C’est le deuxième ancien chef d’État à y être jugé après Philippe Pétain. Depuis le 17 mars 2026, Nicolas Sarkozy est jugé en appel à Paris dans l’affaire du financement libyen pour association de malfaiteurs. L’ancien président et les autres prévenus ne sont pas jugés n’importe où. C’est devant la première chambre que l’audience se tient. Un lieu réputé pour sa magnificence mais aussi son histoire judiciaire.
Un lieu créé après la Commune
Pour comprendre l’histoire de cette salle clinquante, il faut comprendre que le Palais de Justice de Paris, datant de l’époque romaine, a eu une vie mouvementée. Au fil des siècles, des incendies ont ravagé l’ancienne résidence des rois de France. Le dernier en date et l’un des plus ravageurs : celui de la Commune de 1871. Le lieu était alors en pleine rénovation. En pleine semaine sanglante, les partisans de la Commune y mirent le feu, comme à l’Hôtel de Ville ou encore au palais des Tuileries.
Durant la IIIe République, de nouveaux travaux sont mis en oeuvre pour réparer les dégâts. C’est là qu’une nouvelle chambre est créée au sein de la cour d’appel. La salle d’apparat est inaugurée en 1892. À l’intérieur, des murailles tendues de tapisseries provenant de la manufacture des Gobelins. On y trouve également deux motifs en bois datant du règne d’Henri II. Ces derniers provenaient de la chambre des comptes, bâtiment brûlé durant la Commune et jamais reconstruit. Au plafond, une fresque de Bonnat. Ce peintre académique était très en vogue à cette époque. Il a notamment peint un Christ en croix qui trônait autrefois dans la salle d’assises un peu plus loin dans le palais.
Des procès historiques
Entre ces vastes murs, l’histoire judiciaire s’est écrite au fil des décennies. L’un des procès les plus marquants du XXe siècle s’y est joué : le procès Pétain à la fin de l’Occupation qui s’est ouvert le 23 juillet 1945. C’est là que l’ancien maréchal est condamné à mort par la Haute Cour puis voit sa peine commuée en bannissement perpétuel. Pierre Laval sera quant à lui condamné à mort dans cette même salle.
Moins de 20 ans plus tard, c’est au tour du Haut tribunal militaire de siéger. En mai 1961, le procès est cette fois-ci celui des généraux Challe et Zeller qui avaient commis le putsch d’Alger quelques jours plus tôt. Plus récemment, la première chambre de la Cour d’appel a jugé la tentaculaire affaire Clearstream, qui a vu comparaître l’ancien premier ministre Dominique de Villepin. Ce dernier était jugé pour complicité de dénonciation calomnieuse, à l’encontre de plusieurs personnalités politiques… dont Nicolas Sarkozy.
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