Annoncé comme dévastateur, l’épisode de gel a finalement épargné les viticulteurs et arboriculteurs de la vallée du Tarn.
Les prévisions météorologiques annonçaient un épisode de gel sévère pour la nuit de vendredi à samedi, avec des températures pouvant chuter jusqu’à – 4 °C. Une menace prise très au sérieux par les producteurs locaux, déjà marqués par les gelées tardives de 2021 et les épisodes de grêle ou de sécheresse des années suivantes.
« Avec la douceur exceptionnelle de cet hiver, la végétation a au moins dix jours d’avance, expliquait Ludovic Bouviala, président de l’AOP Côtes de Millau au domaine du Vieux Noyer. Tout est en fleurs, et à ce stade, un seul degré en dessous de zéro peut tout anéantir. »
Les craintes étaient d’autant plus vives que les prévisionnistes évoquaient des « gelées noires », un phénomène particulièrement destructeur qui survient par temps calme et clair, lorsque le froid stagne dans les vallées.
Face à ce risque, les agriculteurs s’étaient préparés : bougies allumées, feux de bois, aspersion d’eau pour créer une carapace protectrice autour des bourgeons… « On doit faire des choix, reconnaissait Nicolas Maury, des Vergers de l’Aveyron. On protège d’abord les pommiers, les plus exposés, puis les pruniers. Pour les abricotiers, trop fragiles, on avait presque fait une croix dessus. »
Le vent, sauveur inattendu des cultures
Contre toute attente, le scénario catastrophe ne s’est pas produit. « Les dégâts sont très limités, voire inexistants pour certains, confirme Nathalie Raitière, chargée de mission arboriculture dans la vallée du Tarn. Les vergers ont été bien moins touchés que craint. »
La raison ? « Le vent a sauvé la récolte » explique-t-elle. Les prévisions annonçaient un temps calme, propice aux gelées noires, mais un vent persistant a finalement balayé la vallée, empêchant le froid de stagner.
« On craignait surtout la nuit de vendredi à samedi, mais le vent a continué à souffler bien plus longtemps que prévu », raconte Sébastien Molinié, exploitant à Notre-Dame-des-Champs à Mostuéjouls. Le résultat, « pas ou peu de dégâts. »
« Les températures n’ont pas chuté aussi bas qu’annoncé, ajoute Nathalie Raitière. Les producteurs avaient même lancé leurs dispositifs de protection – bougies, arrosage – mais au final, le vent a fait le travail. » Un soulagement d’autant plus grand que les cultures étaient particulièrement vulnérables cette année, en raison d’une floraison précoce due à un hiver anormalement doux.







