« J’ai vécu un calvaire sur l’île Maurice ». L’auteur breton quatre fois best-sellers John-Erich Nielsen et son épouse Sonia ont été victimes du narcotrafic sur l’île Maurice pendant trois ans. John est rentré avant sa femme le 3 mars 2026 sain-et-sauf en Bretagne, près de Carnac (Morbihan) où ils vivent et ont leur maison d’édition. Ceux qui sont chaque année sur les Quais du livre pendant le festival interceltique de Lorient, sont passés là-bas de l’arnaque, aux menaces, puis par des passages à tabac réitérés, avant que John soit obligé de se cacher, traqué par les forces de sécurité corrompues localement. Leur témoignage sur la situation actuelle de cette île carte postale, en apparence paradisiaque, montre l’envers du décor, un décor dans lequel le ministre de la justice local serait impliqué au plus haut niveau de corruption. Voici l’enfer qu’ils ont vécu et comment ils ont échappé au pire.
« On s’est fait avoir en fait »
Le village de Chamarel est le seul village de montagne sur l’île Maurice. « L’année dernière il a obtenu le titre du plus beau village touristique du monde, mais paradoxalement, il est aussi une zone de non-droit » explique John Nielsen, eu égard à ce qu’il a découvert avec sa femme en tentant de s’installer sur place au début de l’année 2021.
Le couple Nielsen était sur l’île depuis 6 mois, arrivé en octobre 2020 pour s’y installer avec leurs animaux. Il cherchait une maison pour s’installer durablement sur l’île en voulant y vivre de leur activité d’éditeurs chez HoH éditions, de l’écriture de leurs romans et avec le souhait de développer la culture localement, par l’organisation d’un salon du livre :
Au début on voulait louer et on a commencé à chercher pour acheter à Chamarel. On avait passé un week-end là-bas dans un hôtel qui proposait des séjours dans des cabanes dans les bois. C’était très romantique. Les propriétaires de l’hôtel sont devenus nos voisins ensuite. On avait demandé à la réceptionniste si elle savait où on pouvait louer quelque chose dans le village puis elle nous a dit « rappelez moi, j’ai peut-être quelque chose pour vous » ».
« Ce qu’elle proposait était trop petit finalement, mais de chez elle, le couple a aperçu une soucoupe volante en bois posée à la cime des arbres, l’endroit le plus en altitude de l’île. Cela appartenait à la famille de J »., la famille d’escrocs et trafiquants présumés dont ils seraient les victimes par la suite.
Une arnaque à la vente
Après avoir pris contact avec ceux qui se faisaient passer pour les propriétaires de la maison aperçue, les Nielsen sont sous le charme en la visitant : « ce n’était pas vraiment une maison, mais plus une cabane de chasseurs » relativise Sonia. Le couple fera de nombreux travaux par la suite à l’intérieur, pour en faire une maison luxueuse qui aura pris de la valeur.
Celui qui s’est présenté à eux comme le propriétaire de la cabane leur a dit en les voyant conquis : « si vous voulez c’est à vendre ».
On a tout refait la plomberie, l’électricité, on a aussi fait une piscine. Il proposait de l’acheter pour 9 millions de roupies, prix qui était cohérent car tout était à refaire par rapport aux autres maisons voisines à 24 millions.
Il nous proposait d’acheter, mais comme nous n’étions pas mauriciens, nous ne pouvions concrétiser la transaction, donc il nous a proposé d’être locataires pendant 7 ans, car après cette durée, il deviendrait possible d’obtenir la nationalité puis d’être en droit d’acheter selon la réglementation insulaire :
« Il a proposé de nous faire un bail de 10 ans et de lui payer un loyer pendant ce temps qui serait déduit par la suite du prix de vente de la maison » rembobine John. Les Nielsen acceptaient alors l’accord oral, puis Sonia préparait quelques jours plus tard les documents nécessaires chez les notaires.
Un propriétaire trafiquant de drogues
« C’est là que ça a commencé à partir en vrille » relate Sonia. « Là son frère va partir en prison. Au début, il nous a dit qu’il était à l’hôpital. Trois mois plus tard le chef restaurateur du Palais de Barbizon tenu par l’ancien chef de village nous dit qu’il n’était pas absent pour cette raison, nous disant que Sébastien était sorti de prison ».
Le couple découvrait le mensonge de Sébastien J. leur pseudo-vendeur. C’était en effet écrit partout dans la presse. « On voyait des voitures de luxe passer sur le terrain près de chez nous. On comprenait donc que Sébastien faisait du trafic de drogue en bateau entre La Réunion et l’île Maurice ».
Son bateau est parti de l’île Maurice avec plein d’argent à bord pour La Réunion et il s’est fait arrêter par les « coast guards », la police maritime, puis il s’est retrouvé en prison car les personnes à bord on dit qu’ils intervenaient pour lui.
Il fera six mois de prison préventive, puis sera libéré sur caution.
Ils augmentent toujours plus le loyer
« La corruption est quasi généralisée là-bas. Il a été mis en prison car le gouvernement de l’époque était un peu moins copain avec lui que les précédents et le suivant » explique Sonia Nielsen.
