Dimanche dernier, l’aéroport Béziers-Cap-d’Agde accueillait son premier vol d’été. Le lancement d’une saison qui semble transitoire. Si les neuf destinations opérées par Ryanair en haute saison ont été maintenues, la suspension, à l’automne dernier, de la liaison Paris-Beauvais, est encore dans tous les esprits. L’infrastucture, essentielle pour l’économie du territoire, a besoin d’un nouveau cap. Explications.
Ce mercredi matin, sur le tarmac de l’aéroport Béziers-Cap-d’Agde, l’avion aux couleurs de Ryanair vient d’atterrir et crache un flux continu de touristes en provenance de Bristol. Tous accueillis par le grand ciel bleu attendu, mais aussi un vent glacial saisissant.
Les vols d’été ont débuté le dimanche précédent. « On a 92 % de taux de remplissage en moyenne pour cette semaine du 30 mars au 5 avril », souligne Isabelle Roumagnou, qui vient de reprendre la direction de l’infrastructure au pied levé, à la suite du départ de Fabrice Creon, le précédent directeur. Elle avait déjà occupé cette fonction avant de partir à la retraite au printemps 2024. Elle assurera l’intérim jusqu’au recrutement d’un nouveau profil.
« Un aéroport dédié à l’import »
Avec son énergie et sa bonne connaissance des dossiers, elle a pour mission de lancer cette nouvelle saison, dans un climat un peu morose pour la centaine de salariés encore sous le coup de la suspension de la ligne vers Paris-Beauvais à l’automne dernier, décidée par Ryanair.
Pas de nouveautés cette année : en ce début avril, neuf lignes ouvrent (lire ci-dessous) vers cinq pays, l’Allemagne, la Suède, la Belgique, l’Irlande et le Royaume-Uni, toutes assurées par la compagnie irlandaise. Pour cette semaine de lancement, 16 vols commerciaux sont au planning. Avant une montée en puissance jusqu’à 25 vols.
Neuf destinations en Europe du nord depuis Béziers-Cap-d’Agde
En ce mois d’avril, les destinations estivales ont ouvert. Elles restent inchangées par rapport à 2025. Pour rappel, l’aéroport Béziers-Cap-d’Agde dessert : Düsseldorf en Allemagne ; Bruxelles en Belgique ; Shannon en Irlande ; Bristol, Manchester, Édimbourg, Londres Lutton et Londres Stansted au Royaume Uni ; et Stockholm en Suède.
Quelques dizaines de minutes après son atterrissage, l’avion se remplit de nouveau : cette fois, les passagers sont peu nombreux. « Dans ce sens, c’est moins chargé, on est à 45 % en moyenne de taux de remplissage. On est vraiment un aéroport dédié à l’import », explique Isabelle Roumagnou. L’objectif, pour le Syndicat mixte gestionnaire du site, est en effet de soutenir l’économie touristique locale grâce l’arrivée de ces étrangers venus d’Europe du nord pour passer leurs vacances sur le littoral biterrois.
Une stratégie qui fonctionne : « En 2025, malgré l’arrêt de Beauvais, on a eu 287 000 passagers. » Contre 281 000 en 2024. « On aurait dépassé les 300 000 s’il n’y avait pas eu la suspension de ligne. » Des chiffres que la directrice n’hésite pas à valoriser et communiquer. Car l’aéroport Béziers-Cap-d’Agde doit en quelque sorte trouver les clés pour s’offrir un avenir serein.
« On a besoin de diversifier nos ressources »
Le contrat liant l’aéroport à la compagnie low-cost arrivait à échéance en ce début d’année 2026. « On l’a reconduit pour l’année, le temps de voir l’évolution du futur », indique Philippe Vidal, le président du syndicat mixte. Les enjeux pour les années à venir sont clairs : « On doit répondre à la Chambre régionale des comptes et à la Commission européenne. On veut pouvoir passer des contrats qui ne seront pas soumis à critique. Pour cela, on a besoin de diversifier nos ressources. »
La Chambre des comptes, dans un rapport datant de 2023, pointait la fragilité du modèle économique avec un déficit structurel et le problème posé par une dépendance totale à Ryanair. La Commission européenne, elle, enquêtait sur ces aides publiques permettant le fonctionnement de l’infrastructure…
L’une des solutions envisagées se situe sur les 140 hectares de foncier appartenant au syndicat où une zone d’activités doit s’implanter, portée par l’aménageur Viaterra. Elle pourrait accueillir des entreprises du secteur aéroportuaire et aéronautique. Des études ont été réalisées, des contacts ont été pris. Quant au développement de nouvelles compagnies et destinations, pour l’heure, tout reste à construire et négocier. D’autant que la gouvernance de l’aéroport est sur le point d’être renouvelée.
Une nouvelle gouvernance annoncée pour mai
L’aéroport a un statut particulier, il est géré par le Syndicat mixte aéroport Béziers-Cap-d’Agde composé de représentants de différentes collectivités (Agglo Béziers Méditerranée, Hérault Méditerranée, Office de tourisme Cap-d’Agde Méditerranée, Département, Région Occitanie, Agglo de Sète, Domitienne qui détiennent toutes des parts du syndicat). Auparavant, de 2007 à 2011, il avait été détenu et exploité par la Chambre de commerce et d’industrie de Béziers Saint-Pons.
La présidence du conseil syndical est tournante. Et le mandat de 4 ans de Philippe Vidal s’arrêtera en septembre prochain. Mais dès l’installation des nouveaux délégués, choisis par les nouveaux conseils communautaires, en mai prochain, Philippe Vidal laissera sa place. Une nouvelle gouvernance sera donc bientôt décidée, ce qui devrait permettre de définir une stratégie et un cap pour les années à venir.
Une centaine d’emplois
L’aéroport emploie une cinquantaine de salariés en direct mais compte une centaine de salariés en haute saison : personnels de l’aéroport, loueurs de voitures, restauration, douanes, tour de contrôle… En plus des vols commerciaux, le site accueille le pélicandrome et les installations des pompiers à partir de début juin, les évacuations sanitaires, l’aviation d’affaires via un partenariat avec l’aéroport de Nice et de l’aviation de loisirs avec l’aéroclub.







