Face à la flambée des prix du carburant, le groupe Raoux, spécialisé dans le transport sanitaire et le taxi à Bagnols-sur-Cèze, limite l’impact grâce au bioéthanol. Engagée depuis 2014 dans cette transition énergétique, l’entreprise a converti une grande partie de sa flotte.
Les prix à la pompe battent des records ces derniers jours. Une situation qui pèse pour les professionnels qui passent leur vie sur la route. Pourtant, avec sa flotte d’une centaine de véhicules, l’impact est moindre pour le groupe bagnolais Raoux. Et pour cause. L’entreprise spécialisée dans le transport sanitaire et taxi a misé sur le bioéthanol, dont le prix au litre oscille aujourd’hui autour de 0, 70 € contre plus de 2 € pour le gasoil. « Pour un plein, on va être à environ 35 € contre plus d’une centaine d’euros pour une voiture diesel », calcule rapidement le patron, Jean-Michel Barzan. Qui se félicite aujourd’hui d’avoir fait le choix de passer au E85 : « Au lieu de subir et d’attendre des aides de l’État, nous avons pris les devants ».
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Une économie de 150 000 € par an « au minimum »
Un choix sur lequel l’entreprise bagnolaise mise depuis 2014, lorsqu’elle a « senti le vent tourner » en matière de considérations écologiques. Elle délaisse alors ses voitures diesel – « qu’on savait condamnées » – et se tourne vers des hybrides. Puis se rapproche de l’entreprise montpelliéraine BioMotors, spécialisée dans les boîtiers de conversion des véhicules essences au bioéthanol. Après un test aux résultats concluants, la société décide de convertir une soixantaine de ses véhicules à ce biocarburant fabriqué à partir de céréales ou de betteraves à sucre. En parallèle, elle investit quelque 130 000 € pour se doter de sa propre station-service avec une cuve de 40 000 litres de bioéthanol. Une manière de « travailler sereinement » et de « ne pas être tributaires d’éventuelles limitations », indique Jean-Michel Barzan qui se souvient de la grève des routiers contre le permis à point en 1992, laquelle avait paralysé le pays.
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L’investissement est conséquent mais « amorti en quelques années », assure le chef d’entreprise. Qui confie faire, grâce au bioéthanol, une économie annuelle de 150 000 € « au minimum » en termes de carburant, « le deuxième poste de dépenses » de son entreprise après les salaires. D’autant plus que malgré la situation actuelle, l’E85 n’est que « très légèrement » touché par la hausse des prix du carburant. Pour Jean-Michel Barzan à la tête de l’entreprise depuis 1993, les considérations économiques vont encore plus loin car « l’entretien d’un véhicule bioéthanol est divisé par quatre par rapport à un diesel même si cela dépend bien sûr de la marque. Mais par exemple les plaquettes de frein peuvent faire 80 000 km car ces moteurs vont récupérer de l’énergie en freinant ».
« On a anticipé l’avenir »
L’entreprise a tout de même conservé une quarantaine de véhicules diesel, de type ambulances ou mini-bus, « parce qu’il n’en existe pas en essence ». Et pour ces derniers, toujours dans un souci « d’autonomie », elle dispose également de sa propre station-service.
Un modèle économique qui aujourd’hui permet au groupe, dont le chiffre d’affaires en 2025 s’élevait à 6 millions d’euros, d’aborder plus sereinement cette période. « On ne sait pas où les prix vont s’arrêter et, en tant que professionnels, on ne peut pas répercuter cette hausse sur nos clients qui sont l’Assurance maladie, mais aussi des industriels, des associations… Cette hausse peut mettre en danger l’activité de notre corps de métier », lance le patron bagnolais qui ajoute : « On a anticipé l’avenir ».