On va découvrir que son avocat s’appelle G. Glover, relativement connu à Maurice qui défend beaucoup les personnes dans des affaires de drogues.
Un avocat qui deviendra par la suite en 2024 l’équivalent du ministre de la justice par la suite et qui défendra d’après John, les trafiquants de l’île, car ces derniers l’auront aidé à être élu.
Avant cette étape, Sébastien J. est libéré en janvier 2022. Il vient ensuite les voir pour leur raconter ses aventures et leur dire ouvertement qu’il fait du trafic et que ce jour-là, il n’avait pas eu de chance, car ce n’était pas son équipe habituelle : « Il se vantait quasiment d’être trafiquant alors qu’il était sous contrôle judiciaire. Il l’a même dit à la radio » s’étonne John Nielsen.
Après ces événements, le couple commence à prendre de la distance et à se poser des questions : « les voisins ne travaillaient pas, c’était bizarre ».
Ensuite la famille J. commence à augmenter de plus en plus le prix de leur loyer qui a atteint une somme ne correspondant plus tout à la valeur de la maison, en avançant « que ce serait déduit plus tard du prix d’achat de la maison ».
Ils nous ont entretenus dans cette idée-là, puis nous ont avoué plus tard qu’ils n’étaient en fait pas propriétaires que la maison qui appartenait à une société familiale créée par leur père qui était ne fait le propriétaire du terrain et que la rente lui revenait.
La vérité semblait toujours évolutive avec eux et la tension est montée avec le couple : « on payait le prix d’une grande villa alors qu’on était dans une maison en bois que nous avions rénovée. Nous avions créé la maison ».
« La maison n’a jamais été à vendre »
Ils finissent par trouver un ami pour être locataire ailleurs tout en conservant le projet de l’acheter. C’est à ce moment-là que la famille J. change de discours en leur disant : « la maison n’a jamais été à vendre ». Thierry J. le frère de Sébastien à qui ils ont payé le loyer pendant deux ans leur dit « vous allez partir maintenant ».
« Il voulait toujours du cash » d’après le couple qui a toujours fait des virements ce qui leur a heureusement permis de garder des traces et des preuves par la suite, lorsqu’ils ont été accusés par la famille J. : « pendant 3 ans, soit 36 mois, on leur a payé un loyer. Et à partir de là, on a compris que c’était une arnaque. On a rénové à peu près pour l’équivalent de 60 000 euros dans cette maison, mais ils nous ont mis en demeure, on ne pouvait rien faire, nous avions seulement un contrat oral même si cela a valeur légale ».
Ils ont donc la trace des versements de loyers et des messages évoquant ce projet de vente, qui était un piège tendu au français.
« Production de faux grossiers »
Ils nous ont envoyé une mise en demeure délirante qui expliquait que nous n’avions jamais payé de loyer, et que nous étions hébergés à titre gratuit. C’est de la folie. Ils ont fait ça pour que nos droits de locataires soient nuls, donc nous sommes allés voir une avocate.
Leurs escrocs présumés espéraient récupérer la maison que le couple avait fait prendre de la valeur car il pouvait désormais encore plus en profiter pécuniairement.
Des avocats, ils en verront de nombreux qui jetteront l’éponge les mois suivants, ne pouvant rien faire dans leur situation qui s’est vite envenimée jusqu’à mettre le couple en danger de mort.
Ils retournent voir ensuite le chef du village, qui leur dit : « vous savez ce n’est pas clair là-haut, avant la famille J., il y avait un autre monsieur appelé Bonorchis qui s’est enfui en Australie car il allait être arrêté pour trafic de drogues. Les J. sont arrivés en disant que c’étaient des cousins, mais personne n’a jamais vérifié. Allez au District Council demander les actes ».
Sur place cette institution leur livre le nom d’une société propriétaire du terrain s’appelant La flèche. Il s’agissait de terres d’État mises en location pour cultiver la canne à sucre. Le droit d’exploitation était très ancien et la famille J. ne les détenait visiblement pas.
Une fois revenus voir la famille J. pour leur prouver qu’ils n’avaient aucun droit, les escrocs présumés ont montré en retour trois actes de propriétés aux Nielsen : un pour leur terrain loué et deux pour les terrains voisins qui présentaient.
Tous présentaient les signes de faux documents :
« C’était un faux grossier, il y avait du Blanco sur les dates, les noms étaient remplacés, les signatures d’un dénommé Mervin exactement de la même taille figuraient sur toutes les pages ». Ce monsieur Mervin une fois contacté par le couple en pleine vérification dira « je n’ai jamais rien vendu » et au milieu du contrat seul le nom de Bonorchis apparaissait.
Ce qu’on a compris, c’est que les terres avaient été exploitées illégalement, puis la fille héritière de la société La Flèche s’est mariée avec un clerc de notaire véreux Monsieur Grizell, qui a fait de faux titres de propriété pour s’approprier les terres puis revendre les terrains.
À son décès sur 14 terrains, une dizaine sera invalidée par la cour. « Mais les fils sont toujours dessus, ils s’accrochent » déplore Sonia. La cour a seulement confirmé que ces titres n’étaient pas valables.
