Les avocats lozériens expriment ainsi leur opposition au projet de loi relatif à la justice criminelle et au respect des victimes issu du projet dit "SURE", actuellement en discussion au Parlement.
Dans un communiqué adressé à la presse, le bâtonnier du tribunal judiciaire de Mende, Véronique Barnier, annonce qu’un mouvement de grève totale de toutes les activités judiciaires pénales (CRPC, y compris déferrement, toutes les permanences et désignations pénales, y compris mineurs, tout le secteur pénal libre et assisté) au sein de l’établissement est en place à partir de ce jeudi 2 avril 2026 et jusqu’au lundi 13 avril. Le mouvement est « possiblement reconductible ».
« L’assemblée générale des avocats du barreau de Lozère s’inscrit dans le sillage des positions fermes prises par la Conférence des bâtonniers et le Conseil national des barreaux. » Les avocats lozériens expriment ainsi leur opposition au projet de loi relatif à la justice criminelle et au respect des victimes issu du projet dit « SURE », actuellement en discussion au Parlement.
« Depuis plusieurs années déjà, notre système judiciaire est gravement impacté par une politique qui a pour effet de s’en prendre frontalement aux droits fondamentaux des personnes poursuivies, écrit le secrétaire de l’Ordre. La création d’une procédure de jugement des crimes reconnus, assimilable à un plaider-coupable criminel, constitue une rupture majeure dans laquelle le débat n’existe plus. Elle transforme le jugement des crimes les plus graves en une justice soi-disant négociée. »
Des mesures « particulièrement inquiétantes »
Dans cette même motion, il est indiqué que « le délai très bref laissé à la partie civile pour s’opposer à la procédure est insuffisant […] L’absence de véritable audience prive les victimes d’un espace d’expression et de reconnaissance. »
Le communiqué dénonce d’autres mesures « particulièrement inquiétantes » : la création de « sas » de détention et l’encadrement restrictif des requêtes en nullité.
« Une justice criminelle expéditive anéantit l’institution judiciaire et porte atteinte à l’État de droit. La justice, instrument de paix sociale, ne mérite pas d’être sacrifiée sur l’autel de calculs budgétaires et politiques », conclut le bâtonnier.








