Attaque du Prolé d’Alès : les parties civiles s’impatientent et attendent "une véritable justice", le parquet rétorque que "le dossier est à l’étude"

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Les avocats de victimes demandent "que l’enquête soit finalisée" ; le ministère public, pour sa part, répond que les investigations sont "terminées. La police judiciaire de Montpellier a travaillé."

L’affaire revient sur le tapis. La section alésienne du Parti communiste français (PCF), deux avocats des parties civiles et la direction du Prolé se penchent, ce vendredi 3 avril, sur l’attaque survenue dans l’établissement de la rue de Beauteville, lors de la feria de l’Ascension de 2025. Après que trois suspects cévenols, présumés proches du groupuscule identitaire d’ultra-droite « Block Montpelliérain », ont été interpellés, puis remis en libertés, ils veulent savoir « où on en est un an après », dixit le communiste Giovanni Di Francesco. « Dans un contexte post-élections municipales où on a constaté une explosion du Rassemblement national […] On assiste à une libération de la parole raciste. Ils se sentent pousser des ailes […] À Alès, le RN a triplé son score et a frôlé la victoire aux élections. »

Me Sophie Mazas dénonce « un silence qui est retombé »

Revenant sur l’affaire stricto sensu, Me Sophie Mazas, l’un des trois conseils des parties civiles, « s’étonne, aujourd’hui, que les victimes attendent encore une instruction ». Après « un frémissement du parquet » au moment des interpellations du début d’année et la dissolution du « Block montpelliérain », dont le décret fait état des événements survenus à Alès, « on en est à un silence qui est retombé ». « Il y a eu un grand espoir à la fin février », embraye Cécile Alphon-Layre, responsable du Prolé, en rappelant que des confrontations se sont déroulées à Montpellier, entre les suspects et les victimes. « Depuis, plus aucune nouvelle. Le coup au moral est là aussi. Et il y a la crainte de représailles. On attend aujourd’hui qu’il y ait de véritables suites données à cette affaire et une véritable justice. »

Déclarant que « tous les témoins de l’agression n’ont pas été entendus », que « l’impunité de la violence de l’extrême droite n’est pas envisageable », Me Mazas demande, au nom de tous, « que l’enquête soit finalisée ». « Il faut que ce dossier avance », appuie Me Ralph Blindauer. « Il faut que les témoins soient entendus. » Pour le coup, Abdelkrim Grini, le procureur de la République d’Alès, signale que les investigations sont « terminées. La police judiciaire de Montpellier a travaillé. » D’ailleurs, ce dossier, qu’il a reçu « le 23 mars », se trouve actuellement sur son bureau…

« Un classement sans suite, pour les victimes, c’est inenvisageable », balance déjà Me Sophie Mazas. « Le dossier est à l’étude », répond le procureur Grini, droit dans ses bottes, en évoquant « deux hypothèses. Soit il y a des éléments pour imputer des violences à X ou à Y, et je poursuis. Soit il n’y a rien et je me dirigerai vers un classement sans suite. »

« Ici, on ne lâchera rien », prévient-on au Prolé d’Alès

Il reste, donc, à patienter. Pour autant, Me Mazas prévient qu’« ici, on ne lâchera rien », en envisageant même une contre-attaque à un éventuel classement sans suite. Avec des réponses telles que « la citation directe devant le tribunal correctionnel. C’est une possibilité expressément offerte par le Code de procédure pénale. »

L’avocate rappelle que, « dans quelques semaines, il y aura la feria, et il est hors de question que les victimes baissent la tête ». Au Prolé, Giovanni Di Francesco annonce déjà qu’« on va renforcer, pour le public, les moyens de sécurisation ». Mais Le Prolé célébrera quoi qu’il en soit cette feria de l’Ascension. Cécile Alphon-Layre conclut d’un sourire : « Chaque année, il y a une fête d’enfer au Prolé ! »

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