Des vents favorables pour les projets de parcs éoliens à Meslay-le-Vidame et au Gault-Saint-Denis

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La cour administrative d’appel de Versailles (Yvelines), dans un arrêt qui vient d’être rendu public, a sommé le préfet d’Eure-et-Loir de « réexaminer » les demandes d’autorisation environnementale sollicitées par le groupe Qair pour édifier deux parcs éoliens à Meslay-le-Vidame et au Gault-Saint-Denis (Eure-et-Loir). Le promoteur avait le projet d’implanter dix aérogénérateurs au total.

Des projets « qui portent atteinte au patrimoine et à la qualité du paysage »

Ce producteur d’énergies renouvelables dont le siège social est situé à Paris s’était en effet vu refuser par le préfet l’autorisation de mettre en service « six aérogénérateurs » à Meslay-le-Vidame, le 9 juillet 2024 et  « quatre aérogénérateurs » au Gault-Saint-Denis, le 2 août 2024.

Hervé Jonathan avait en fait considéré que ces deux projets portaient « atteinte » au patrimoine et à la « qualité du paysage », au « cadre de vie des habitants des bourgs ou hameaux » et qu’ils présentaient « des risques pour la biodiversité« , et en particulier pour « les chiroptères » et « l’avifaune« . 

Des propriétaires de Meigneville et Varennes étaient également opposés aux projet : « compte tenu de la hauteur des machines, de leur distance et de la topographie des lieux », les éoliennes seraient « visibles depuis leur propriété » et ils craignaient aussi « des désagréments sonores » causés par « le bruit des machines ».

Un site recensé comme « zone de vigilance » mais de nombreux parcs éoliens

« Les hameaux de Meigneville et de Varenne sont situés à une distance de respectivement 1.170 et 800 m de l’éolienne la plus proche », resitue donc la cour administrative d’appel de Versailles dans un arrêt en date du 12 février 2026 et qui vient d’être rendu public. 

Le projet prend place « dans la partie Ouest de la Beauce » marquée par « un paysage ouvert au relief peu marqué à forte dominance agricole » où sont cultivées « des céréales et autres cultures ». La « zone d’implantation » de ces projets – respectivement nommés « projet du Bois Joly » et « projet des Fossettes » – comprend également dix-sept « boisements », dont celui du Bois Joly ou encore Le Bois des Champs.

Mais si ce site est effectivement recensé comme « zone de vigilance » par la cartographie établie en 2023 dans le cadre des états généraux des énergies renouvelables du département, « ce paysage (…) comprend déjà de nombreux parcs éoliens dans un rayon de 20 km » et ne bénéficie « d’aucune protection réglementaire« . Il ne présente pas davantage de « qualité paysagère particulièrement remarquable », notent les juges versaillais.

Il y a déjà 25 parcs et 154 éoliennes dans ce périmètre

Si les aérogénérateurs du projet d’une hauteur de 150 mètres seront nécessairement largement perceptibles depuis les alentours du site, notamment à la sortie des bourgs et hameaux de Meslay-le-Vidame et Gault-Saint-Denis, il ne résulte pas de l’instruction (…) [que] l’impact de ces projets sur les paysages serait excessif, ni que ces projets participeraient à un effet de mitage sur ces derniers.

Cour administrative d’appel de Versailles

Aucune « atteinte excessive aux paysages » ne pouvait donc « justifier valablement les refus » opposés par le préfet à ce projet de dix éoliennes, en déduisent les magistrats : au total, « vingt-cinq parcs » existent déjà et « 154 éoliennes » se trouvent « dans un rayon compris entre 16 et 23 km ».

Et « il résulte (…) notamment des vues aériennes, plans et photomontages (…) que depuis le centre du bourg de Meslay-le-Vidame, densément bâti, les éoliennes des deux projets ne sont pas visibles », ajoutent les juges.

Si [les éoliennes] sont visibles sans véritable obstacle visuel et à courte distance des maisons d’habitation situées à la frange Est de ce bourg, le long de la D359, (…), les obstacles visuels formés par la végétation et le bâti, couplés à la distance, sont de nature à empêcher toute visibilité des parcs existants ou autorisés situés au Nord et à l’Ouest dégageant un espace de respiration pour ces habitations de 233°.

Cour administrative d’appel de Versailles

Pas d’effet d’encerclement théorique

« Les parcs éoliens autres que celui des Fossettes ne sont pas visibles depuis le centre du Gault-Saint-Denis » et les éoliennes du parc des Fossettes, situées au Nord, ne seront « que très partiellement perceptibles depuis les percées visuelles orientées vers celui-ci » et uniquement « depuis l’entrée Sud et le habitations situées à la frange Nord du village, dont les jardins présentent (…) des écrans visuels ».

Les éoliennes du Bois Joly seront pour leur part « plus éloignées » et « en partie masquées par par les bois les séparant de ce village », détaille la cour administrative d’appel de Versailles. Au final, « l’effet d’encerclement théorique » pour les différents villages et hameaux du secteur n’est « pas confirmé » après la prise en compte de « la configuration des lieux », en déduisent les juges. En tout état de cause, pour le projet de Meslay-le-Vidame, une « mesure d’atténuation » consistant en « la plantation d’arbres » a même été prévue.

Il y a quand même une éolienne sur les dix qui pose problème

S’agissant des chiroptères, Qair a prévu « des mesures d’évitement et de réduction » et notamment la mise en place d’un « plan de bridage » par « la mise en arrêt automatique des éoliennes » entre avril et octobre, pendant la nuit, pour « des vents inférieurs à 6m/s » et lorsque la température est « supérieure à 10°C ». Une fois l’ensemble des « mesures prises en compte », l’impact résiduel du projet est donc « très faible pour toutes les espèces« , considère la cour.


Ce plan de bridage est en revanche « insuffisant » uniquement pour l’éolienne E6 du projet de parc du Bois Joly, qui donne donc raison au préfet sur cet unique point.

Enfin, « aucun individu d’outarde canepetière [une espèce protégée d’oiseau, ndlr] n’a été observé au sein de l’aire d’étude » et « aucun nid » n’est « présent » à « 20 km autour du projet » depuis 1989.

Au final, la cour a donc annulé les arrêtés du préfet d’Eure-et-Loir concernant « les aérogénérateurs E1 à E5 » pour le parc éolien de Meslay-le-Vidame et en totalité pour celui du Gault-Saint-Denis. Le préfet a désormais jusqu’au 12 août 2026 pour « réexaminer » les demandes formées par le groupe Qair.

C.B. et R.B. (PressPepper pour actu Chartres)

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