Ouvert depuis quelques semaines à Clermont, “Trajectoires” propose un concept encore rare : un café où les parents peuvent souffler pendant que les plus petits jouent, explorent et participent à des ateliers.
Mercredi matin, une belle effervescence s’empare de « Trajectoires », le café poussette de Clermont où se retrouvent des parents et leur progéniture. Dans ce lieu qui combine coffee shop et ateliers pour enfants, l’ambiance n’est pas celle, feutrée, qui prévaut en première classe dans wagons de la SNCF. Ici, « c’est plutôt aux petits mômes qu’Optimum* », s’amuse la maîtresse des lieux, Elodie André. Nébianaise, la jeune maman a ouvert depuis quelques semaines des locaux « conçus pour offrir aux parents un moment de respiration tout en permettant aux enfants d’explorer, jouer et apprendre dans un environnement adapté ». Depuis, du mardi au samedi, l’affluence va crescendo.
Passer un moment de complicité
« J’avais découvert les cafés poussettes et trouvé le concept génial. En tant que parent on peut profiter du moment sans être jugé si l’enfant fait du bruit, gigote, explore, bref s’il se comporte comme un enfant. Le but ce n’est pas de lâcher son enfant et de se dire, « je m’en débarrasse », mais que les parents puissent passer un moment de complicité avec leur enfant », explique-t-elle. Outre les nombreux jeux présents dans ces locaux de 230 m2, des ateliers et animations sont aussi régulièrement proposés. Certains sont gratuits, d’autres, assurés par des animateurs, sont payants (environ 12 € par enfant), le simple café, lui est à 1,80 €.
Sur place, le matériel permet à tous les enfants de « se sentir bien. Il y a des tabourets oscillants, des fidgets*… Ce sont objets souvent utilisés pour des enfants qui ont des neuroatypies mais qui, en réalité, conviennent à tous les enfants, c’est inclusif », analyse-t-elle. L’inclusion se veut aussi intergénérationnelle à Trajectoires où il n’est pas rare de voir un parent venir avec ses enfants mais aussi ses propres parents… »C’est très émouvant pour moi de les voir ensemble, c’est vraiment comme cela que je l’imaginais : un moment de partage intergénérationnel », savoure-t-elle.
Le petit truc en plus
« Ici, on peut passer une heure sans voir le temps passer. Cela évite d’avoir à ranger tout le bazar à la maison et, dans les cafés traditionnels il n’est pas possible de prendre ce moment avec ses enfants », apprécie Karen. Maman de trois filles âgées de 2 à 10 ans, elle a découvert l’endroit par hasard, à l’ouverture. Elle est déjà devenue une fidèle du lieu qu’elle côtoie souvent, avec des ami(e) s qui ont aussi des enfants. « On vient tous les mercredis pendant que ma fille est à la danse, juste à côté. On vient aussi parfois en semaine car Livio ne va pas à la crèche. Elodie propose beaucoup d’activités, cela permet de varier les propositions et cela permet à Livio de voir d’autres enfants », témoigne Océane venue avec le benjamin. À Clermont, un tel lieu n’existait pas encore. « Il y a l’Arbre à bulles*, un lieu d’accueil parents enfants qui se déplace de commune en commune et qui est très bien. Mais, ici, on peut prendre un café, et si mon fils à un creux, il peut manger quelque chose. Avec les activités et animations, c’est vraiment le petit truc en plus. »
Un projet inclusif
Situé à la confluence du centre-ville, de zones pavillonnaires et de logements sociaux, non loin d’écoles et des complexes sportifs, « Trajectoires café » porte aussi une ambition sociale : rendre les activités éducatives accessibles à toutes les familles du territoire. « Cela correspond aussi à notre volonté d’avoir un projet inclusif », complète Elodie André. Quant au nom, « Trajectoires » rend hommage à la volonté de contribuer à mettre ces minots sur le bon chemin. « L’idée de base c’était d’avoir les ateliers qui encouragent la curiosité des enfants et développent leur capital culturel. L’idée, c’est d’accompagner la trajectoire de chaque enfant loin des limitations que l’on peut rencontrer. Car statistiquement, en zone rurale, on a moins de chances de faire de longues études. C’est d’autant plus vrai pour les filles qui viennent de CSP moyennes… », assure Elodie André








