« Tu veux vraiment me pousser au crime ? » L’extrait de ce message envoyé à sa compagne donne le ton. Mardi 24 mars 2026, l’auteur de ces propos menaçants, 25 ans, a été jugé au tribunal de Quimper (Finistère).
Il a passé plusieurs semaines en détention provisoire avant son procès en comparution immédiate pour des violences, des menaces de mort, des appels et des centaines de messages malveillants. La plupart ont eu lieu entre le deuxième et le septième mois de grossesse de sa compagne. Cette dernière a notamment reçu un coup de taser. Il l’a reconnu en fournissant une explication pour le moins étonnante…
« Un accident »
Dans le box, le jeune homme s’est en effet vivement défendu face à son ex-compagne, présente à l’audience. « Je ne suis pas responsable de tout cela. »
« Et le coup de taser ? », l’a interpellé Céline Verny, la présidente du tribunal.
C’était un accident. On était chez moi. C’est un deux-pièces. Avec mes colocataires, on jouait avec des Airsoft et des tasers. Un ami m’a poussé et je l’ai touchée. Je ne l’ai pas fait exprès.
La victime a reçu la décharge sur le ventre.
Son calvaire a commencé en février 2025 et a duré jusqu’à fin janvier 2026. Outre les insultes, son compagnon l’a bousculée, il lui donnait des coups de poing, des coups de pied. « Le début de notre relation, c’était moyen. La suite, c’était désastreux. Jusqu’à ma grossesse, il cassait surtout du matériel », a déclaré la victime aux policiers.
Première plainte classée sans suite
La jeune femme a notamment eu une orbite fracturée. En juin 2025, sa maman est allée dénoncer les violences au commissariat. Classement sans suite. « En août, Monsieur a été incarcéré et les menaces ont commencé », a déploré Philippe Lemoine, le procureur.
Fin janvier 2026, la mère de la victime a de nouveau porté plainte. Sa fille a cette fois-ci évoqué les comportements du prévenu. Selon la présidente, il exerçait « un réel contrôle » sur elle et « une emprise ». « Je ne suis pas le meilleur des compagnons, mais je ne suis pas responsable de tout ça. Entre-temps, elle avait noué une autre relation », a rétorqué l’intéressé.
Monsieur est dans le déni. Il franchit constamment la ligne rouge et s’en fiche complètement.
« Prise de conscience »
Son casier « sacrément chargé » ne joue pas en sa faveur. Il cumule 16 mentions ; la première est tombée quand il avait 14 ans et demi. « Oui, mais il n’y a jamais eu de violences envers les femmes. »
Quelques instants plus tard, il l’a « remerciée » pour son fils et a bafouillé quelques excuses.
Depuis la naissance de son fils, Madame a eu une prise de conscience que ça ne pouvait plus durer.
Trois ans de prison ferme
Le parquet avait requis cinq ans de prison ferme. Le tribunal a ramené cette peine à trois ans avec maintien en détention ; et a prononcé le retrait de l’exercice de l’autorité parentale.
L’homme a en outre interdiction de contact avec la victime pendant trois ans. Il devra enfin lui verser 1 500 euros en réparation de son préjudice.
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