« Une zone de non-droit »
« Chamarel est une zone de non-droit » contextualise John Nielsen :
C’est une zone créole où ils sont appelés des « marrons » car c’est là que les esclaves en fuite se sont cachés. C’est le cœur des gens qui ont pris leur liberté et c’est resté par la suite. On ne va pas trop les chatouiller, la police ne monte quasiment jamais là-bas, c’est le village rasta où la religion est pratiquée et comme une Corse en interne. Là où on ne va pas trop se frotter, connu pour ça et nous, on s’est retrouvés là-dedans sans l’avoir appréhendé.
Sonia confie qu’ils n’ont pas été prudents : « on aurait dû aller là où tous les expatriés vont dans un quartier spécial ».
« On s’est retrouvé associé avec Thierry J. qui a fait de la prison en 2009 pour trafic de Subutex, S. Jacob qui a fait de la préventive en janvier 2022 pour trafic entre l’île de La Réunion et l’île Maurice, l’ancien potentiel propriétaire de la maison qui s’appelle D. Bonorchis en fuite en Australie pour trafic de drogue, l’autre voisin monsieur Francklin, extradé à La Réunion pour trafic de drogue lui aussi et assassin », énumère Sonia Nielsen.
« C’est quelqu’un qui faisait du trafic au profit du gouvernement mauricien et ils ont trouvé un accord scandaleux, en l’extradant à La Réunion, de sorte qu’il ne dise rien » ajoute John.
Et puis il y avait aussi notre voisin clerc de notaire véreux, ainsi qu’un autre monsieur surnommé le Pablo Escobar local, propriétaire des boîtes de nuit dans le nord de l’île et nous au milieu de tout ça.
Intimidations et menaces
C’est en mars 2024, que les faits de violence débutent qui s’amplifieront crescendo par la suite :
Dès qu’ils ont su qu’on savait que leur acte était un faux, là les menaces et les intimidations ont commencé. Thierry J. va arriver en tenue militaire avec une cagoule, une machette puis tourner autour de la maison en coupant tout en disant « sale français rentre chez toi ».
« Constatant qu’on ne respectait pas leur mise en demeure, car notre avocate nous a dit qu’on était dans notre bon droit, et qu’on partait en procédure, la famille s’est montrée de plus en plus violente jusqu’au premier passage à tabac. Ils ont vu qu’on n’avait pas peur et la folie a commencé : ils nous ont coupé l’eau et l’électricité, pendant deux ans dans la maison » raconte John.
Ils voulaient récupérer cette maison à laquelle on avait donné un charme particulier au point qu’elle fasse la couverture du magazine de luxe LaCase de juin 2024. « Ils se sont dit, on va récupérer ça gratuitement et leur but était de nous faire partir ».
Roués de coups
Les agressions physiques ont commencé le 23 mai 2024 quand John et Sonia étaient tous les deux devant la maison avec leur gardien Steve, présent et témoin de la scène, qui a sauvé la vie de l’écrivain.
C’était une agression très sévère. J’ai été roué de coups par les deux frères, j’ai reçu un coup de bâton à la tête, Sonia un coup de casque en pleine tête ; moi ils vont m’ouvrir le crâne à coups de casque de moto et le second frère Sébastien J. va essayer de me mettre un coup de faucille dans le dos quand mon gardien m’a sauvé la vie en se faisant couper le doigt par son arme en la contrant. Je ne risque pas d’oublier la date.
L’équipe de sécurité est arrivée après l’appel au secours du gardien : « sinon je pense qu’on était morts ». Le portable de Sonia qui filmait lui a été arraché : « après son coup à la tête, ils l’ont détruit. John et Sonia n’avaient pas d’arme quant à eux pour se défendre.
La police a été appelée ce jour-là et n’est jamais venue en réponse à leurs alertes : « Nous on pensait qu’il suffisait d’aller à la police. Quand on est honnête on croit qu’ils vont faire quelque chose » explique Sonia.
« On appelle au secours, on est en train de se faire tuer », une vingtaine d’appels a été passée à partir de 16 h 30 et ils sont venus seulement à 21 h 30 avec deux voitures pour nous arrêter.
La famille J. était descendue entre-temps déposer plainte : « en disant que c’était nous qui les avions agressés et ce n’est que lorsque la police verra les traces de sang sur notre tête qu’ils comprendront. Les témoins qui étaient là sur place ont pu heureusement les convaincre par ailleurs que nous étions victimes » raconte John.
Le voisin est allé porter plainte, mais ce qu’on va comprendre très vite c’est que nos plaintes, ils se sont assis dessus.
« Le dos massacré avec une barre de fer »
En avril 2025, Sonia se fait de nouveau agresser. Entre-temps les tentatives d’intimidation et menaces avaient continué.
Une personne du clan J. vient dessiner des insultes sur leur portail, Sonia décide alors d’aller voir la police pour déposer une énième plainte. Au total 24 plaintes ont été déposées.
