La justice les suspecte d’avoir aidé à l’évasion d’Ilyas Kherbouch, détenu à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Mercredi 11 mars 2026, deux hommes, dont un mineur, ont été présentés à un juge d’instruction, a appris l’AFP de source proche du dossier. Le majeur a été mis en examen.
De faux policiers avec de faux papiers
Une évasion au mode opératoire inédit : samedi 7 mars 2026, à 16 heures, trois faux policiers sont venus extraire l’écroué avec, en main, « de faux documents de police » et « de faux documents judiciaires aux fins d’extraction pour une prétendue garde à vue », retrace le parquet de Paris.
Connu de la justice pour de multiples faits de vols aggravés, Ilyas Kherbouch, 20 ans, était emprisonné pour purger quatre peines et placé en détention provisoire comme suspect dans deux autres affaires. À ce jour, « sa sortie de détention, avant toute nouvelle décision, était prévue en 2035 », fait savoir Laure Beccuau, procureure de Paris.
Au bout de quarante-huit heures, temps maximal d’une garde à vue, la prison s’est inquiétée de ne pas voir revenir le détenu, raconte à l’AFP une source pénitentiaire… Absence qui a révélé son évasion.
Une évasion sous fond de corruption ?
L’un des interpellés est soupçonné de s’être fait passer pour un policier. Interrogé en garde à vue, il n’a pas répondu sur les faits et a été mis en examen mercredi 11 mars 2026 pour évasion en bande organisée et association de malfaiteurs, a appris l’AFP de source proche du dossier. Le juge d’instruction le poursuit aussi pour corruption active et faux et usage de faux en écriture publique, ce qui laisse peser l’ombre de la corruption sur cette évasion.
Le suspect, cheveux et barbe bruns, vêtu d’un blouson noir, a été placé en détention provisoire, lors d’un débat où la procureure a demandé le huis clos, estimant que l’enquête pouvait être entravée si des informations venaient à fuiter. « Nous avons des faits commis en bande organisée avec une personne évadée pas retrouvée, toute une équipe pas entièrement interpellée », a-t-elle souligné.
« Mon client est présumé innocent. L’instruction n’en est qu’à ses prémices et la défense veillera à ce que le respect du secret de l’enquête soit préservé », a réagi son avocat Réda Ghilaci à l’issue du débat. Né en mai 1998 et résidant à Toulon, il est connu de la justice pour une petite dizaine de condamnations, essentiellement pour des infractions liées aux stupéfiants ou au code de la route, selon une source proche du dossier.
Selon Le Parisien, le mineur, lui aussi mis en examen, devrait comparaitre devant la juge de la liberté et de la détention dans la soirée.
Interpellation fortuite
L’interpellation a eu lieu fortuitement dimanche 8 mars 2026, avant même que l’administration pénitentiaire ne se rende compte de l’évasion, lors du contrôle d’un véhicule Peugeot, d’après une source policière confirmant des informations du Parisien. Selon cette même source, à Paris, des équipes de la brigade anticriminalité (BAC) ont remarqué un homme portant une cagoule et une casquette, descendant d’une voiture Mercedes et montant dans un véhicule Peugeot.
Les policiers ont alors contrôlé la voiture et ont découvert, dans un sac, « un gyrophare, des brassards police, des menottes, une perruque blonde, deux fausses cartes de police« . Sur ces fausses cartes de police, deux photos : celle du conducteur de la Peugeot, mais aussi d’une jeune femme « portant une perruque blonde ». Les enquêteurs soupçonnent que ces fausses cartes de police aient été utilisées par les complices présumés d’Ilyas Kherbouch.
Avec AFP.
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