"C’est unique en France" : qu’est-ce que Poll’Occ, le service de prévision du risque d’allergie en Occitanie

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Plus précis et plus efficace pour prévenir et prendre en charge l’allergie : développé par l’Atmo Occitanie, observatoire de la qualité de l’air en région, le dispositif Poll’Occ est précurseur alors que les premiers jours du printemps s’accompagnent des premières alertes aux pollens, notamment de cyprès et de platanes.

« C’est une première en France » : Poll’Oc nouveau service de prévision des pollens en Occitanie a été officiellement lancé ce vendredi 20 mars, premier jour du printemps.

Dominique Tilak, directrice générale de l’Atmo, observatoire régional de la qualité de l’air, a présenté le dispositif pionnier, désormais proposé sur le site internet de l’association. Il prend le relais du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), qui proposait jusqu’ici, chaque semaine, des cartes départementales de risque allergique sur une bonne partie de l’année, « excepté de novembre à janvier ».

Comment fonctionne Poll’Occ ? « Poll’Occ repose sur une approche scientifique innovante associant expertise humaine, modélisation avancée, intelligence artificielle, réseau de mesures optimisé et participation citoyenne. Il permet de mettre à disposition une information fiable, précise et utile à la prévention des allergies respiratoires et à la santé publique », résume l’Atmo.

Jusqu’ici, les prévisions du RNSA s’appuyaient sur un réseau de capteurs, « une technologie un peu obsolète ».

« Beaucoup plus performant », Poll’Occ évalue désormais le risque allergique au plus près du territoire (164 intercommunalités), toute l’année, au jour le jour (et bientôt à J + 7) et espèce par espèce sur la base d’un modèle mathématique alimenté par les données passées (depuis 2003) et actuelles, analysées par l’intelligence artificielle et validées par une expertise humaine.

Le modèle est collaboratif : la population est invitée à envoyer des photos de plantes en fleurs sur l’application Pl@ntnet, l’information est récupérée pour alimenter Poll’Occ.

22 végétaux sont désormais sous surveillance, contre 7 précédemment.

Personnaliser la prévention

Depuis un an, temps de rodage du dispositif initié en 2022 avec le soutien de l’agence régionale de santé, 800 photos ont ainsi été envoyées depuis l’ensemble du territoire régional, par des habitants, randonneurs, botanistes… L’application Pl@ntNet, développée par le Cirad à Montpellier (reconnaissance d’une plante à partir d’une photo), fournit aussi des données utiles à l’évaluation du risque, ainsi que l’Agence régionale de la biodiversité, les conservatoires botaniques nationaux, l’Office national des forêts, l’Inrae, l’Université de Montpellier… Enfin, de nouveaux capteurs vont être déployés sur la région, à commencer par Toulouse et Montpellier.

Le calcul du risque allergique, toujours sur une échelle de 1 à 4, intègre aussi les données sur la qualité de l’air. « Il y a une association forte entre la qualité de l’air et l’impact des pollens, plus agressifs en milieu pollué. Nous allons pouvoir être beaucoup plus performants », se projette Dominique Tilak.

« La prévision de la pluie pollinique a un impact majeur pour les médecins et surtout pour les patients. Cet outil va nous permettre de personnaliser la prévention », se réjouit le professeur Alain Didier, pneumologue allergologue au CHU de Toulouse, et administrateur de l’Atmo Occitanie. Il rappelle que 30 % de la population française souffre de rhinite allergique, dans des proportions en progression constante, et 7 % est asthmatique.

« Le médecin a besoin de savoir »

L’Occitanie est particulièrement exposée : « Des espèces allergisantes sont spécifiques à l’Occitanie », précise Dominique Tilak, qui rappelle que la région est disparate : « Les peupliers, par exemple, ne fleurissent pas en même temps à Tarbes et sur le pourtour méditerranéen ».

Mais aujourd’hui, quasiment l’ensemble de la région est en alerte sur les allergies aux pollens de platanes et de cyprès. Le risque d’exposition aux graminées, qui « commencent leur pollinisation », progresse également. Chacun pourra personnaliser l’information reçue en composant la liste des allergènes auquel il est sensible.

Nicolas Delcourt, chef du service du centre antipoisons et de pharmacovigilance de la région Occitanie, s’en félicite : « Chacun va pouvoir adapter son comportement. Et personnaliser le traitement préventif et curatif contre les symptômes, ça ne sert à rien de prendre un traitement toute l’année ».

« Le médecin a besoin de savoir comment évoluent les pollens pour gérer la désensibilisation et le patient en a besoin pour adapter son traitement, qui marche mieux si on peut le débuter avant l’apparition de symptômes », ajoute l’allergologue Jean-Luc Bourrain, au CHU Montpellier.

Le modèle pourrait se déployer sur l’ensemble du territoire. « Nous avons un petit temps d’avance », s’enthousiasme Dominique Tilak.

En revanche, il ne sera pas décliné via une application : « Il y en a déjà beaucoup. »

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