Je l’ai filmée en train d’écrire puis elle s’est approchée de moi en me jetant de la peinture en me tenant les cheveux, puis m’a fait tomber. Elle a essayé de m’arracher les cheveux, j’ai protégé mon portable tant que je pouvais, et je retenais son bras par terre. Elle m’a couverte de peinture et son fils m’a massacré le dos avec une barre de fer.
Tout cela est filmé, tout comme les infractions chez eux et les agressions, les preuves ne manquant pas dans leur dossier, mais les policiers n’en feront rien, convaincus par les plaintes déposées contre eux par leurs agresseurs, « en effet miroir » raconte John, après chaque agression perpétrée par les membres de la famille J.
Un document obtenu après le passage par la case hôpital de Sonia attestera pourtant des sévisses subis. Le couple résistera jusqu’au bout : « J’ai cette capacité a ne pas avoir peur. On s’est accrochés » dit courageusement Sonia.
Une plainte à la police des polices
Entre les deux agressions, « nous sommes allés à la police des polices car rien ne bougeait, ça s’appelle l’IPCC à Port-Louis. Tout le monde nous disait parmi ceux qui nous croyaient qu’ils devaient être en prison, on est allés déposer plainte contre la police de la Gaulette car nos plaintes n’étaient pas traitées » raconte le couple.
Une réunion de conciliation va avoir lieu ensuite entre l’IPCC et la police de la Gaulette, lors de laquelle : « la présidente de l’IPCC leur remontera les bretelles en leur demandant pourquoi la famille J. n’était toujours pas arrêtée depuis tout ce temps ».
Elle avait demandé la liste des plaintes qu’on avait déposées et où elles en étaient et toutes étaient classées sans suite faute de preuves, alors que le couple avait des vidéos.
Pour seule réponse, l’inspecteur s’est excusé en disant qu’il ne savait pas pourquoi. Ils étaient dès lors sommés de protéger le couple et de faire le nécessaire.
La dernière agression
Plusieurs jours après cette réunion, advient la dernière agression, en novembre 2025. Les deux frères J. arrivent avec deux « tapeurs » musclés appelés des « bonnes sœurs » localement à leur domicile.
Ils sont 4 à rentrer dans leur jardin : « Steve notre gardien arrive en courant nous criant de rentrer et de fermer la maison » raconte Sonia.
Mais la porte du bureau était ouverte et en courant la fermer, Sébastien J. est arrivé juste quand Sonia prenait la poignée : « il tirait dans l’autre sens, je tirais de toutes mes forces et il a donné un coup de pied dans la porte vitrée à laquelle j’étais collée et ma jambe a été lacérée par les morceaux de verre.
Blessée et ensanglantée, le gardien est arrivé la secourir armé d’un bâton :
Ils ont demandé à Steve de les laisser en lui disant qu’il ne lui feraient rien. On se croyait mort et Steve, d’une honnêteté incroyable a tenu. On pensait qu’ils allaient nous assassiner.
Un acte qui coûtera cher au gardien puisqu’il fera l’objet de menaces et d’une arrestation par la suite, convoqué par un juge et en liberté conditionnelle d’après John. « On est sur une agression préméditée en bande organisée mais la police nous dira qu’ils n’étaient pas 5 mais 4, donc que ce n’était pas techniquement pas en bande organisée ».
La jambe de Sonia a été recousue ensuite et « quatre jours après que l’inspecteur se soit fait sermonner par la police des polices, il m’a dit » on ne va rien faire « » se souvient John.
« Le piège va se refermer sur nous »
« On dépose notre plainte le jour de l’agression, mais là on ne mesure pas encore que le piège se referme sur nous ». Quelques jours après Thierry J. va lui aussi déposer plainte pour les mêmes motifs que le couple contre le couple.
« Il va prétendre que ce qu’ils ont fait, c’est nous qui l’avons fait. C’était à chaque fois comme ça. Nos plaintes, la police n’en tenait pas compte, mais leurs mensonges oui » déplore John. Puis après ça « on entend que la police de la Gaulette cherche à nous arrêter ».
Les agressions étaient relayées dans la presse locale mais la parole de nos agresseurs trafiquants avait autant de valeur que la nôtre. Ce qu’on disait pouvait ne pas être vrai. On publiait des vidéos dont une a fait un million de vues et en dépit de ces preuves, la presse a dit que par exemple la photo du dos roué de coups de Sonia était générée par IA. Notre parole a été niée.
Des bruits couraient donc selon lesquels la police voulait les arrêter et le couple ne savait pas pourquoi.
Sonia ensuite est rentrée en France au mois de décembre 2025 pour la naissance de sa petite-fille « je ne voulais pas laisser John seul, un ami, Martin, qui est un ancien détective de Scotland Yard est venu d’Écosse.
« Le dossier Glover »
Du côté de l’IPCC, la police des polices de Port-Louis, l’enquêteur référent en charge du dossier a entre-temps été muté fin 2025.
Le nouveau référent ne le traitera pas de la même façon et une fois que le couple le rencontrera, ce dernier leur dira : « ah vous êtes le dossier Glover ». Glover étant pour rappel le nom de l’avocat précité des trafiquants, qui est entre-temps devenu attorney general :
Il y a eu des élections en novembre 2024 et il est devenu ce que j’appelle les « sinistres » de la justice, soit attorney general. Là-bas le ministre de la justice s’appelle ainsi, il a autorité sur toute la justice, les avocats et juges.
