Côtes-d’Armor. Un « ami » du jeune trafiquant de drogue assassiné à Guingamp crie son innocence

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Une scène de crime, et encore beaucoup de zones d’ombre. Près de trois ans après un meurtre qui avait choqué Guingamp, la justice vient de rendre une nouvelle décision. Au cœur du dossier, un jeune homme de 24 ans qui clame son innocence… malgré des éléments troublants.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes a rejeté ce vendredi 27 mars 2026 la demande de mise en liberté d’un jeune de Guingamp (Côtes-d’Armor) de 24 ans qui « crie » son innocence dans l’assassinat de son « ami », un trafiquant de drogue de 21 ans.

Pour rappel, le 25 juillet 2023, un jeune de 21 ans avait été tué à l’arme blanche dans le quartier de la gare à Guingamp.

Son corps gisant avait été découvert dans son appartement vers 17h40 après qu’une « alerte » avait été donnée « par ses amis ».

Gabin Hervé portait « de très nombreuses plaies et lésions cutanées ».

L’expertise en « morphoanalyse » avait permis de reconstituer le déroulement de la scène : les violences avaient débuté « près de la table de chevet », s’étaient poursuivies « sur le lit » et la « fin » était survenue « près du pied de lit », où son corps avait été découvert. Des traces de semelles de baskets de marque Asics ont aussi été repérées sur la scène de crime.

Les déclarations des amis de la victime ont « largement confirmé » les investigations : Gabin Hervé était « dirigeant d’un trafic de stupéfiants » et « défavorablement connu pour de tels faits », a-t-il été précisé lors de l’audience de ce jeudi 26 mars 2026.

Deux suspects ont été mis en examen dans cette affaire, dont Ethan XXX, un « ami » de la victime soupçonné d’avoir pris part lui aussi à un trafic de drogue.

L’ADN de l’autre mis en cause, Farouk XXX, a été retrouvé sur place : ce dernier a avoué avoir été « contacté par un homme » pour « braquer » la victime et avoir « retrouvé deux hommes, dont Ethan », mais il s’est ensuite « rétracté » sur cette déclaration.

« Je ne suis pas un chien », écrit-il a la victime

Farouk XXX dit être « resté en retrait » et être « parti » quand il s’est aperçu que Gabin Hervé « saignait ».

Il s’était au passage « débarrassé » de ses « chaussures Asics pleines de sang »…

Il a même été « hospitalisé quelques temps après les faits » pour « une blessure à la main apparue suspecte », a détaillé la présidente de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes.

Près de 3 200 € en « petites coupures » ont été découverts chez lui.

Ethan XXX a lui « quitté son domicile une semaine après les faits » pour « se rendre chez sa mère avec sa compagne », avec qui il a « deux enfants ».

Il avait convenu avoir participé à « un autre trafic », mais avoir « arrêté » et avait indiqué qu’il pensait que « Farouk est impliqué dans la mort de Gabin ».

Chez lui, 3 600 € et un couteau Opinel ont été saisis. Ethan XXX portait lui-même « habituellement » des paires de baskets Asics.

Ses comptes bancaires ont aussi révélé « une augmentation des dépenses » à compter d’août 2023 alors que son foyer subissait « une baisse de revenus » : les enquêteurs ont précisément noté ses « dépenses importantes en jeux en ligne, casino » et les « forts dépôts de numéraire » sur ses comptes.

Un « SMS » adressé par Ethan XXX à la victime « quelques jours avant les faits » a également interrogé le juge d’instruction en charge de l’affaire.

« Je ne suis pas un chien », lui avait-il écrit à l’occasion d’une « altercation […] sur un problème d’argent »… Farouk XXX avait ensuite tenté de « le contacter » à « l’heure de la découverte du corps ».

Dans son ordonnance de mise en accusation (OMA), le juge d’instruction a indiqué qu’Ethan XXX avait « une connaissance précise des quantités d’argent et de stupéfiants présents chez Gabin Hervé », a-t-il été relevé par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes.

Ses « difficultés financières » et le fait qu’il soit « en mauvais terme avec Gabin » ont aussi interpellé le magistrat.

« Je n’ai rien a faire en prison, je n’ai tué personne »

Gabin Hervé présentait en fait Ethan XXX comme « jaloux et envieux de sa réussite »…

D’ailleurs, « un groupe restreint de gens » connaissait l’adresse de la victime, dont « la configuration » de l’appartement avait « récemment changé » suite à « des travaux ».

Pour le juge d’instruction, Ethan XXX et Farouk XXX ont donc « assassiné » leur ami pour « un mobile lucratif ».

Mais l’avocate d’Ethan XXX a fait appel de l’ordonnance de mise en accusation : Ethan XXX n’est « pas allé dans l’appartement ce jour-là » et n’a « pas participé aux faits », a insisté Me Delphine Caro.

Et alors que Farouk XXX « laisse son ADN à un certain nombre d’endroits » dans cet appartement où « il y a du sang partout », le profil génétique d’Ethan XXX n’a été découvert « nulle part ».

En tout état de cause, « il s’est passé neuf mois » entre les faits et les interpellations, or les déclarations des mis en cause ne « convergent pas ».

Le risque de « concertation » est donc « inexistant » du point de vue de l’avocate rennaise.

Et « les actes d’investigation sont figés », a plaidé Me Delphine Caro pour solliciter la remise en liberté de son client de 24 ans.

Reste que le « certain émoi » provoqué par cette affaire justifiait le maintien en détention du jeune homme, selon l’avocate générale.

La reconstitution « assez récente » a notamment été l’occasion d’une « prise à partie assez violente des deux mis en examen » par « des personnes qui se sont présentées », a-t-elle souligné…

Et la « détermination sans faille » qu’ont montré les auteurs de cet « assassinat » colle avec « les traits d’impulsivité et de manipulation » décelés par les experts chez Ethan XXX, a estimé la magistrate.

« Depuis deux ans, je crie mon innocence et je me sens incompris. Je n’ai rien à faire en prison, je n’ai tué personne, Gabin était mon ami », a martelé l’intéressé à l’audience.

« Tous ces trucs d’embrouille, c’est faux. On s’est engueulés comme des amis normaux. Ca me fait mal quand j’entends dire ça. »

Celui qui considère que « tout le monde est à charge » contre lui a d’ailleurs « une famille, une vie à mener ».

Mais au final, ce vendredi 27 mars 2026, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes l’a maintenu en détention.

CB et RB (PressPepper)

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