Trente ans de réclusion criminelle ont été requis mercredi en appel contre le Chilien Nicolas Zepeda pour l’assassinat de son ex-petite amie Narumi Kurosaki à Besançon en 2016.
Trente ans de réclusion criminelle ont été requis en appel mercredi contre le Chilien , dont le corps n’a jamais été retrouvé.
L’accusé a « assassiné » l’étudiante Narumi Kurosaki dans la chambre de sa résidence universitaire avant d’immerger son corps dans une rivière, parce qu’il n’a « pas supporté » qu’elle l’éconduise pour un nouvel amoureux, a estimé l’avocat général Vincent Auger devant la cour d’assises du Rhône.
Condamné à 28 ans de prison en 2022, puis à la même peine en appel en 2023, en détention depuis six ans après son extradition du Chili, il a bénéficié en 2025 d’une rare annulation d’un verdict par la Cour de cassation, pour un vice de procédure.
Le Chilien, extradé de son pays en 2020 et en détention depuis, a toujours clamé son innocence. « Je ne l’ai pas tuée, je l’aimais profondément », a-t-il encore dit mercredi. Confronté à des indices confondants, il a toutefois reconnu avoir menti à de nombreuses reprises au cours des dix dernières années.
Pas de corps
Narumi Kurosaki, fraîchement arrivée du Japon, entamait à la rentrée 2016 à Besançon des études de français. Elle était vue vivante pour la dernière fois le 4 décembre regagnant sa résidence universitaire. La nuit, des voisins ont entendu des hurlements terrifiants, « comme dans un film d’horreur ».
Narumi et Nicolas Zepeda avaient noué une relation amoureuse en 2014 au Japon. Un mois après son arrivée à Besançon, elle annonce à Nicolas, rentré au Chili, qu’elle le quitte, car trop possessif et inquisiteur. Elle a un nouvel amoureux, étudiant français.
Après des messages tantôt énamourés tantôt comminatoires à Narumi, le Chilien vient fin novembre en France. Pour des recherches académiques, dira-t-il d’abord aux enquêteurs.
Les bornages de son téléphone et du GPS de sa voiture de location, mais aussi des témoignages d’étudiants qui l’ont vu aux abords et même dans la résidence, démontrent qu’il a épié Narumi quatre jours durant.
Zepeda prétendra d’abord qu’il s’est garé là par hasard le 4 décembre et que Narumi est tombée fortuitement sur lui. Après un dîner au restaurant, ils sont rentrés dans la chambre et y auraient eu des relations sexuelles, selon lui. Les hurlements ? Le Chilien assure que Narumi avait été « expressive dans ses gémissements ».
Le corps de l’étudiante japonaise n’a jamais été retrouvé. Selon le magistrat, il a étranglé ou étouffé Narumi et enterré ou immergé son corps dans un sous-bois bordé d’une rivière, où son GPS et son téléphone ont prouvé qu’il avait passé du temps cinq jours plus tôt, puis à nouveau après avoir quitté la chambre de la Japonaise.




