Ce mardi 31 mars, les nouveaux élus biterrois se retrouvaient à l’hôtel de Ville, pour leur premier "vrai" conseil municipal, celui qui ouvrait l’ère III de Robert Ménard. L’opposition recomposée, au sein de laquelle la liste de Thierry Mathieu occupe quatre des sept sièges, s’est montrée particulièrement divisée.
Ce mardi 31 mars, c’était un peu la rentrée des classes dans la salle du conseil municipal de Béziers. Les élus se réunissaient pour la première fois de cette nouvelle mandature pour voter les délibérations et évoquer les dossiers.
Dans la majorité de Robert Ménard, les bureaux ont été redistribués et les élus devenus adjoints, par exemple, ont pris place aux côtés du premier magistrat, à l’image d’Emmanuelle Ménard. Certains manquent déjà à l’appel, comme Jean-Pascal Pelagatti qui a donné pouvoir. Du côté de l’opposition, le député RN Julien Gabarron est également absent. « J’avais des réunions importantes à Paris, a-t-il expliqué à Midi Libre le lendemain. Mais je vais faire en sorte de pouvoir être présent aux prochaines réunions. » Il est vrai que les séances du conseil ont désormais lieu le mardi, au lieu du lundi ces six dernières années. Certains opposants n’hésitent pas à affirmer que ce changement vise à exclure l’élu RN. Les services municipaux l’expliquent, eux, par « une réorganisation interne, tout simplement »…
À l’ordre du jour, quelques dossiers. Mais surtout, pour l’essentiel, la désignation des représentants de la Ville dans différents organismes, tels que le Groupement des œuvres sociales (GOS), le Syndicat mixte du domaine de Bayssan… et l’élection des membres de la commission d’appel d’offres, de la commission de délégation de service public et du CCAS, le centre communal d’action sociale.
« Il n’y a pas eu d’accord général au sein de l’opposition »
Dans les rangs de la nouvelle opposition, quasi-entièrement renouvelée – à l’exception de Thierry Antoine (Les Écologistes) – ce baptême du feu a montré, d’emblée, de nettes tensions. Dans le cadre de ces élections à la proportionnelle, Thierry Mathieu (Rassembler Béziers) et Julien Gabarron (RN) se sont associés, de façon pragmatique, pour présenter une liste commune qui leur a permis d’obtenir un siège pour Nadia Boulet (Rassembler Béziers) au CCAS et un autre pour Roxane Vidal (colistière RN) à la commission d’appel d’offres.
Mais de son côté, Thierry Antoine entendait se désolidariser complètement de cette démarche : « Il n’y a pas eu d’accord général au sein de l’opposition. Je ne figurais sur aucune liste et je n’ai pas voté pour la liste sur laquelle apparaissait une candidature RN. Il n’y a pas une opposition mais des oppositions. C’est parfaitement clair pour moi et le Printemps de Béziers », déclarait-il ainsi à l’issue du conseil.
« Si on n’avait pas fait ça, on n’aurait pas eu le poste au CCAS », explique, lui, Thierry Mathieu. En clair, il fallait a minima six des sept voix de l’opposition pour être élu. « Il s’agissait donc d’un rassemblement des forces pour avoir un poste dans chaque commission. Initialement, il (Thierry Antoine NDLR) était d’accord et devait déposer une liste pour la commission de délégation de service public… Mais il nous a trompés pour faire de la politique », estime le conseiller régional. « Cela ne veut pas dire que derrière, il y a la moindre union avec le RN », précise-t-il encore. « Il n’y a pas de collusion, confirmait Julien Gabarron. Mais la volonté que toutes les oppositions soient représentées dans les commissions. »
Tout au long de la séance, l’opposition n’a donc pas voté de concert. De fait, pour Thierry Antoine, qui avait l’habitude de croiser le fer avec Robert Ménard aux côtés de son acolyte communiste Nicolas Cossange, la donne a changé. Tout ça ne devrait pas être pour déplaire à Robert Ménard. Ce dernier, a aussi, on le rappelle, dû composer avec la démission de son adjointe Bénédicte Firmin, seulement quelques jours avant la tenue de ce conseil… Bref, chacun prend encore ses marques et ajuste ses positions.