En découvrant qu’ils étaient les victimes du « dossier Glover », le référent aurait déclaré spontanément : « ah non je n’ai rien dit », en prétextant qu’il parlait d’un autre dossier. « Il était manifestement du côté des trafiquants car il pensait au départ qu’on était dans le camp des gens protégés par Glover » suppute John.
À ce stade, on sentait bien qu’à l’IPCC c’était devenu plus compliqué, on ne pouvait plus rencontrer sa présidente comme avant, il s’était passé quelque chose mais on ne savait pas quoi.
Quand John a confié être menacé par la police d’être arrêté, ce référent lui a recommandé de s’y rendre : « Or un des deux inspecteurs de la police de la Gaulette qui n’était pas mouillé dans leurs pratiques et refusait ce qui se passait m’avait appelé pour me prévenir en me disant de faire attention, car ils voulaient d’après lui m’arrêter et me mettre en prison, sans liberté sous caution. Le but était de me faire tuer en prison. Il y a des gens qui meurent tous les jours en prison à Maurice ».
« En danger de mort »
Le plan était donc d’après le témoignage de John de l’assassiner en prison par des membres du clan de la famille J. « Ils livrent la drogue dans les prisons là-bas, donc ils ont tout un réseau et John en était la cible » explique Sonia :
Ils vont mentir ensuite en me demandant un matin de venir témoigner sur une affaire sur laquelle j’avais déjà témoigné. Je me rends donc à la police avec mon ami Martin, on me demande d’attendre, un sergent pourri corrompu jusqu’à l’os qui va au casino toutes les semaines qui fait du blanchiment d’argent me demande d’attendre 30 minutes et en sortant je me rends compte que les frères J. sont cachés dans la cour.
« Ils sont soit là pour qu’on me donne à eux, soit pour prendre des photos quand on me met dans le panier à salade pour dire ensuite « je vous l’avais dit que c’était lui le méchant » pense John, « Donc là je me dis ok c’est un piège ».
Une fois remonté chez eux, l’inspecteur complice de John l’appelle pour le prévenir : « ne restez pas là, ils viennent vous arrêter c’est dangereux », donc je me sauve et 10 minutes après la patrouille arrive à mon domicile et tout cela est filmé ».
Janvier 2026, Sonia est en France, Martin dans la maison de Chamarel et menacé, d’avoir des problèmes s’il continue de les aider. L’inspecteur qui les a aidés leur a dit que les ordres venaient de très haut, « au-dessus de la hiérarchie policière ».
Une hiérarchie qui se dédouble explique John, « il y a la hiérarchie officielle et apparente, mais au sein du réseau du trafic de drogue, un simple sergent en dessous d’autres grades peut commander ses supérieurs qui sont a priori les plus haut placés ».
Un mois à se cacher
John se rend compte qu’il est en danger de mort, la priorité est alors pour lui de mettre leurs animaux, dont leurs chiens, chats et tortues géantes en sécurité, avant de devoir se cacher pendant un mois, à vivre clandestinement dans un studio prêté par des amis.
Martin a peur pour sa sécurité et va à l’ambassade du Royaume-Uni qui lui conseille de quitter l’île, ce qu’il fera plus tôt que prévu.
Seules trois personnes sur l’île Maurice sauront où s’est caché John. Leurs chiens auront été placés dans un refuge, un autre chez un ami et « en trois jours on a réussi à déménager la maison et à mettre les animaux en sécurité ».
Ils ont mis leurs deux tortues géantes d’aldabra de plus de 100 kg chacune au Vanilla nature park dans le sud de l’île : « elles y sont toujours car il n’est pas possible de les ramener en France mais elles sont bien traitées ». Pour Sonia en larmes en en parlant « c’est très difficile et un arrachement de devoir partir. On avait créé des liens avec des amis là-bas ».
Chronologie des faits
Octobre 2020 : arrivée du couple Nielsen sur l’île Maurice où ils se sont mariés.
Début 2021 : le couple cherche une maison à acheter dans le village de Chamarel. Ils ont pour projet de s’installer sur place et de développer leur activité littéraire avec leur maison d’édition HoH, tout en créant des événements comme des salons du livre et en animant des ateliers d’écriture.
Courant 2021 : le couple est victime d’une arnaque sur un projet d’achat de maison. Le pseudo-propriétaire qui ne l’était pas, d’une cabane au sommet de l’île que le couple a rénové par la suite en la louant, leur propose la cabane en location, qu’il pourra acheter au bout de 7 ans, en leur renouvelant le bail, car il faut avoir vécu 7 ans sur l’île avant de pouvoir acheter sur place. Via une procédure de bail renouvelé chaque année le temps que le couple obtienne la nationalité mauricienne le faux propriétaire leur fait miroiter la possibilité d’acheter, en proposant de déduire le loyer qu’il aura payé, du prix de la maison.
