« Cet accident m’a sauvée »

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Mardi 17 mars 2026, au tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), alors qu’une maman pleure à chaudes larmes, entourée chaleureusement de son compagnon, de sa sœur et de son fils, la prévenue, retranchée derrière sa bipolarité, heurte l’auditoire et notamment la procureure, en déclarant : « Cet accident m’a sauvée ».

Son compagnon maquille la scène

La quadragénaire aimait marcher de nuit avec ses écouteurs. Sur le boulevard Wilson, le 4 janvier 2023, vers minuit, alors qu’il pleut, elle est heurtée par un véhicule en très mauvais état, conduit par la prévenue de 32 ans, sous l’emprise d’alcool et de stupéfiants, sans assurance.


Elle ne s’arrête pas, et à la barre, reconnaît « être allée se prostrer dans la cave de son domicile tout proche ».

Son compagnon qui ne dit pas instinctivement être passager du véhicule, appelle les secours et met la victime en PLS (position latérale de sécurité).

En état d’urgence absolue, la malheureuse est transportée au centre hospitalier de Nantes.

Bien que convoqué à l’audience pour répondre de « modification de l’état des lieux pour faire obstacle à la manifestation de la vérité, à savoir, placé une canette de bière, identique à celles retrouvées dans leur appartement dans la poche de la victime », le trentenaire ne s’est pas présenté.

Addictions multiples

À 3 h 20, une patrouille de police faisant une ronde dans le quartier de Méan-Penhoët, remarque une Ford roulant à vive allure. Un homme les aborde en disant : « Elle est folle, elle a voulu m’écraser… »

Lui et la conductrice sont emmenés au commissariat, où ils se révèlent être positifs à l’alcool, au cannabis et à la cocaïne. La prévenue déclare qu’en début de soirée, ils étaient allés demander 70 € à la mère du compagnon pour acheter leur dose, qu’ils s’étaient disputés dans la voiture, et que c’est la gifle qu’elle a reçue qui l’a empêchée de voir la piétonne.

La présidente insiste : « Pourquoi être partie avant l’arrivée des secours ? »

Réponse :

Je suis bipolaire et j’ai fait une crise d’angoisse… je m’en voudrai toute ma vie.

Lorsque la jeune sœur de la quadragénaire avance à son tour à la barre, elle ne peut retenir ses pleurs : « Ma sœur a perdu toute son autonomie, elle ne peut rien faire seule. Ma mère et mon beau-père s’en occupent tout le temps… « Ce que confirme, leur avocate, Me Ludivine Potevin : » La famille vit avec une femme prisonnière de son corps, la maman ne vit que pour sa fille. Le fils de la victime se réfugie dans le travail.

« Vous l’avez tuée… quelle honte ! »

La procureure est incisive : « Vous l’avez tuée ! On est contents de savoir que cet accident vous a sauvée, et l’après ? Après une vie de labeur, ses parents pouvaient prétendre à une retraite heureuse, sa sœur et son fils pouvaient espérer vivre les plaisirs et les insouciances de leur âge ».

Elle revient sur les faits : « Quelle honte ! »

Me Douvisi-Morris évoque la vie particulièrement difficile de la trentenaire, sa bipolarité ancrée, la contrainte de son compagnon qui à ses yeux « doit partager la responsabilité des faits ».

Le tribunal suit les réquisitions du ministère public : cinq ans dont deux avec sursis probatoire de deux ans. Comme la jeune femme a effectué six mois de détention provisoire, ils seront décomptés de cette peine. Toutefois, un mandat de dépôt à délai différé ayant été prononcé, elle retournera derrière les barreaux, le mardi 31 mars. Son permis de conduire est annulé et elle ne pourra pas le repasser avant dix ans.

Un mandat d’arrêt est lancé contre son coprévenu, un homme de 30 ans condamné à douze mois ferme. Solidairement, ils devront payer 3 500 € de frais d’avocat. Quant aux intérêts civils, ils seront débattus le 28 janvier 2027.

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