La police judiciaire de Toulouse vient de mener une opération d’envergure dans la Ville rose : dix membres d’une bande des Izards – appartenant au milieu du crime organisé – ont été interpellés simultanément, ce lundi 13 avril 2026 dans la matinée.
Ils sont pour certains considérés comme des cibles « high level » localement, que les policiers de la DCOS (la division de la criminalité organisée et spécialisée) avaient à l’œil depuis plus d’un an. Le temps pour eux de commettre au moins six faits entre Toulouse, Montauban et Carcassonne, pour lesquels ils se retrouvent en garde à vue : tentative d’homicide, vols et extorsions en bande organisée, trafic de drogue et association de malfaiteurs. Détails d’un coup de filet hors normes.
Liés à l’équipe des Izards qui vient d’être condamnée aux Assises
Ces hommes, âgés de 20 à 38 ans, sont tous membres d’une même équipe. Elle est liée (parfois très étroitement) aux trafiquants récemment condamnés aux Assises de Toulouse pour l’une des fusillades mortelles de l’été 2020.
Parmi les individus interpellés ce lundi 13 avril, beaucoup sont sortis récemment de prison : connus pour être des trafiquants de drogue, ils se seraient reconvertis dans des contrats de vols, de racket ou d’extorsion (a minima). On compte notamment des personnalités « plutôt haut placées dans le réseau », dont le rôle a évolué au gré des interpellations d’autres membres.
Extorquer des victimes qui ne porteront pas plainte
« Cette bande faisait régner la terreur et volait ou extorquait tout un tas de personnes, surtout dans le milieu délinquant », souligne à Actu Toulouse une source proche de l’enquête.
C’est-à-dire qu’ils obtenaient de force des objets de valeur, des stupéfiants ou de l’argent, par exemple. Pratique : si les victimes elles-mêmes trempent dans des activités illégales, elles ont peu de chance de porter plainte. Et « même lorsqu’elles le faisaient, les victimes n’expliquaient pas toute l’histoire », indique la même source, « omettant parfois de souligner qu’on leur avait soustrait des dizaines de milliers d’euros ».
Une tentative d’homicide, le 4 février 2026
En à peine quelques mois, depuis juillet 2025, les dix mis en cause sont donc accusés d’avoir commis deux vols avec violences, trois extorsions… et une tentative d’homicide.
Cette dernière date du 4 février 2026 : un jeune 21 ans avait alors été blessé par balles, dans le quartier Grand Selve. Le tireur, passager d’un scooter, avait fait feu à plusieurs reprises, touchant la victime au moins une fois à la jambe. Le jeune homme en était ressorti blessé, mais ses jours n’étaient pas en danger.
Dix hommes arrêtés simultanément
Après de longs mois de travail, les enquêteurs de la DCOS ont donc organisé une lourde opération coordonnée pour interpeller les mis en cause, ce lundi 13 avril.
A 6 heures du matin, les effectifs du commissariat de police judiciaire, du Raid et de la brigade canine (avec des renforts extérieurs) ont simultanément cueilli huit mis en cause, chez eux, à Toulouse et aux alentours. Deux derniers suspects ont ensuite été arrêtés en fin de matinée, « dont un qui revenait de l’étranger ».
Le fruit des perquisitions
Lors des perquisitions, les forces de l’ordre ont saisi 20 000 euros en liquide, plusieurs armes de poing, une dizaine de véhicules – qui pourraient avoir servi à commettre des délits ou des crimes -, des montres et des articles de luxe.
Sont-ils le produit direct des vols et extorsions, ou la conversion de l’argent gagné grâce à ces faits ? L’enquête devrait permettre d’éclaircir ce point.
96 heures de garde à vue maximum
Les dix hommes sont désormais entre les mains des enquêteurs de la DCOS, pour un maximum de 96 heures – les chefs de « bande organisée » et de « trafic de drogue » permettant ces gardes à vue à rallonge. Affaire à suivre.
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