Janvier 2022 : le peusdo propriétaire de la maison qui voulait leur vendre est arrêté pour trafic de drogue en 2021 puis libéré en janvier 2022.
Février 2022 : prise de distance du couple avec l’escroc, l’un des frères, dont la famille J. (nommée ici Famille J. pour conserver l’anonymat), augmente de plus en plus le coût du loyer, tout en avouant que ce n’est pas leur terrain au couple. Une fois que le couple décide en conséquence de louer ailleurs le temps d’acheter, le faux propriétaire leur dit que la maison n’a jamais été à vendre. Le couple qui l’a pendant plusieurs mois rénovée pour en faire une maison de luxe avec piscine a été arnaqué, les faux propriétaires voulant garder la maison qui a pris de la valeur pour leur profit.
Année 2023 : après 3 ans de paiement de loyer, la famille J. envoie une mise en demeure pour sommer les Nielsen de partir écrivant qu’ils n’avaient jamais payé de loyer, ce dont la trace des virements versés chaque mois fait foi pourtant.
Mars 2024 : quand la famille J. découvre que le couple sait que leur acte de propriété est en fait un faux, les intimidations et menaces commencent. L’un des deux frères J. vient avec une machette en cagoule, les insulter. Ils coupent l’eau et l’électricité dans la maison pendant deux ans. Le couple résiste et reste dans la maison dans son bon droit.
Mai 2024 : toujours dans le but de les faire partir pour récupérer la maison, les premières agressions physiques sont commises. John et Sonia sont sauvagement agressés et battus chez eux, « roués de coup » puis sauvés par leur gardien qui se fait couper un doigt en contrant un coup de faucille qui visait John. Les plaintes déposées à la police de la Gaulette sont jetées au panier. La police ne vient sur place qu’en réaction à la plainte de la famille J. déposée juste après l’agression. Une plainte est ensuite déposée à la police des polices à l’IPCC de Port-Louis.
Avril 2025 : après de nouveaux mois d’intimidations Sonia Nielsen, se fait agresser seule à leur domicile par une femme venant écrire des insultes sur leur portail.
Novembre 2025 : après une plainte auprès de la police des polices de Port-Louis qui demande leur protection et de traiter les plaintes laissées de côté, les frères J. accompagnés par deux autres hommes appelés des tapeurs, procèdent à une ultime et violente agression physique du couple.
Décembre 2025 : après une plainte déposée par la famille J., des bruits courent selon lesquels le couple Nielsen va être arrêté mais ils ne savent pas pourquoi. Sonia rentre en France pour la naissance de sa petite fille et pour ne pas laisser John seul, son ami ancien inspecteur de Scotland Yard Écossais Martin le rejoint sur l’île.
Janvier 2026 : un des deux inspecteurs de la police de la Gaulette le prévient par téléphone qu’une patrouille de police va venir à son domicile pour l’arrêter. John ne retournera pas dans la maison et dix minutes après, les caméras montrent la police chez lui, où son ami Écossais était encore là. John va alors se cacher pendant un mois.
31 janvier 2026 : John et Sonia apprennent par un intermédiaire qu’un Arrest on departure (AOD) cible John et que s’il se présente comme prévu à l’aéroport le 1er février, date des billets que son épouse lui avait pris, il serait arrêté. Il continue donc de se cacher ayant appris ce piège, menacé par les autorités et ne pouvant pas rentrer en France.
Fin février 2026 : après le signalement massif de ses lecteurs auprès du Ministère des affaires étrangères, ainsi que l’intervention d’un ami de John ayant des contacts avec la DGSE, et que Sonia ait contacté l’ambassade de France à l’île Maurice en ayant dû insister, un rendez-vous est pris à l’ambassade de France sur l’île Maurice sans John, avec le numéro un de la police mauricienne pour trouver une issue. Un rendez-vous est prévu une semaine plus tard avec John pour lui faire signer un document selon lequel la plainte de la famille J. est retirée et selon lequel l’AOT est levé mais leur informateur vérifie et ce n’est toujours pas le cas à sa sortie du rendez-vous.
3 mars 2026 : accompagné de gardes du corps et de leur informateur sur place John-Nielsen peut finalement quitter la république de Maurice.
John ne peut pas prendre l’avion
Sonia a pris un billet d’avion pour John dont la date de départ était le 1er février, mais le couple va avoir de la chance, car un homme va contacter Sonia via les réseaux sociaux.
Un intermédiaire les a prévenu la veille qu’il y avait une Arrest on Departure (AOD) sur John et que s’il se présentait à l’aéroport il serait mis en prison.
Ce genre de mesure est réservée à de grands assassins ou délinquants en général et sous réserve de preuves évidentes or, il n’y en avait pas dans le cas de John. Cette demande a été faite par la police de la Gaulette d’après une informatrice des Nielsen qui fera une recherche par la suite pour le savoir.
Cette intermédiaire doit pour sa sécurité rester anonyme : elle aura été leur contact pour faire rapatrier John sain et sauf le 3 mars, car il était activement recherché par la police de la gaulette.
