"Le démarrage de notre réacteur innovant dans le Gard rhodanien est prévu en 2035" annonce le président de la start-up Hexana

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La start-up Hexana va implanter sa plateforme énergétique SMR (small modular reactor) dans le Gard rhodanien. Son directeur Sylvain Nizou nous explique ce projet.

La société Hexana va implanter son premier SMR dans le Gard rhodanien, quel est ce projet ?

Il consiste à développer un petit réacteur nucléaire (SMR, en anglais : small modular reactor, ndlr) innovant destiné à produire de l’énergie bas carbone, l’énergie nucléaire ne produit en effet quasiment pas de CO2 par rapport aux combustibles fossiles. On propose une alternative à l’utilisation de ces combustibles fossiles dans le contexte de changement climatique, de transition énergétique, mais aussi dans celui de la réindustrialisation et de la souveraineté industrielle. On va produire de l’énergie sur le territoire à partir de ressources qui sont sur le territoire. C’est une technologie qui fonctionne avec les matières recyclées des combustibles usés. On est dans une économie circulaire.

Notre projet est destiné principalement à l’industrie, mais on a aussi la possibilité d’apporter de l’énergie directement pour le réseau électrique, et y apporter de la flexibilité. On peut stocker l’énergie temporairement dans une batterie thermique, tout en produisant.

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Quelle est votre technologie ?

C’est une technologie de réacteur à neutrons rapides refroidis au sodium, qui permet de produire à la fois de la chaleur à haute température et de l’électricité. Elle a été développée par le CEA – avec Astrid, Phénix…- et a déjà plus de 70 ans d’existence. Elle a été abandonnée industriellement car à l’époque la filière traditionnelle convenait très bien, l’utilisation des combustibles fossiles n’était pas un sujet, ni la souveraineté. Elle est restée à l’état de travaux de recherche au CEA. On a la chance que ces savoir-faire n’aient pas été perdus, on a un patrimoine nucléaire. On travaille avec ceux qui s’étaient impliqués dans cette technologie pour la réactiver. Mon associé Paul Gauthé, (cofondateur, directeur général et directeur technique d’Hexana) a travaillé sur le projet Astrid.

« On va démarrer la construction à partir de 2031 »

Où en êtes-vous ?

On est au tout début, on n’a pas encore construit de réacteur Hexana. On vient d’en finaliser la conception, on rentre dans une phase d’industrialisation. Le premier réacteur qu’on va construire dans le Gard rhodanien ne sera pas un prototype. À partir de 2031, on va démarrer la construction de notre plateforme énergétique, une fois qu’on aura obtenu les autorisations auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire. Ce premier objet industriel aura une vie commerciale d’une durée de 60 à 80 ans. Hexana n’est pas forcément le futur exploitant de ce type d’installation.

Dans le Gard rhodanien, on va installer une plateforme énergétique alimentée par deux SMR dans un même bâtiment qui va pouvoir produire de l’énergie. Le démarrage est prévu à partir de 2035. Cette tête de projet industriel permettra de lancer d’autres projets en parallèle.

Pourquoi avoir choisi le Gard rhodanien ?

C’est un territoire du nucléaire avec Marcoule, de nombreux sous-traitants, des associations d’industriels… Il y a beaucoup de compétences. Le Gard rhodanien est un territoire du nucléaire qui attend depuis des décennies la relance d’un grand projet structurant.

Avez-vous décidé de la localisation ?

On a identifié un certain nombre de sites et d’opportunités dans l’agglomération, on démarre des études pour trouver le lieu idéal pour cette implantation.

Combien coûte un tel projet ?

Quelques milliards d’euros, mais ça représente des quantités d’énergie considérable. Ramené à ces quantités, c’est très rentable. On a déjà des clients. Il y a de nombreux domaines qui ont besoin de beaucoup d’énergie.

Va-t-il créer de l’emploi ?

On va mobiliser des acteurs industriels, des partenaires, qui vont eux aussi mobiliser beaucoup d’acteurs, dans les usines, sur le site du chantier… On peut s’attendre à avoir entre 2 000 et 3 000 personnes au maximum pendant les deux ans de la construction, et à terme c’est un objectif d’environ 200 personnes en permanence sur l’exploitation d’une installation de cette nature. Il y aura des opérations régulières d’intervention, de maintenance, ça mobilise du monde !

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