Près de 800 élèves ont participé à la première Fête du Livre et de la Nature, une initiative qui redonne sens et plaisir à la découverte des mots.
Dans une époque où les écrans captivent l’attention des jeunes, le collège Marcel-Aymard de Millau a choisi de relever un défi ambitieux : redonner aux adolescents le plaisir de la lecture.
Ce jeudi, l’établissement a organisé la première édition de la Fête du Livre et de la Nature, une journée entièrement dédiée à la découverte, au partage et à la célébration du livre sous toutes ses formes.
Une journée pour reconnecter les élèves au livre
Avec près de 800 élèves impliqués, cette initiative inédite s’inscrit dans un constat préoccupant : les adolescents s’éloignent de plus en plus de la lecture.
« On se rend compte que les élèves sont de plus en plus éloignés des livres, explique Sylvie Martin-Dumazer, professeure documentaliste au collège. Les écrans, le sport, les activités entre amis… tout cela prend le pas sur la lecture. Pourtant, il n’est jamais trop tard pour leur montrer que lire peut être un plaisir, une aventure, un moment de partage. »
Un lieu de découverte aussi pour ceux, et ils sont nombreux, à ne pas connaître véritablement la Mésa, la médiathèque municipale de Millau que beaucoup envient. La Mésa qui affiche 3 000 abonnées pour près de 80 000 passages annuels, soit une fréquentation comparable à celle du cinéma.
Au collège pourtant, la réalité est différente. Certains élèves, souvent en difficulté avec la lecture, se sentent exclus de cet univers. D’autres, passionnés de sport ou de réseaux sociaux, n’y voient tout simplement pas d’intérêt.
Un écueil que ce premier rendez-vous du genre espère réparer, rythmé par des rencontres avec les professionnels de l’édition ou encore des ateliers variés, adaptés à tous les profils. Et ça marche.
Des élèves volontaires ont lu leurs nouvelles fantastiques ou leurs coups de cœur à leurs camarades, brisant la glace et montrant que la lecture peut être un moment de fierté et de convivialité.
La lecture, un marqueur social
Pour Sylvie Martin-Dumazer, cette journée va bien au-delà d’une simple animation. « La lecture est devenue un marqueur social, souligne-t-elle. Aujourd’hui, un jeune qui maîtrise la lecture et possède un bagage culturel a plus de chances de réussir, quel que soit son domaine. »
L’enseignante, forte de 30 ans d’expérience, observe une évolution inquiétante. « Il y a 15 ou 20 ans, on avait quelques élèves en difficulté. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus nombreux, et les classes surchargées ne permettent pas toujours de leur accorder le temps nécessaire. »
Face à ce constat, le collège mise sur l’humain et la proximité. « Un élève en difficulté a besoin d’être accompagné, pas d’être placé devant un écran, insiste-t-elle. La lecture, c’est comme un sport : ça s’entraîne. Et pour cela, il faut des adultes présents, patients, qui montrent que lire, c’est accessible et valorisant. »
Une initiative qui fait des émules
Si cette Fête du Livre et de la Nature n’est pas une opération nationale, elle pourrait bien inspirer d’autres établissements. « On espère que cette journée deviendra un rendez-vous annuel, confie Sylvie Martin-Dumazer. L’objectif est de montrer aux élèves que la lecture n’est pas une corvée, mais une porte ouverte sur le monde. »
Et les premiers retours sont prometteurs : des élèves de 4e ont osé lire leurs nouvelles devant leurs camarades, des 6e ont partagé leurs coups de cœur, et des 3e ont découvert les métiers du livre. « Voir des élèves lire leurs récits à d’autres élèves, c’est magique, s’enthousiasme l’enseignante. Cela prouve que la lecture peut être un vecteur de confiance et de partage. »
Alors que les écrans dominent le quotidien, le collège Marcel-Aymard rappelle une évidence : la lecture reste un outil indispensable, que ce soit pour suivre une notice, comprendre un contrat ou simplement s’évader. « On ne peut pas se permettre de perdre des lecteurs, conclut Sylvie Martin-Dumazer. Parce que la lecture, c’est aussi la liberté. »