« Si je n’avais pas eu cette information qu’on m’attendait à l’aéroport, j’étais mort » raconte John. L’informatrice est venue sur l’île le lendemain pour s’occuper du dossier de John. Elle se mettra en lien avec les plus hautes sphères du pouvoir pour le sortir du pétrin.
L’ambassade de France intervient
« Au début l’ambassade de France était aux abonnés absents » relate John Nielsen. Ses nombreux lecteurs signaleront sa situation auprès du Ministère des affaires étrangères : « ils vont contribuer à me sauver car ils vont les harceler ».
Ce saint-cyrien qui était par le passé dans la cavalerie avant de devenir écrivain a aussi été aidé par un de ses amis qui a des contacts professionnels à la DGSE en France. À partir de là, la situation a enfin évolué favorablement et in extremis pour lui.
Sonia a reçu entre-temps un appel d’un tueur à gage qui lui a révélé avoir été contacté par la famille J. pour tuer son mari, lequel a refusé la proposition. Sonia a enregistré par chance ce coup de fil, qui a permis de faire avancer les choses auprès de l’ambassade française.
Après plusieurs échanges de mails incessants n’aboutissant pas, l’assistante et interlocutrice de Sonia a fait remonter le problème seulement une fois avoir entendu l’audio du tueur à gage.
Une demi-heure après, Sonia avait le consul de France qui a déclaré « ne pas avoir à intervenir dans ce genre de choses, mais compte tenu des menaces, qu’il allait demander un rendez-vous avec les forces de l’ordre mauriciennes et qu’un rendez-vous serait pris ».
Déposition de John
Le numéro 1 de la police mauricienne va se déplacer pour ce rendez-vous. Le consul fera un retour après celui-ci en disant que John allait être entendu pour faire sa déposition le mercredi suivant.
John s’est fait déposer ce jour-là par un ami qui surveillait la rue pour être sûr qu’il n’y avait pas de piège : « Il est rentré par la petite porte de derrière » raconte son épouse.
Il y avait trois personnes présentes : l’inspecteur de la Gaulette qui les informait pour les prévenir à chaque fois à temps, un sergent, et un nouvel assistant surintendant. Ils lui feront signer un document stipulant que la plainte des J. avait été rayée, que l’AOD était levé et qu’il devait quitter le territoire.
Ils lui ont demandé : « Vous êtes contents ? et John dit a répondu : » Vous plaisantez ! Je suis content d’avoir perdu ma maison, de m’être caché pendant un mois ? Qu’on ait empoisonné mon chien qui est mort d’overdose ? De m’être fait passer à tabac ? De quoi devrais-je me réjouir ? «. Et là ils ont regardé leurs chaussures » raconte sa femme.
John a signé le papier, Sonia a demandé à leur informatrice de vérifier que l’AOD était levé, puis se sont suivis trois jours de bagarre pour le faire exécuter car ce n’était pas le cas encore. Un fax sera envoyé au service de l’immigration dans ce but.
Libération de John
Une fois levé, « l’informateur m’a dit c’est bon on peut prendre le billet d’avion ». John a pu rentrer le 3 mars 2026, après avoir fait le nécessaire pour leurs animaux :
L’informatrice a accompagné John avec un garde du corps jusqu’à l’enregistrement des bagages et jusqu’au guichet des douanes. C’était le deux mars. Elle est restée avec lui jusqu’à ce moment-là et devant l’aéroport le moteur d’un un 4 x 4 tournait au cas où il y aurait un problème, si John devait partir en courant avec elle et rentrer dans la voiture.
D’après Sonia, cette informatrice que John appelle son ange gardien est immunisée sur place et protégée des autorités locales au plus haut niveau.
C’était un mois de fou. Dans le studio où j’étais hébergé, je sursautais à chaque bruit avec une chaise prête pour passer par-dessus le mur si la police arrivait. Je comprends ce qu’ont vécu des gens comme Anne Frank qui se sont cachés ; j’ai vécu comme elle, c’est osé à dire, mais si j’étais pris j’étais mort. Et mes amis ont été très courageux.
« Les avocats se sont tous dégonflés les uns après les autres », relate Sonia « le premier est quelqu’un de bien, mais il ne savait plus quoi faire et était complètement dépassé ».
Parmi ceux qui les ont aidés et ont pris des risques, se trouve Steve leur gardien, leur ami Martin, le fils de Sonia venu récupérer les animaux sur l’île, leur informatrice, et le deuxième inspecteur de police de la Gaulette : « il a risqué gros, car il a été menacé et il a même demandé à John qui a publié une liste des policiers corrompus localement sur internet de mettre son nom dedans, pour ne pas être soupçonné ».
« C’est un État mafieux »
John dénonce une île du narcotrafic. Il compte raconter toute cette histoire dans son prochain livre qui paraîtra en fin d’année :
Sur l’île Maurice, on a découvert les coulisses d’un État mafieux. L’argent de la drogue profite aux campagnes électorales des différents partis, il n’y a même pas les bons ou les méchants : ils sont tous alimentés par ça. Pendant les campagnes, des sacs de billets arrivent dans les villages, ils arrosent les communes.
