Un quadra travaillant sur le site de Naval Group s’est acheté il y a trois ans une longère dans un hameau de Couville (Manche), avec 3 000 m2 de terrain, pour goûter au calme de la campagne après des journées denses de travail.
L’originalité des lieux, c’est qu’une longère semblable se trouve non loin de sa demeure, en vis-à-vis, et que le terrain qui l’entoure communique sans obstacle avec le sien.
Les relations se sont rapidement dégradées
Le temps de prendre la mesure de ce voisinage, notre quadra, au bout d’un an et demi, a fini par se fatiguer des animaux, le cochon, les oies, les lapins, que les limites de propriété laissaient indifférents, du chien qui se soulageait où il voulait selon ses besoins, d’une chèvre qui venait brouter ses plantations, et aussi d’un barbecue dont l’emplacement lui envoyait ses fumées graisseuses dans les narines, de poubelles débordantes juste en face de chez lui, de parpaings en rade pour des travaux qui n’en finissaient pas, et qui ne sont toujours pas finis…
À ce contexte s’ajoutaient des passages de quad. C’était beaucoup pour quelqu’un venu chercher le repos paisible de la campagne.
Le quadragénaire devant les juges
Il a donc commencé à signaler sa désapprobation au négligé de son voisinage de vive voix, puis par des petits mots, des SMS, des appels aux gendarmes, au maire de la commune, et finalement des plaintes, sur un an et demi.
En retour, il a reçu des menaces de mort, puis il s’est retrouvé convoqué au tribunal pour harcèlement moral de la part de sa voisine, réellement mal, angoissée par les SMS qu’elle avait reçus, soulignant que ses enfants ont peur du Monsieur, troublés jusque dans son sommeil, au point d’avoir obtenu du médecin qui l’a examinée à la suite de sa plainte une incapacité (ITT) de 21 jours.
Pour elle, l’homme d’en face est le « Parisien » typique qui s’installe à la campagne et qui en combat les contraintes pour l’adapter à son style de vie. Mais est-on vraiment dans ce cas de figure ?
S’interrogeant sur ce voisinage dégradé, le quadra a sollicité le vendeur de sa longère qui lui a confirmé qu’il avait subi les mêmes nuisances, animaux en liberté, barbecue intempestif, quad à vive allure, au point d’avoir la sensation désagréable de n’être plus chez soi.
Le quadra aurait sûrement aimé avoir ces informations au moment de la vente !
Matériellement, pas de harcèlement
Finalement, le blocage a engendré de la souffrance, un mal vivre, des deux côtés, à force de ne penser qu’à ça.
Mais, a précisé le procureur, il est vain d’attendre du tribunal correctionnel un arbitrage pour que la concorde sociale se refasse, ce n’est pas son rôle. Il s’agit uniquement pour les juges de cette juridiction d’examiner si, dans ce cas, il y a eu l’infraction dénoncée dans la plainte, s’il y a eu harcèlement par des propos ou des comportements répétés du prévenu dont l’effet a abouti à la dégradation des conditions de vie de la plaignante au point de nuire à sa santé.
« J’entends les souffrances de celle-ci, dit le magistrat, mais, sur le long temps de cette situation (de septembre 2024 à juin 2025), deux courriers et des SMS ne répondent pas matériellement à la définition du « harcèlement » et donc ne peuvent conduire à une condamnation. »
Aux juges de trancher et ils l’ont fait en prononçant la relaxe du prévenu.
La plaignante avait demandé 20 000 € de dommages en compensation de son préjudice.
Le tribunal a reçu sa demande, mais ne pouvait y répondre puisque le prévenu était reconnu non coupable.
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