La Fédération départementale des chasseurs de Lozère a tenu son assemblée générale samedi 11 avril 2026 à la halle Saint-Jean de Mende.
Comment se porte la communauté des chasseurs de Lozère ?
Nous comptons actuellement 5 800 chasseurs sur environ 150 sociétés de chasse. En termes de sociétés de chasse, ça se maintient sans problème. Par contre, au niveau du monde de la chasse, comme partout en France, nous perdons quelques adhérents chaque année. C’est le fait de la pyramide des âges.
Il y a du renouvellement, mais qui ne compense pas forcément l’arrêt. Parfois, on a de grosses sessions de permis de chasser, des gens qui s’inscrivent, qui passent le permis, qui l’ont, mais qui ne pratiquent pas forcément derrière.
Le rapport à la chasse évolue chez les nouvelles générations ?
Les chasseurs, qui ont 50 à 70 ans, et qui ont commencé à chasser à 15 ou 16 ans, ont chassé sans interruption toute leur vie. Maintenant, on voit des gens qui passent le permis et qui font ça par étapes. Ils commencent peut-être un peu à chasser.
Une pratique moins assidue
Ils peuvent construire leur maison, il peut y avoir des naissances dans leur famille. Ils font une interruption, puis ils reprennent plus tard. C’est une pratique moins assidue.
La chasse elle-même a-t-elle changé ?
La génération des 50-70 ans, quand on a commencé à chasser, c’était la passion d’aller à la chasse qui nous motivait, on tuait très peu de grand gibier, il n’y en avait pas beaucoup. On chassait davantage le petit gibier. Ensuite, il est arrivé une prolifération du grand gibier, sangliers et cervidés. Notre rôle s’est un peu transformé en régulateurs.
L’enjeu principal, aujourd’hui, c’est l’équilibre agro-sylvo-cynégétique.
C’est-à-dire ?
C’est l’équilibre entre la présence du gibier et les activités agricoles et sylvicoles. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas une prolifération du grand gibier qui interférerait sur une activité agricole ou bien qui poserait problème au développement de la forêt. C’est une mission qui nous est confiée.
Il ne faut pas oublier que la chasse est quelque chose d’autorisé, de légal
Quand vous prélevez le gibier, vous régulez. On a l’impression maintenant qu’on nous accepte parce qu’on régule. Mais il ne faut pas oublier que la chasse est quelque chose d’autorisé, de légal. Et pour nous, c’est avant tout une passion. Qu’il y ait beaucoup de gibier ou pas, il faut qu’on arrive à maintenir cette accessibilité au territoire.
Cela passe aussi par la sécurité. C’est également un thème majeur ?
C’est un point très important. Au-delà des formations obligatoires, toutes les règles de prudence sont à rappeler sans cesse. C’est un petit peu comme le Code de la route, ça se répète.
L’accent sur la sécurité
Le fait de l’habitude peut amener à commettre quelques imprudences. C’est pour ça qu’il faut en permanence, chaque jour de chasse, dans la chasse au grand gibier, mais aussi au petit gibier, que les gens fassent attention. Et dans la chasse au grand gibier, que les consignes de sécurité soient renouvelées le matin. Pour la sécurité des chasseurs et pour celle des autres usagers de la nature.
C’est le partage de l’espace, qui suscite parfois des débats tendus. Qu’en pensez-vous ?
Les gens, parfois, se disent « on ne peut pas aller se promener, il y a la chasse ». J’entends souvent ces réflexions. On a l’impression qu’il passe des balles au ras du sol en permanence, alors qu’en fait, toutes les activités sont compatibles. Il n’y a aucun souci pour se promener pendant les périodes de chasse.
Toutes les activités sont compatibles
Tout est tellement médiatisé qu’on arrive à faire peur aux gens. On a l’impression qu’on ne peut plus se promener en forêt quand il y a des chasseurs. Ce n’est pas du tout le cas.
La Fédération de randonnée assiste par exemple à l’assemblée générale. Vous travaillez ensemble ?
On a des liens avec eux. On a des conventions. Ils sont courageux parce qu’on leur fait reproche de se rapprocher du monde de la chasse, en leur disant « vous vendez votre âme au diable ». Mais ce n’est pas du tout ça. C’est que quelque part, il faut se partager l’espace. Et donc, on a d’excellentes relations.







