« coincée », l’ex-surveillante pénitentiaire de Villepinte aurait été forcée de le suivre

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Il parle des « plus beaux jours de sa vie ». Elle décrit des violences répétées. L’ex-surveillante pénitentiaire, interpellée aux côtés d’Ilyas Kherbouch, alias « Ganito », évadé de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), a soutenu devant la juge d’instruction avoir été forcée de le suivre dans sa fuite jusqu’aux Pays-Bas.

« Pour moi, c’était juste de l’attachement »

Pour rappel, « Ganito » s’était évadé de la maison d’arrêt de Villepinte le 7 mars 2026, dans l’après-midi, avec l’aide de comparses se faisant passer pour de faux policiers. Après une dizaine de jours de cavale, il a été arrêté dans le sud de la France le 20 mars 2026, jour de ses 21 ans. Il se trouvait en compagnie de cette ancienne surveillante pénitentiaire, qui ambitionne aujourd’hui de devenir agent portuaire de sûreté.

Mais ces deux suspects, mis en examen et écroués pour évasion en bande organisée et corruption de personne dépositaire de l’autorité publique, ne semblent pas avoir la même vision de leurs rapports. « Pour moi, c’était juste de l’attachement, pour lui c’était de l’amour », a raconté mardi la femme âgée de 25 ans, d’après son interrogatoire dont l’AFP a eu connaissance jeudi.

« On discutait, on rigolait »

Leur rencontre a eu lieu à Villepinte lors de son stage de surveillante. Après avoir été radiée en mars 2025 « pour absentéisme », le détenu l’a contactée en septembre 2025 sur Snapchat. « On discutait, on rigolait, on se racontait nos journées ». Elle indique être en couple depuis dix ans avec un homme et avoir cru à « une relation uniquement virtuelle » avec Ilyas Kherbouch, comme l’a aussi révélé Le Figaro.

Le jour de son évasion, alors que l’administration pénitentiaire le croyait en garde à vue, « Ganito » l’a contactée en lui affirmant être en permission de sortie. Il lui propose alors de le rejoindre. La jeune femme accepte et le rendez-vous a lieu à Melun. D’après une source policière, c’est elle qui a effectué la réservation de l’appartement sur Airbnb.

Selon ses dires, c’est après cette première nuit qu’il l’aurait contrainte à rester et à partir avec lui. Ce n’est pas l’avis de la justice qui, à ce stade, la poursuit notamment pour « soustraction habituelle de criminel à l’arrestation ou aux recherches ». Cette mise en examen constitue une « véritable injustice », selon son avocat, Saïd Harir.

Une fausse paternité pour « se protéger »

La femme accuse Ilyas Kherbouch de l’avoir frappée plusieurs fois, jusqu’à la menacer avec un couteau. Enceinte, elle lui a alors fait croire qu’il était le père pour tenter de « (se) protéger de ses violences ». Une version éloignée de celle de « Ganito ». Sur sa cavale, « M. Kherbouch m’a dit que c’était les dix plus beaux jours de sa vie. Ce n’est pas pour l’excuser, mais son explication, c’est qu’il a connu la liberté pendant un mois et demi depuis ses 14 ans », avait déclaré mardi à l’AFP son avocate, May Sarah Vogelhut.

En dix jours, le duo est allé en Belgique, puis aux Pays-Bas. Ils ont logé à Amsterdam, à Delft et dans « la campagne », où la jeune femme s’est dit désespérée car ils étaient « très isolés ». La suspecte explique avoir suggéré de se rendre au Maroc, par l’Espagne, assurant espérer en secret se rapprocher de sa famille dans le sud de la France. Ils ont quitté les Pays-Bas le 11 mars 2026, en passant par l’Allemagne puis Strasbourg en France, avant d’arriver à Canet-en-Roussillon, lieu de l’interpellation.

« Des fois ça allait bien, mais j’étais coincée »

La juge s’interroge : pourquoi aperçoit-on la jeune femme souriante sur des vidéos de surveillance à Canet-en-Roussillon ? « Des fois ça allait bien, mais j’étais coincée ». Même lorsqu’elle prenait sa douche et fermait la salle de bain à clef, Ilyas Kherbouch faisait sauter le verrou avec un couteau, assure-t-elle. Pourquoi ne pas avoir prévenu les forces de l’ordre, quand elle a eu accès à des téléphones ? « Même si j’avais pu appeler la police, je ne pense pas que je l’aurais fait car j’avais vraiment très peur de lui », justifie la mise en examen.

« Ganito » et la mise en examen n’étaient pas seuls pendant ces treize jours de cavale : d’autres personnes sont impliquées dans leur parcours, et la procureure de Paris a indiqué mercredi 25 mars 2026 que des investigations visaient à les identifier. 

Avec AFP.

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