Comment la loge maçonnique tueuse Athanor a voulu faire couler le sang à la mairie de Saint-Maur-des-Fossés

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Derrière les pavillons tranquilles de la cossue Saint-Maur-des-Fossés, se cache une lutte politique impitoyable qui a débouché sur un passage à tabac et aurait pu finir en assassinat ciblé. Ce mardi 31 mars 2026 s’ouvre devant les assises de Paris un procès hors-norme : l’affaire Athanor. Il s’agit d’une loge maçonnique dans laquelle des contrats étaient passés entre plusieurs membres pour commettre des violences ou meurtres sur des rivaux. Dans ce dossier aux nombreux tiroirs, l’un d’eux nous emmène dans la commune bourgeoise du Val-de-Marne.

Climat délétère à la mairie

Il faut remonter à 2014. Cette année-là, rien ne va plus pour le maire en place Henri Plagnol. C’est bientôt les élections et l’édile ainsi que sa directrice de cabinet Stéphanie D. sont mis en cause dans l’affaire Bygmalion. Il s’agit d’un dossier de fausses factures qui secoue l’UMP. Stéphanie D., qui avait gravi les échelons politiques, sera condamnée en 2017 puis en appel en 2021 à de la prison avec sursis.

Ces troubles au sommet de la mairie bénéficient à l’opposition, un groupe dissident de droite mené par Sylvain Berrios. Le climat devient délétère au sein de l’hôtel de ville. Stéphanie D. est victime d’une campagne de dénigrement, qui est appuyée par Jean-François L.. Ancien adjoint à la mairie, il l’a quittée en 2011. En tant que directeur de campagne de Sylvain Berrios, il se livre à des critiques virulentes sur la municipalité.

À la recherche de micros cachés

Atteinte par ces saillies, Christine D. s’en confie à son conjoint, Frédéric Vaglio. Ce dernier travaille dans la sécurité privée et est membre d’une loge maçonnique nommée Athanor et établie à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Il propose à la directrice de cabinet et à son patron un « dépoussiérage ». Il s’agit d’une opération de contrôle, où l’on vérifie la présence de micros et caméras espions dans les bureaux de la mairie. Frédéric Vaglio fait appel à l’une de ses connaissances pour réaliser la mission : Daniel Beaulieu. Il s’agit d’un ancien des services secrets au passé trouble.

Après cette première intervention, qui ne donne rien, un nouveau contrat est passé. Il s’agit de surveiller Sylvain Berrios afin de trouver un moyen de le discréditer. L’espionnage réalisé fait chou blanc. Lors des élections municipales, l’opposant remporte le scrutin. La rancoeur est manifeste pour Frédéric Vaglio, qui sollicite son ami ancien espion pour mener des actions « punitives » contre les calomniateurs de sa femme.

« Reste tranquille pour ta femme et tes gosses »

La première vise Jean-François L.. Daniel Beaulieu sollicite Sébastien Leroy, un jeune homme à qui il a fait croire qu’il travaillait à la DGSI. Sous prétexte de servir la France, il lui demande d’aller violenter le blogueur vindicatif. Le 10 octobre 2016, l’apprenti agent secret se rend au pavillon de Jean-François L. accompagné d’un autre homme. Ils rouent de coups la victime sous les yeux de sa femme enceinte. « Reste tranquille pour ta femme et tes gosses », lui lancent les deux hommes encagoulés. Ils prennent en photo le visage tuméfié avant de prendre la fuite.

L’ancien adjoint se voit octroyer dix jours d’incapacité totale de travail. Quelque temps après, il reçoit une lettre anonyme. « Tu en crèveras de ton harcèlement envers Henri [Plagnol] c’est pas fini », est-il écrit. L’enquête de police ne permet ni d’identifier les agresseurs ni le corbeau.

« De la chaise roulante au cercueil »

Le maire Sylvain Berrios reçoit lui aussi une missive inquiétante : « Tu as signé ton arrêt de mort tu as vu ce qui est arrivé à ton ancien bras droit. » L’édile n’y prête pas grande attention. Pourtant, il ne le sait pas, mais ces menaces auraient très bien pu être mises réellement à exécution. Frédéric Vaglio continue son projet de vengeance par barbouzes interposés. Contre 10 000 euros, il demande à Daniel Beaulieu de mettre l’élu hors d’état de nuire. La somme versée permettrait de l’envoyer « de la chaise roulante au cercueil », lui assure l’ancien des services secrets.

Pendant plusieurs mois, une nouvelle opération de surveillance est mise en place. Le jeune Sébastien Leroy est de nouveau mandaté pour épier l’édile. Il note les horaires de sortie du maire lorsqu’il se rendait à la mairie ou à son domicile. Au bout de quelque temps, tout s’arrête. La mission est avortée.

L’affaire révélée en 2020

C’est des années plus tard que ces tractations glaçantes seront être mises au jour. En 2019, deux hommes sont interpellés dans une Clio à Créteil. Ils sont encagoulés et des armes sont découvertes dans le véhicule. Leur projet : assassiner une coach en développement personnel. Une demande d’un concurrent de la victime, membre de la loge Athanor. C’est à partir de là que les enquêteurs de la brigade criminelle vont peu à peu découvrir l’ampleur de l’organisation maçonnique dévoyée. Frédéric Vaglio et Daniel Beaulieu ont joué les entremetteurs et organisateurs de contrats menés par des barbouzes manipulés.

Parmi toutes les « missions » on retrouve le meurtre d’un pilote de rallye à Levallois-Perret ou encore le projet d’assassinat d’un syndicaliste dans l’Ain. Le passage à tabac de Jean-François L. et l’expédition punitive avortée contre Sylvain Berrios sont aussi exhumés. Interrogés sur ces faits, les protagonistes reconnaissent en partie les contrats, mais pas d’avoir voulu la mort de l’ancien maire devenu désormais député. Stéphanie D. assure n’avoir pas été mise au courant de ces contrats contre ses rivaux politiques. Au total, 22 personnes ont été renvoyées devant la cour d’assises. L’audience est prévue pour durer jusqu’au 16 juillet.

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