Samedi 18 avril, la police a déclenché un vaste dispositif pour interpeller un homme qui s’était retranché dans son appartement de la rue Saint-Charles. Il aurait essayé d’ouvrir le gaz pour faire exploser l’immeuble. L’unité d’élite de la police, le Raid, l’a maîtrisé. Il serait actuellement au CHU de Nîmes.
Les policiers tentent de nouer le dialogue
L’affaire du forcené a conduit les autorités à déclencher un vaste dispositif ce samedi 18 avril dans le quartier Saint-Charles et précisément dans la rue éponyme mais aussi dans la rue de la Faïence qui mène à ce secteur du quartier Gambetta. L’alerte aurait été donnée en fin de matinée par un habitant de l’immeuble qui aurait constaté un comportement bizarre de cet homme de 62 ans qui se nommerait Manuel. Les voisins auraient appelé la police de Nîmes qui aurait envoyé un équipage, renforcé par la police municipale. Sur place, les policiers auraient tenté de nouer le dialogue avec le locataire pour comprendre ce qui se passait mais assez vite, le sexagénaire les aurait apostrophés en menaçant de faire exploser l’immeuble.
Bouteille de gaz, cigarette et briquet
À cet instant, selon les témoignages recueillis sur place, il avait à proximité une bouteille de gaz et un moyen d’allumer un feu, peut être des allumettes ou un briquet. Il aurait même montré qu’il fumait une cigarette à proximité de la bouteille de gaz.
Dans la foulée, les policiers de la Bac également mobilisés se déployaient dans le secteur. La gravité de la situation nécessitait d’alerter toutes les autorités : préfet, parquet de Nîmes, maire de Nîmes. Une cellule de crise informelle était mise en œuvre et la directrice de cabinet du préfet Bonet s’est rendue sur les lieux pour superviser le déroulement des opérations aux côtés de Jean-Philippe Nahon, le directeur interdépartemental de la police, renforcé par un commissaire et un commandant de police.
Habitants évacués, quartier bouclé, menaces de tout faire sauter
À mesure que le temps passait et que le forcené maintenait la pression et son intention de tout faire sauter, un périmètre de sécurité était mis en œuvre par la police municipale et plusieurs habitants du secteur ont été évacués en raison du risque d’explosion. À cet égard, des équipes de GRDF ont été appelées sur place pour couper le gaz de ville dans le secteur pour éviter qu’une canalisation de gaz soit endommagée par une première explosion.
Raid appelé en renfort
Le dialogue avec le sexagénaire étant impossible et face au risque réel d’allumage d’un dispositif composé d’une ou deux bouteilles de gaz, le Raid, l’unité d’élite de la police nationale, était appelé pour déloger cet individu en proie à des troubles psychologiques.
À 13 h 49, le Raid avec plusieurs véhicules, arrivait sur les lieux escortés par les motards du commissariat. Les policiers, visages masqués par des cagoules noires, ont commencé à s’équiper et se protéger en vue d’un assaut. Un bouclier blindé était sorti d’un des camions et chaque policier, lourdement armé commençait à former une colonne d’intervention.
Dans un premier temps, le négociateur du Raid aurait longuement tenté de nouer un dialogue avec cet homme. En vain. Le forcené maintenait la pression et réitérait son intention de tout faire sauter.
Le chien du Raid maîtrise le forcené
À l’extérieur, les équipes cynophiles du Raid poursuivaient leurs préparatifs et notamment la protection des chiens, des Malinois très entraînés et conduits par des maîtres-chiens tout aussi aguerris aux techniques d’assaut. Selon nos informations, ce serait le chien du Raid qui aurait neutralisé le forcené qui était équipé d’un briquet. L’animal aurait permis de maîtriser l’individu en une poignée de secondes et permettant son interpellation.
Évacué vers le CHU par les pompiers
Visage blême, cheveux longs noirs, le sexagénaire a été évacué directement à l’hôpital de Nîmes aux alentours de 15 h 30. Dans la foulée, Marie-Charlotte Euvrard, la directrice de cabinet du préfet confirmait la fin de l’opération en indiquant que le forcené avait des revendications aux contours imprécis et qui seraient d’ordre administratif. Selon des témoignages, à l’intérieur du logement, des bouteilles de gaz ont effectivement été retrouvées et des éléments laissant penser à un problème de toxicomanie. Des produits de substitution à l’héroïne de type méthadone seraient évoqués par des riverains. L’homme serait ainsi en proie à des troubles liés à une dépendance aux stupéfiants.
Deux bouteilles de gaz évacuées
Vers 15 h 45, le dispositif était totalement levé, alors que le forcené était parti dans le camion des pompiers et que quelques policiers demeuraient sur les lieux, un homme a chargé deux bouteilles de gaz grises dans un véhicule et les a évacuées. À ce stade, aucune information ne confirme qu’il s’agit des bouteilles de gaz utilisées par le forcené.
Enquête judiciaire
Une enquête judiciaire aurait été ouverte. Mais à ce stade, aucune communication n’est intervenue pour préciser le périmètre juridique : mise en danger de la vie d’autrui ? Tentative de destruction par moyen dangereux ? Menaces de mort ? Les investigations seraient en cours. Il n’est pas à exclure que les voisins soient entendus dans les jours qui viennent pour expliquer leur version des faits. Certains pourraient être amenés à déposer plainte. À suivre.
L’état psychologique et psychiatrique du forcené sera forcément évalué par un médecin psychiatre pour dire si l’état du suspect est compatible avec la garde à vue. Selon nos informations, le sexagénaire serait hospitalisé mais pas de garde à vue pour l’instant, la prise en charge médicale a été privilégiée.






