Les saisies de stupéfiants sont en forte augmentation dans l’ex Languedoc-Roussillon, tant par le nombre d’interventions que par les quantités. Le trafic de cigarette explose également. Le bilan 2025 avec les douanes régionales qui constatent la même tendance en 2026.
Le tsunami blanc continue d’inonder toujours plus l’hexagone depuis le continent américain. Les 13 tonnes de cocaïne saisies entre le 7 et le 18 février dans le port de Dunkerque, d’une valeur marchande de 865 millions d’euros, sont la vitrine hors norme d’une déferlante qui passe évidemment par l’Occitanie. Et le bilan annuel des douaniers en région vient le confirmer avec plus d’une tonne de poudre blanche – et dix tonnes de cannabis – saisie dans l’ex Languedoc-Roussillon !
Pour les seuls départements des Pyrénées-Orientales et de l’Aude, ce sont 500 kg de coke qui ont été retrouvés, notamment 165 kg dans un camion, au Boulou, à la frontière espagnole, dans un convoi qui se rendait en Italie. Ces mêmes douanes ont par ailleurs confisqué 5,3 tonnes de cannabis.
Leurs homologues de la direction de Montpellier (Hérault, Gard, Lozère, Aveyron), affiche un parallélisme des formes révélateur de cette déferlante dans des caches toujours plus sophistiquées. Là encore, 517 kg de cocaïne ont été découverts, notamment sur l’aire de Loupian dans l’Hérault, à deux reprises, en juin dernier (93 kg dans une cache aménagée sous le plancher porte-bobine d’un ensemble routier espagnol) et en juillet (61,3 kg dans un poids-lourd roumain où une caméra endoscopique a permis de déceler une cache aménagée). Pour le cannabis, les saisies sont à hauteur de 4,7 tonnes.
Des réseaux criminels organisés pour le tabac
« Cette année a été encore plus exceptionnelle que celle de 2024 qui l’était déjà, avec + 93 % de saisies de stupéfiants alors que l’on s’éloigne de la frontière », se félicite Yves Luc, le directeur régional des douanes de Montpellier. « Et le premier trimestre 2026 confirme cette tendance, avec une percée de la cocaïne, plus de saisies et des quantités plus petites, ce qui démontre une activité dense des services. »
L’autre grande tendance structurelle c’est également le tabac, que ce soit de contrebande (provenant d’Andorre ou d’Espagne) ou contrefait, avec des composants potentiellement dangereux, « venant d’usines en Pologne, Espagne, Portugal ou Turquie » précise un enquêteur des douanes héraultaises. La raison de cet engouement : les prix de vente, avec des paquets vendus de 5 à 9 € contre 14 € dans le commerce officiel. Dans les P-O et l’Aude, proches des frontières, pas moins 16 tonnes ont été confisquées…
« Nous constatons une massification du phénomène et des réseaux criminels organisés qui n’hésitent pas à user de la violence et des navettes de rotation très importantes », constate-t-on à la direction des douanes catalanes.
« Là encore, nous avons saisi 10,4 tonnes de tabac, c’est astronomique », se félicite de son côté Yves Luc. Ses services ont été très actifs dans les centres urbains de l’Hérault et du Gard pour demander des fermetures d’épiceries et autres barbers où de la vente de tabac illégale a été constatée : « nous avons demandé à la préfecture la fermeture de 103 commerces, principalement ouverts la nuit. » Où ont également été trouvées des bonbonnes de protoxyde d’azote, des Puff électronique ou du miel érectile…
Que dire de la contrefaçon où, là encore, les chiffres explosent avec plus de 880 000 articles saisis en 2025.
Il y a notamment eu ces 60 000 tablettes de lessive contrefaite de la marque Ariel qui ont été trouvées dans une remorque arrivée dans le port de Sète en juin 2025 ou encore, sur le même site, en provenance de la Turquie, 800 000 articles composés de sets de table et d’article d’emballage alimentaire.
Fausse lessive, armes, médicament contrefaits
Il y a aussi des vêtements, les classiques paires de basket Nike, les jouets pour enfants ou les médicaments douteux. Toujours à Sète, une dizaine d’armes, pistolets automatiques, ont aussi été découvertes tout récemment. en provenance d’Istanbul.
« Dans les flux, souvent en provenance de Turquie, nous trouvons ces objets qui ne répondent pas aux normes européennes et sont dangereux, que ce soit des boutons de vêtement qui peuvent être ingérés par des enfants, qu’il y ait des produits toxiques dans leur composition », note encore le directeur des douanes. Toutes ces marchandises vont être détruites.




