Réunis devant la sous-préfecture, dans le cadre d’une journée d’action nationale, les retraités ont dénoncé la baisse de leur pouvoir d’achat, des petites pensions et un accès aux soins de plus en plus difficile
Les retraités sont-ils des privilégiés qui coûtent trop cher ? Des assistés, responsables du déficit de la nation ? « Non, bien sûr », rétorque l’intersyndicale des retraités (*) qui manifestait, ce jeudi 2 avril en fin de matinée, à Béziers, devant la sous-préfecture, dans le cadre d’une journée d’action nationale.
« Les retraités n’ont pas à être les boucs émissaires des difficultés économiques du pays. Après une vie professionnelle, souvent de plus de 42 ans, on ne leur oppose que cette image de nantis, qui ne contribuent plus à l’économie du pays et qui pèsent sur le budget de la Sécurité sociale », indique Bernard Roustan, responsable de l’Union des sections locales des retraités du Biterrois.
Des retraites très modestes
Or, la réalité est bien plus complexe : « Beaucoup de retraités, notamment des femmes, vivent avec des pensions très modestes », poursuit-il. 60 % des retraités touchent une retraite inférieure au Smic, dont 27 % (74 % de femmes) qui ont moins de 1 000 € ».
Outre un niveau de vie en berne – « on a eu une revalorisation de 0,9 % sur les retraites de base, c’est dérisoire » – et une précarité grandissante, les manifestants dénoncent également un accès aux soins devenu difficile : taxe supplémentaire sur les mutuelles, hausse des cotisations et des franchises – le forfait hospitalier est ainsi passé, depuis le 1er mars, de 20 € à 23 €.
Revalorisation de 10 %
« Ces hausses sont injustes et dangereuses. Elles vont pousser encore plus de gens à renoncer aux soins », relate encore Bernard Roustan. De fait, « tout augmente : la CSG, la taxe foncière, les factures de gaz et d’électricité, les loyers, etc., tout sauf nos retraites ».
L’intersyndicale demande ainsi « une revalorisation immédiate de 10 % des pensions de base et complémentaires, le minimum pour rattraper la perte de pouvoir d’achat ».
« Nous exigeons aussi un véritable accès aux soins pour tous, et le développement des services publics sur tout le territoire et un financement de la Sécurité sociale basé sur les cotisations sociales ». Une délégation a ensuite été reçue par le sous-préfet Jacques Lucbereilh pour exposer ses doléances.