Depuis que des vidéos sont sorties et qu’il est rentré, il reçoit de nombreux témoignages selon lesquels les membres de ce gouvernement ont été financés par de l’argent sale :
« Il n’y a plus d’opposition au Parlement car ils ont acheté tout le monde. Mais maintenant ils récoltent ce qu’ils ont semé, ils pensaient que ça ne se verrait pas mais les trafiquants ont fait rentrer de la drogue en énorme quantité sur l’île et là, il y a des zombies partout dans les rues. Il y a encore un an, il n’y en avait pas autant » se désole Sonia.
Ils ont interdit à la population de publier des images des gens sur l’île par respect disent-ils pour la dignité humaine, mais c’est pour ne pas effrayer le tourisme. En population cela représente 1 million 200 000 personnes, c’est comme si vous faisiez entrer une quantité énorme de drogues dans le Morbihan, ça se voit partout.
« Et le ministre de la justice ancien Avocat Glover dont le cabinet existe encore couvre et profite de cela » dénonce John. « Ils sont amis avec les frères J. et il a été longtemps dans les courses, un très gros business, il est partout où il y a du blanchiment d’argent, comme dans l’immobilier. Cet homme a organisé ma mort et il est ministre de la justice » se scandalise l’écrivain.
Il défend les J. car ils ont des soirées à Port-Louis d’après ce qu’on a appris où ministres et enfants de ministres prennent de la cocaïne ensemble et comme les J. les fournissent ils laissent faire. Les commissariats là-bas sont des succursales de trafiquants de drogues et d’autres gens sont menacés par eux quand ils le dénoncent. On connaît un jeune terrorisé là-bas qui est menacé de mort comme je l’ai été.
En parler autour d’eux
Après les arnaques, agressions, tentatives d’assassinat et d’arrestation dont ils ont été victimes, ils sont aujourd’hui en sécurité, mais John et Sonia sont décidés à parler de cette terrible expérience et de ce traumatisme vécu en république de Maurice où ils avaient initialement un projet culturel de créer un salon du livre, des ateliers d’écriture qui devait profiter aux insulaires davantage que le trafic de drogue.
Les arnaques et les scandales se multipliant sur place, le couple veut dénoncer une situation qui empire d’après eux : « concrètement là-bas, un étranger n’a aucun droit, la carte postale qu’ils nous vendent est une arnaque.
La stratégie de John sera d’une part de passer par le Royaume-Uni pour le dénoncer car cela est lié à l’histoire de l’archipel des Chagos :
« Cela s’explique historiquement, un loyer britannique doit être versé aux Mauriciens depuis leur départ des Chagos. Le premier ministre anglais a dit d’accord mais ils ont Glover dans le collimateur car il se fait passer pour le chevalier blanc de cette rente qui revient de droit aux Mauriciens mais dans un but de profit » explique John. « Les Britanniques veulent dézinguer Glover, c’est pourquoi je ferai appel à eux ».
Des livres à paraître
D’autre part, le couple compte faire savoir ce qu’ils ont vécu dans la presse « on commence à en parler avec d’autres expatriés, mais on est bloqués sur certains de leurs sites internet ».
Sonia a commencé un roman, qui s’appellera « Piton Lodge » le nom de la maison dans laquelle ils ont tenté de vivre : « j’en suis au chapitre 4, ce sera inspiré de notre vécu, sur l’arrachement que ça a été pour moi. Je suis partie en pensant revenir sans dire au revoir à personne ».
Je vais faire un livre plus documentaire avec une vision sociologique et politique. C’est une injustice complète, on a manqué de mourir à cause de crimes commis par un ministre de la justice qui a mis en œuvre tous les rouages institutionnels contre nous, alors qu’on n’avait rien fait : c’est le monde à l’envers.
Elle fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt sur l’île en étant innocente, tout comme John également même si l’AOD a été levé..
Sur place le couple explique que les gens ont peur de témoigner car menacés mais qu’ils ont pu se rendre compte que beaucoup comme eux ont vécu des arnaques et déboires comparables.
Ces trois derniers mois le Canada, la Russie et les USA ont déconseillé à leurs ressortissants d’aller sur l’île Maurice à cause des violences :
« Même si les Mauriciens vont chercher leurs drogues à La Réunion car elle n’est pas produite sur l’île Maurice à l’exception du cannabis, les drogues synthétiques proviennent de l’extérieur et la drogue circule sur l’île. On y est assassiné pour 200 euros » témoigne John.
Procédure en cours
Une double procédure est en cours pour obtenir réparation. « Ils avaient ouvert une procédure pour nous mettre dehors qui est toujours en cours et nous, on contre-attaque sur tout : les agressions, les menaces, l’escroquerie, les insultes, et pour le fait de nous avoir viré de la maison » annonce Sonia.
Le couple réclame 100 millions de roupies à la famille J., soit l’équivalent de 2 millions d’euros et réfléchit à engager une procédure internationale contre l’État mauricien.
Sonia a des séquelles des agressions dont une bosse à la tête liée aux coups de barres de fer reçus et sa jambe vient seulement de finir de cicatriser en plus du préjudice moral qu’elle et son mari ont subi.
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