De Rodez à Toulouse, les actions des routiers se multiplient. Et les travailleurs sont eux aussi durement frappés au portefeuille. Le gouvernement cherche la parade.
Une quarantaine de poids lourds et de bus ont investi, mardi, la zone d’Arsac, à Onet-le-Château (Aveyron), avant de se lancer dans une opération escargot, paralysant les abords de Rodez. Au même moment, les périphériques nantais et bordelais étaient le théâtre d’un rassemblement de chauffeurs routiers.
Ce mercredi, dès 10 h, une centaine de camions et de véhicules professionnels sont attendus, cette fois, dans les rues de Toulouse. D’autres actions de routiers sont prévues ces prochains jours à travers le pays pour réclamer des aides gouvernementales face à la flambée des prix des carburants.
Un prix record pour le gazole
La tension monte inexorablement en France, comme les prix à la pompe, désormais à des niveaux historiques. Selon les derniers chiffres arrêtés vendredi et publiés lundi par le gouvernement, le prix du litre de gazole a atteint un niveau inédit depuis qu’il a commencé à être répertorié en France en 1985.
Il dépasse aujourd’hui 2,18 € en moyenne le litre et flirte même, par endroits, avec les 3 €, sous l’effet des tensions géopolitiques, notamment le blocage partiel du détroit d’Ormuz – artère vitale pour le commerce mondial –, qui perturbe largement l’approvisionnement en pétrole dans plusieurs pays.
Un surcoût difficile à assumer pour de nombreux professionnels. Pour tenter de répondre à la colère croissante des transporteurs, des agriculteurs ou encore des pêcheurs, le gouvernement laisse entendre que les premières aides annoncées vendredi (un plan d’environ 70 M€) pourraient être prolongées et se dit prêt à activer un dispositif de chômage partiel.
« Des mesurettes »
Mais tout cela relève des « mesurettes », selon la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. « On n’entend pas parler des travailleurs et travailleuses, tous les salariés qui ont besoin de prendre leur voiture pour aller travailler et ne peuvent pas joindre les deux bouts », déplore-t-elle.
Le délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes ne disait pas autre chose, mardi, dans nos colonnes, appelant à un blocage des taxes sur les carburants, en urgence. Marylise Léon, la patronne de la CFDT, plaide, pour sa part, pour des aides ciblées pour les salariés. Sous pression des populations de plus en plus durement frappées au portefeuille, les gouvernements cherchent, toujours la parade.
TotalEnergie prolonge son opération
La Commission européenne a appelé, mardi, les Vingt-Sept à agir de façon « coordonnée », jugeant « nécessaire » de réduire la demande de pétrole en Europe.
Dans le secteur privé, les initiatives se multiplient, parallèlement. En Lituanie, les Chemins de fer ont promis, mardi, de diviser par deux le prix de tous les billets de train sur le réseau national du 1er avril au 31 mai. Tandis qu’en France, les stations-service TotalEnergies, qui ont plafonné les tarifs à 1,99 € pour l’essence et 2,09 € pour le diesel, sont prises d’assaut par des automobilistes, provoquant parfois des pénuries. Une opération prolongée, mardi, jusqu’au 7 avril.






