Il paraît que les 56 jours qu’il a passé en détention provisoire l’ont fait réfléchir. L’homme de 51 ans, présenté le jeudi 16 avril 2026 au tribunal de Versailles, devait s’expliquer sur le comportement qu’il a eu les 16 et 17 février 2026 à Mantes-la-Ville (Yvelines) envers deux jeunes filles de 15 ans. Ses justifications auront été pour le moins décevantes.
Retour sur les faits. Ce peintre en bâtiment, installé à son compte depuis 2015 à Évreux (Eure), avait, du 16 au 20 février 2026, deux stagiaires d’un lycée eurois sous ses ordres. C’est sur un chantier situé à Mantes-la-Ville, rue Marcel-Sembat, dans un immeuble inhabité en travaux, qu’il les a emmenées et… qu’il a dérapé.
Il faisait tomber les jeunes filles de l’escabeau
Dès le premier jour du stage, le prévenu a tenu des propos déplacés, demandant rapidement aux deux adolescentes si elles étaient encore vierges. Surtout, il a effectué des gestes incongrus, les tenant à plusieurs reprises par les hanches, les fesses et même par la poitrine.
Le tout en utilisant un procédé jugé « pathétique » par la procureure de la République. Il déséquilibrait un escabeau pour faire tomber les jeunes filles et ainsi mieux les rattraper par les fesses. Il a répété cette stratégie à sept reprises (cinq fois avec l’une, à deux reprises avec l’autre).
Les adolescentes, qui ont toutes deux ressenti du « dégoût », n’ont rien osé dire le premier jour. Mais quand elles ont constaté que les intentions de leur maître de stage n’étaient pas meilleures le lendemain, elles ont prévenu leurs parents.
L’ancien libertin détenait des fichiers pédopornographiques
Le peintre était rapidement interpellé et, dès le lendemain, mercredi 18 février 2026, une perquisition était réalisée à son domicile d’Évreux. Là-bas, les enquêteurs ont notamment saisi une clé USB dans laquelle on retrouvait 293 images ayant un contenu sexuel, dont 30 fichiers à caractère pédopornographique.
Les sex-toys dans la table de nuit et surtout les jumelles retrouvées dans une armoire, alors que la fenêtre de son bureau donne sur la cour d’une école maternelle, ont particulièrement inquiété les enquêteurs. Devant le tribunal, il a juré qu’elles lui servaient seulement pour mieux observer des courses de chevaux dans un hippodrome, avant de se confier sur sa sexualité.
« J’ai une sexualité assez ouverte. J’ai pratiqué le libertinage entre 30 et 42 ans. En général, je suis attiré par des partenaires plus âgés, entre 50 et 60 ans. »
« C’est un acte isolé »
Pourquoi ne s’est-il jamais débarrassé des contenus compromettants, téléchargés selon lui « au hasard » ? « Par négligence, a-t-il assuré. Je regrette de ne pas les avoir effacés. »
Le président du tribunal est alors entré dans le vif du sujet, lui demandant explicitement s’il avait un penchant pour les mineures. « Je n’ai aucune attirance pour elles, c’est le collège qui me les envoie », jure-t-il. Par le passé, il avait déjà eu d’autres stagiaires sous ses ordres, sans débordement connu à ce jour.
« Alors comment appelle-t-on le fait de leur toucher les fesses, les hanches et le bord des seins ? », a rétorqué le président de l’audience. « Je ne suis pas comme ça », a-t-il brièvement répondu.
« Je regrette ce qui s’est passé, je tiens à m’excuser auprès des victimes et de leur famille. Je ne comprends pas pourquoi j’ai agi ainsi. C’est un acte isolé. »
« À l’avenir, je n’aurais plus confiance »
Les deux victimes ont ensuite pris la parole à la barre. « J’étais énervée, choquée, dégoûtée, déclare la première. Dans ma tête, je voulais le frapper, mais je me suis retenue et j’ai continué mon travail comme si de rien n’était. »
La seconde témoigne de sa « honte » et de son « dégoût ». « À l’avenir, je n’aurais plus confiance, je vais me méfier. J’attends de cette audience qu’il finisse en prison pour qu’il ne puisse pas refaire cela à quelqu’un. »
Les pères des deux victimes ont, quant à eux, expliqué à quel point le comportement des adolescentes avait changé depuis l’agression, entre repli sur soi et absences au lycée. « On n’envoie pas nos enfants en stage pour que ça se termine de cette façon », rumine l’un d’entre eux.
« Il a plus de trois fois leur âge »
Pour la procureure de la République, les faits reprochés au mis en cause sont extrêmement graves : « Les jeunes filles se sont retrouvées dans les mains d’un prédateur sexuel. »
« Il a plus de trois fois leur âge. Il est aussi poursuivi pour la détention de photos qui sont la preuve de viols. Il alimente le marché. Avec ces adolescentes de 15 ans, il est dans le passage à l’acte par rapport à ses fichiers. Il faut le stopper. »
Quatre ans d’emprisonnement
La magistrate a requis une peine de quatre ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt et un suivi socio-judiciaire de trois ans à la levée d’écrou, avec la menace d’une peine de trois ans de prison s’il n’est pas respecté.
Les réquisitions de la procureure ont été suivies par le tribunal, qui a juste porté la durée du suivi socio-judiciaire à cinq ans. L’inscription au Fijais (fichier des auteurs d’infractions sexuelles) du prévenu a également été prononcée. Il a par ailleurs reçu une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique ou un métier impliquant un contact avec des mineurs.
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