ce phénomène est une action quotidienne », soulignait-il encore en début d’année.
Alors qu’en 2025, 259 engins motorisés avaient été retirés de la circulation dans le Val-d’Oise depuis janvier, 50 véhicules ont déjà été saisis.
« On doit supporter les vrombissements des moteurs de leurs engins »
Dimanche 22 mars, les gendarmes du Val-d’Oise ont ainsi été mobilisés pour « mettre fin à un regroupement de moto-cross non homologuées dans la ZAC des Epineaux, à Frépillon », indique la préfecture. Un lieu qui est depuis longtemps prisé par les conducteurs du deux-roues désireux de réaliser des accélérations ou des wheelings avec leur deux-roues.
« Dès qu’il fait beau, c’est quasiment tous les week-ends qu’ils se rassemblent », déplore Jean-Claude qui habite en face du parc d’activités de l’autre côté de la voie de chemin de fer. « Ça m’arrive souvent de les voir passer dans les rues de la ville pour se diriger vers là bas, dit-il en pointant du doigt la plaine au loin. Puis après c’est la même histoire, on doit supporter les vrombissements des moteurs de leurs engins. »
De nouveaux engins pour les gendarmes
Au terme de l’opération des gendarmes, douze engins ont été saisis et placés en fourrière, et une personne a été interpellée, précise la préfecture. Pour mener à bien leur action, les militaires étaient dotés de motos spécialisées tout-terrain remises en octobre dernier par le Conseil départemental du Val-d’Oise afin de lutter plus efficacement contre les rodéos sauvages en zone rurale « dont nos agriculteurs souffrent énormément », regrettait alors la présidente (Lr) du Département Marie-Christine Cavecchi.
Ces véhicules, des Honda 300 cm3, vont nous permettre d’assurer une plus grande surveillance et d’intervenir plus facilement sur des chemins agricoles ou dans les champs, qu’avec nos motos classiques qui ne sont pas adaptées. Même si nous réussissons à réaliser des interpellations, c’est un vrai plus.
« Ces motocross doivent contribuer à être encore plus actifs pour lutter contre les rodéos », renchérissait Philippe Court rappelant l’action forte conduite par les forces de l’ordre du Val-d’Oise contre ce fléau ces dernières années. Pour preuve, « le département comptabilise à lui seul 8 % des saisies nationales », note le représentant de l’État.
Ripost
Une action qui pourrait encore se renforcer à la suite du projet de loi présenté mercredi 25 mars 2026 en Conseil des ministres par Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur. Nommé Ripost pour Réponse immédiate aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens, il a pour objectif de répondre aux délits du quotidien d’où son nom.
Dans le viseur du locataire de la place Beauvau, le protoxyde d’azote (lire encadré, Ndlr), la violence dans les stades, les squats, mais aussi les rodéos urbains. Plusieurs nouvelles mesures sont ainsi proposées dont une amende forfaitaire délictuelle de 800 euros avec interdiction administrative de conduire tout véhicule terrestre motorisé, y compris ceux ne nécessitant pas de permis de conduire. Enfin, l’opposition au transfert de propriété du véhicule impliqué dans le cas d’une confiscation, afin d’empêcher le propriétaire de le revendre avant.
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