« Je ne veux pas me dédouaner, mais à ce moment de ma vie, je n’ai pas eu conscience de ce que j’ai fait… »
Veste noire, pantalon beige, mince, crâne rasé, un homme de 45 ans, a été jugé lundi 13 avril 2026 au tribunal de La Roche-sur-Yon pour plusieurs délits commis dans cette même ville entre août 2025 et mars 2026 : harcèlement sur son ex-compagne ; deux cambriolages ; des dégradations… Et une collecte de données à caractère personnelle par un moyen frauduleux. Le prévenu a consulté le « TAJ », le traitement des antécédents judiciaires qui recense les données des auteurs d’infractions et les victimes. Le quadragénaire en avait la possibilité. Il est… gendarme en Vendée.
Le prévenu est gendarme en Vendée
En août dernier, il n’a pas supporté que sa compagne a mis fin à une relation qui durait depuis trois ans. Outre des messages et des appels téléphoniques, parfois dans le milieu de la nuit, obligeant la victime à le bloquer, il a écrit une lettre de quinze pages.
« Pour avoir des explications. Ça peut paraître maladroit, mais je n’ai jamais voulu la culpabiliser », a confié le militaire à la barre du tribunal.
Il lui est aussi reproché deux cambriolages, entre le 26 et le 28 décembre 2025 et entre le 13 et le 15 février dernier. Lors du dernier vol par effraction, l’auteur, qui est reparti avec des bijoux, a laissé les robinets ouverts en bouchant l’évier et la baignoire, provoquant un important dégât des eaux.
Le militaire, qui a également été vu en tenue de gendarme dans le jardin de la victime après avoir escaladé le mur, a nié les cambriolages.
Aucune investigation ne prouve que j’étais dans cette maison.
Il y a bien une connexion avec la wifi de l’habitation, mais l’homme emprunte le chemin qui longe la maison depuis des années pour son jogging. Bien avant d’avoir rencontré son ex-compagne. Cette dernière, invitée à s’exprimer par le tribunal, a déclaré « être en insécurité. Il y a un impact sur ma vie personnelle et professionnelle. »
« C’est une dérive »
Pour l’avocate de la partie civile, ce dossier s’inscrit « dans un contexte de séparation qui n’est pas accepté. Ce n’est pas une rupture sentimentale, c’est une dérive qui a conduit un homme à franchir toutes les limites posées par la loi. Il a tendance à confondre maladresse et infraction pénale. »
Soulignant la « gravité des faits », la procureure de la République a requis douze mois de prison avec un sursis probatoire de trois ans, une obligation de soins, d’indemniser la victime, une interdiction de contact, de paraître au domicile et de porter une arme pendant cinq ans.
Maître Anne Dauvin, avocate de la défense, a regretté que l’on fasse de son client « un coupable idéal. Dans ce dossier il n’y a rien. » Elle a démonté une par une les accusations relatives aux deux cambriolages.
Il n’y a pas de trace de pesée sur la fenêtre, pas d’ADN. Rien… Le prévenu n’est pas l’homme obsessionnel que l’on tente de nous décrire. Qu’il consulte le fichier des antécédents judiciaires ne fait pas de lui un cambrioleur.
Elle a plaidé la relaxe pour les vols avec effraction et les dégradations.
Pour les poursuites de harcèlement, elle a estimé « que l’on ne peut pas reprocher à un homme d’être amoureux et d’avoir besoin d’explications. »
Pour les demandes des parties civiles (5 000 euros pour l’ex-compagne et 2 000 euros pour son nouveau compagnon), l’avocate de la défense a demandé que le tribunal les ramène « à de plus justes proportions ».
Elle a également considéré que « prononcer la peine requise par le ministère public serait une mort professionnelle. » Après plus de vingt ans dans la gendarmerie, l’homme est bien noté par sa hiérarchie.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu lundi 4 mai.
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