"J’ai dû saisir une chaise pour me défendre" : agressions, précarité… le récit édifiant d’un livreur à vélo à Narbonne

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Médecins du Monde alerte sur la précarité extrême des livreurs à vélo en France dans une étude publiée ce mardi. Entre accidents, discriminations et agressions, leur santé est mise à rude épreuve. A Narbonne, Clément décrit un quotidien ponctué de difficultés.

Des journées sans fin, des revenus très faibles, des discriminations insupportables, des accidents à répétition : dans une étude publiée mardi 31 mars 2026, Médecins du Monde alerte sur la précarité des livreurs à vélo en France et ses conséquences sur leur santé.

Et si l’association a interrogé plus de 1 000 livreurs à Bordeaux et Paris, les difficultés décrites dans l’étude sont également très prégnantes dans la région, et pas seulement à Nîmes ou Montpellier. À Narbonne, Clément, livreur à vélo depuis deux ans et demi, évoque des journées longues et peu rémunératrices : « Il n’y a pas vraiment de journée type, mais je commence généralement à 8 h pour livrer les premières courses, jusqu’à 9 h 30 ».

Ensuite, Clément prend généralement un café avec des collègues ou rentre chez lui pendant l’accalmie, « mais pour de nombreux livreurs sans papiers ou en situation de grande précarité, pas de pause possible car ils doivent maximiser leur temps de travail pour espérer gagner quelques euros supplémentaires ».

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e 11 h 30 à 21 h, la quasi-totalité des livreurs travaillent de manière continue. Pourtant, les après-midi sont assez calmes, selon Clément, qui estime gagner « entre 10 et 15 euros bruts de 14 h à 17 h ». Sur une semaine, le livreur narbonnais atteint donc facilement les 50 heures de travail, là où d’autres sont plutôt autour des 60 à 65 heures hebdomadaires. Le tout pour un salaire inférieur au Smic.

Agressions verbales à répétition

Jamais payés pendant les temps d’attente et travaillant souvent dans des conditions difficiles, les livreurs à vélo sont en outre très exposés aux incivilités des clients, aux insultes voire aux agressions physiques dans les cas les plus extrêmes. « Des personnes ivres qui me manquent de respect, cela arrive régulièrement, regrette Clément Monnier. D’autant qu’un client mécontent, même sans motif légitime, peut très facilement signaler un livreur à la plateforme qui va généralement bloquer son compte et augmenter encore sa précarité. »

Concernant les agressions physiques, notre interlocuteur se souvient d’un restaurateur mécontent qui s’en est pris à lui car il refusait d’annuler une commande : « Il m’a empoigné par le col m’a menacé, à tel point que j’ai dû saisir une chaise pour me protéger avant de prendre la fuite. »

Malgré ces difficultés communes à toute la profession, difficile pour les livreurs de se fédérer et défendre leurs droits, étant donné la situation de concurrence accrue dans laquelle ils sont placés. Le livreur narbonnais estime que le cœur du problème réside dans le statut d’autoentrepreneur, qui est « une vraie illusion de liberté ». « Il n’offre aucune couverture, aucune garantie de revenu et permet aux plateformes de continuer de faire leur fortune sur le dos de travailleurs précaires. » Accidenté ce week-end, le jeune livreur a rempli un formulaire pour tenter d’être indemnisé, il n’a pas eu de nouvelles à ce jour.

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