Depuis vendredi 20 mars, du côté de Vailhourles, dans l’Ouest Aveyron, des recherches étaient activées pour retrouver une femme et son fils de 13 ans. Cinq jours plus tard, et après une chasse à l’homme qui aura mené les enquêteurs jusqu’au Portugal où les corps de deux femmes ont été retrouvés. Midi Libre fait le point.
Elles s’appelaient Audrey Cavalié et Angela Legobien-Cadillac. Leurs deux corps ont été retrouvés, ce mercredi 25 mars 2026, au Portugal cinq jours après que leurs disparitions, ainsi que celles de leurs deux enfants, ont été signalées. les deux femmes auraient été tuées par Cédric Prizzon. Midi libre fait le point sur cette affaire dont le tragique dénouement s’est noué bien loin de Vailhourles, petit village de 650 âmes de l’Aveyron.
Qui sont les deux victimes ?
Il s’agit d’Audrey Cavalié, 40 ans et d’Angela Legobien-Cadillac, 26 ans. Leurs corps ont été retrouvés dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars au Portugal « enterrés dans un lieu isolé », selon la police portugaise. , confirmées par les médias portugais, elles pourraient avoir été étouffées à mort. Une piste qui devra être confirmée à l’aide des autopsies.
À nos confrères de Centre Presse, le , a confié être dévasté par la nouvelle : « c’est affreux, je n’ai pas de mots, je suis effondré et en colère. » Audrey Cavalié, travaillait dans une compagnie d’assurances à Villefranche-de-Rouergue et était domiciliée au hameau des Sabatiers, à deux kilomètres du bourg de Vailhourles. « La famille Cavalié est très estimée sur la commune et ses alentours. Toujours un sourire, un mot gentil, a ajouté le maire ce mardi 24 mars, estimant « qu’un tel drame aurait pu être évité ».
Harcelée par son ex-conjoint, Audrey Cavalié avait, en effet, obtenu un téléphone grave danger et était suivie par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), soulignent nos confrères de « Après la rupture, il venait devant le travail d’Audrey pour la surveiller. Il y avait des menaces de mort. Elle avait peur de lui », a assuré la mère d’Audrey , décrivant sa fille comme « adorable, en or » et « très appréciée par ses collègues comme par ses clients ».
Dernièrement, Cédric Prizzon avait posté une vidéo plus menaçante que les précédentes contre son ex-compagne : « Vous voulez me mettre en prison, bah vous allez m’y mettre pour de bonnes raisons. Vous croyez les déclarations d’une folle amnésique à coups de couteau ». Il affirmait également alors que son fils était « en danger » auprès de sa mère et
Audrey Cavalié et son fils Élio, âgé de 12 ans, n’avaient plus donné le moindre signe de vie depuis le vendredi 20 mars. Tous deux avaient disparu sans laisser de trace. Angela Legobien-Cadillac et sa fille d’un an et demi étaient également portées disparues. Selon une source proche de le fils aîné aurait déclaré aux policiers portugais que son père avait tué les deux femmes. On ignore encore toutefois si la découverte des corps a été faite sur les indications de l’enfant ou sur celles éventuelles du père, tout comme si ce dernier est passé aux aveux et s’il a expliqué la raison de ses crimes.
Qui est Cédric Prizzon, le principal suspect ?
, ancien policier de 42 ans actuellement sans emploi, a été arrêté « lors d’une opération de contrôle routier » mardi soir à Mêda, petite ville portugaise d’environ 7.000 habitants à près de 200 km à l’est de Porto, non loin de la frontière espagnole. Il était depuis l’annonce de la disparition des deux femmes et de leurs enfants, le suspect numéro un dans l’affaire dite des « disparus de l’Aveyron ».
L’homme, déchu de son droit de garde, joueur de rugby à XIII de bon niveau, entretenait un rapport très conflictuel avec son ex-compagne, Audrey, qu’il accusait sur son compte Facebook, qu’il dédiait presque entièrement à son combat contre son ex-conjointe, de mettre leur fils « en danger ».
Il avait notamment dénoncé en 2023, auprès de Centre Presse, de supposées « pressions » que la victime aurait exercées sur leur enfant. En 2021, il s’était déjà rendu illégalement en Espagne avec son fils pendant plusieurs semaines. avait déjà été « condamné pour non-représentation d’enfant et harcèlement sur ex-conjoint », selon le procureur de Rodez, Nicolas Rigot-Muller.
Le procureur Thierry Lescouarc’h a assuré qu’aux chefs initiaux s’ajoutaient désormais ceux de « meurtres aggravés ».
L’ex-rugbyman à la carrure solide avait déjà participé avec d’autres pères ayant perdu la garde de leurs enfants à une grève de la faim devant le tribunal de Rodez et à des manifestations devant la mairie de Villefranche-de-Rouergue, à une quinzaine de kilomètres de Vailhourles.
Sur les réseaux sociaux, il publiait également des vidéos dans lesquelles il dénonçait « une justice corrompue » ou encore un « scandale ». La mère d’Audrey Cavalié, qui s’est confiée , décrit un homme roublard, violent, étouffant. , un an après sa rencontre avec Cédric Prizzon, et parle d’un homme qui « se vantait d’être violent. Lorsqu’il était videur, il disait : ‘J’en ai encore fait saigner deux hier’. Audrey en avait honte ».
Cédric Prizzon a été placé en garde à vue, a indiqué ce mercredi le procureur de Montpellier Thierry Lescouarc’h dans un communiqué. Dans son véhicule, les policiers ont retrouvé un fusil à pompe, plusieurs fausses plaques d’immatriculation et 17.000 euros en liquide. Un attirail qui laisse penser que sa cavale aurait été préméditée.
Comment s’est déroulée l’enquête ?
Une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration » a été ouverte dès lundi par le parquet de Montpellier à la suite des cinq disparitions, immédiatement jugées inquiétantes par les enquêteurs. Un avis de recherche a aussitôt été transmis aux pays limitrophes. La thèse de la fuite de l’Aveyron vers le Portugal a rapidement été privilégiée par les enquêteurs de la section de recherche de Toulouse, en charge des investigations.
Et d’importants moyens ont été déployés dès le jour de la disparition pour ratisser l’Aveyron, ainsi que le département voisin du Tarn-et-Garonne. Une soixantaine de gendarmes ont été mobilisés aidés de drones, d’hélicoptères, d’équipes cynophiles et de plongeurs qui ont sondé lacs et rivières, sans encore rien trouver de déterminant pour localiser les deux femmes. Les enquêteurs ont également exploité les données téléphoniques, analysé les images des axes routiers, croisé chaque signalement.
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Les investigations se poursuivent « en liaison avec les autorités judiciaires portugaises dans le cadre de l’entraide judiciaire européenne en matière pénale », a signalé ce mercredi soir Thierry Lescouarc’h. Dans ce cadre, les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse, unité spécialisée de la gendarmerie nationale dédiée aux affaires criminelles les plus sensibles, ont été dépêchés « sur place, au Portugal ».
De leur côté, les autorités portugaises ont précisé que « les démarches nécessaires à la consolidation des preuves » se poursuivaient. Et si une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration de plusieurs personnes » avait été ouverte lundi, Thierry Lescouarc’h a assuré qu’aux chefs initiaux s’ajoutaient désormais ceux de « meurtres aggravés ».




