Comment Gui de Chauliac quitta la Lozère pour parcourir l’Europe et devenir chirurgien et médecin des papes

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Nathaël Menras, fondateur de l’association Gui de Chauliac en Gévaudan, a présenté une conférence à Mende, invité par la Société des lettres.

« Sur les épaules de Gui de Chauliac », tel était le titre de la dernière conférence de la Société des lettres proposée par celui qui s’est d’emblée présenté comme n’étant « ni médecin ni historien« .

Pourtant durant près de deux heures, Nathaël Menras a tenu en haleine une nombreuse assistance (il manquait des sièges), retraçant la longue et très riche vie de ce Gévaudanais d’origine modeste, né à Chaulhac, en Margeride en 1298, et dont l’histoire de la médecine occidentale a conservé les précieuses marques durant sept siècles.

Depuis un village de Margeride

Comme placé sur les épaules de ce chirurgien médecin d’exception, le conférencier a fait traverser l’Europe à son auditoire. Depuis la Margeride où le futur prodige a sauvé, à Montpellier la jambe d’une jeune fille que l’on croyait perdue à la suite d’une probable chute de cheval, où par reconnaissance la famille des barons de Mercœur lui aurait permis d’entamer ses études de médecine, avec les meilleurs professeurs de l’époque. Mais, la dissection est alors interdite par l’Église.

Le voilà à Bologne dès 1326, l’autre grand centre européen de l’enseignement de la médecine où autopsies et dissections sont possibles sous la conduite des spécialistes du temps.

La peste noire

Ainsi formé, le voilà cette fois à Paris, troisième ville d’Europe pour l’enseignement médical, au temps de la construction de la cathédrale Notre-Dame. Il y fonde la confrérie de Saint-Côme, première association des chirurgiens de France. De 1330 à 1342, il pratique son art de Lyon à Montpellier, devient le médecin du cardinal Hugues Roger qui le recommande bientôt à son frère qui n’est autre que le pape Clément VI, résidant en Avignon, à partir de 1342. Il assiste cette fois à la construction du palais des Papes, mais reste surtout, durant 26 années, de 1342 à sa mort en 1368, le médecin de trois souverains pontifes, Clément VI, Innocent VI et son compatriote gévaudanais Urbain V à partir de 1362.

Sa contribution contre la peste noire, réapparue après plusieurs siècles, dont il sera lui-même atteint, son courage et sa fidélité à Avignon, tandis que la plupart des praticiens vont déserter la ville, lui ont valu de multiples reconnaissances à travers nombre de nominations de chanoine, notamment à Genève et à Mende, un an avant sa mort.

Auteur de « la Grande Chirurgie », ouvrage référence

Il a déjà 65 ans, quand il entreprend la rédaction de la Grande Chirurgie, œuvre de référence quasi universelle, parue dès 1367, imprimée dès les débuts de l’imprimerie en 1478 et maintes fois rééditée au cours des siècles suivants.

Il s’éteint à Saint-Just, près de Lyon, dont il était prévôt du chapitre, le 23 juillet 1368. Honoré par les plus brillants de ses successeurs, à Paris dès 1865, à Lyon, à Montpellier, cette éminente personnalité lozérienne est un peu oubliée en Lozère, alors que le corps médical le place au niveau des plus grands depuis Hippocrate. Il serait sans doute temps de lui rendre le légitime hommage qui lui revient sur sa terre natale.

Nathaël Menras, que de solides attaches familiales lient au Malzieu, est le fondateur de l’association Gui de Chauliac en Gévaudan qui poursuit encore ses découvertes en 2025-2026. Son intervention a été très appréciée par l’assistance.

Le compte rendu de cette riche conférence sera disponible dans la revue n° 61 de la Société des lettres à paraître en juin prochain.

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